L'étude d'opportunité de la future Ligne 19 du métro

Le cabinet Systra France, en collaboration avec Mensia, a réalisé une étude d’opportunité sur le projet de la ligne 19 porté par le Département du Val d’Oise, au second semestre 2025.
Sommaire
- Le contexte de l'étude
- La méthodologie
- Une inégalité fiscale et territoriale
- La Ligne 19 en chiffres
- La fréquentation attendue
- Les projets de tracés exploratoires
- Fin du "département des 2 correspondances"
- Des bénéfices pour tous les Franciliens
- Un coût financier dans la norme
- Vers un acte 2 du réseau du Grand Paris
- La prochaine étape
Le contexte de l'étude
Le projet de Ligne 19 qui prévoit de relier Nanterre/ La Folie et l'aéroport de Roissy, a déjà fait l'objet d'un certain nombre d'études.
Un première étude d'opportunité a été commandée par le Département en 2020-2021. Elle avait été réalisée par le cabinet Ingerop. Puis en 2024, une recherche partenariale a été menée avec l'ESSEC sur les bénéfices économiques de la ligne. Le Département a également co-financée une étude avec Île-de-France Mobilités sur l'implantation d'une boîte à gare dans la ZAC des Groues à Nanterre.
En 2024, le projet de ligne 19 a été inscrit dans le SDRIF-E, le Schéma directeur de la Région Île-de-France.
La méthodologie
Les cabinets Systra France et Mensia ont conduit une analyse approfondie des dynamiques économiques, sociales et urbaines du territoire, ainsi que des besoins de déplacements, des opportunités d’interconnexion et des enjeux environnementaux.
Il s'agit d'une étude à forte dimension exploratoire sur les effets de la ligne sur le territoire et les populations.
La démarche part du territoire et des besoins des usagers et différents tracés sont possibles avec une particularité : la concentration aux extrémités du corridor d'étude des emplois, à Nanterre - La Folie et sur la plateforme aéroportuaire de Roissy.
La recherche de tracés s'est voulue aussi large que possible, sans intégrer de limitations techniques aux corridors d'insertion.
Une inégalité fiscale et territoriale
Le Département du Val d'Oise contribue au financement du nouveau réseau du Grand Paris Express (GPE) comme l'ensemble des départements d'Île-de-France.
Depuis 2012 il a ainsi participé à hauteur de 240 à 350 millions d'euros pour la construction du GPE. C'est autant que les nos voisins des Yvelines, de l'Essonne et du Val-de-Marne. Mais en contrepartie seule une nouvelle gare verra le jour en 2028 à Gonesse alors que l'Essonne sera traversée par deux nouvelles lignes, le Val-de-Marne trois et les Yvelines deux.

La Ligne 19 en chiffres
Près de 580 000 actifs utilisent aujourd’hui les transports en commun pour se rendre au travail dans le corridor étudié de la ligne 19.

Nous avons besoin d’un choc de mobilité c’est-à-dire d’un changement d’échelle, une transformation profonde de l’offre de transport, à la hauteur des besoins réels des habitants et des acteurs économiques de notre territoire.
Marie-Christine Cavecchi, Présidente du Département du Val d'Oise
La fréquentation attendue
D'après cette étude, près de 580 000 actifs utilisent aujourd’hui les transports en commun pour se rendre au travail dans le corridor étudié de la ligne 19. Soumis aux aléas d’exploitation, ils font face à des trajets domicile-travail souvent longs et contraignants. Beaucoup se détournent ainsi du transport collectif au profit de la voiture.
Dans le Val d’Oise, 38 % des actifs passent plus de deux heures par jour dans les transports en commun, contre 15 % en Seine-Saint-Denis et 13 % dans le Val-de-Marne. Ce temps perdu pèse lourdement sur l’activité économique et réduit les possibilités d’activités personnelles.
Cette étude révèle le potentiel de fréquentation entre 20 000 et 29 000 passagers attendus aux heures de pointe du matin sur la ligne 19, en fonction du tracé qui sera retenu. A titre de comparaison, les autres lignes du Grand Paris Express ont une fréquentation similaire ou moindre : le ligne 16 (21 500 passagers), ligne 18 (15 000 passagers) et ligne 17 (8500 passagers).

Les projets de tracés exploratoires
Les tracés exploratoires représentent de 28 à 37 km de voies, avec 7 à 15 gares, et permettraient de desservir environ 300 000 habitants et 170 000 emplois situés à moins de 800 mètres d’une station.

■ Tracé n°1 : il est proposé deux variantes du tracé qui relient les mêmes terminus, de Nanterre – La Folie à Gonesse, et suivent le même corridor. Ils se distinguent par le nombre de gares. Le tracé 1 Express (1a) vise à s’interconnecter uniquement avec les gares des modes lourds afin de maximiser la vitesse commerciale, au détriment de la finesse de desserte du territoire. Le second tracé (1b) vise à desservir davantage le territoire pour couvrir plus de population et d’emplois. La desserte de Colombes, Argenteuil, Sarcelles et Garges-lès-Gonesse s’en retrouve grandement améliorée. Ce dernier se connecterait aux lignes H, J, les RER C et D et les lignes du Grand Paris Express 15, 17 et 18 nord. Le coût estimé de ce tracé est entre 4,8 et 5,8 milliards d’euros.

■ Tracé n°2 : il est proposé deux variantes avec un tronc commun de Nanterre-La Folie à Villiers-le-Bel. Ce tronçon se connecte à la ligne L (La Garenne-Colombes), J (Argenteuil), H (Hippodrome Soisy-Enghien) et le RER C (Saint-Gratien). La première variante (2a) dessert le nord de Goussainville afin de rejoindre la future plateforme de Rungis (Agoralim) avant de retrouver l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle. La seconde variante (2b) rejoint plutôt le pôle de Villiers-le-Bel - Gonesse – Arnouville pour se connecter au RER D et à la gare de Gonesse (Ligne 17). Le coût estimé de ce tracé est entre 5,6 et 6,7 milliards d’euros.

■ Tracé n°3 : enfin, ce troisième tracé permet d’apprécier l’opportunité de desservir le nord-est des Yvelines, en complément du projet du prolongement du T11. Le coût estimé de ce tracé est à 6 milliards d’euros.
Fin du "département des 2 correspondances"
Malgré l’arrivée du Grand Paris Express en Île-de-France, le Val d’Oise demeure le « département des deux correspondances », où les habitants doivent multiplier les changements pour se déplacer dans une grande partie de la région.
La future ligne 19 offrirait au contraire de nombreuses correspondances avec le réseau existant ou en projet : RER B, C, D et E, Transiliens H, J et L, Métros 15, 17 et 18, ainsi que les tramways T1, T2, T5 et T11. Elle constituerait un véritable choc d’offre de transport, non seulement pour le corridor étudié, mais également pour l’ensemble des Valdoisiens, qui bénéficieraient d’un meilleur accès aux grands pôles régionaux.

Des bénéfices pour tous les Franciliens
Au-delà du Val d'Oise, la Ligne 19 permettra de soulager l'ensemble des lignes du nord de l'Île-de-France et bénéficiera à l'ensemble des usagers des autres départements franciliens grâce à ses nombreuses connexions.
■ Dans les Yvelines, les communes de Houilles et Sartrouville seraient directement concernées, avec des synergies fortes avec le projet de prolongement de la ligne 18 entre Versailles et Nanterre La Folie via Rueil-Malmaison.
■ Dans les Hauts-de-Seine, près de 50 000 emplois sont concentrés notamment dans la ZAC de Nanterre-La Folie, à proximité immédiate du tracé. Près de 100 000 habitants seraient directement desservis dans les secteurs de La Garenne-Colombes et Colombes. La ligne 19 permettrait en outre de soulager le tramway T2.
■ En Seine-Saint-Denis, les communes d’Épinay-sur-Seine, Pierrefitte-sur-Seine et Villetaneuse seraient reliées grâce aux correspondances avec les lignes de tramway existantes.
■ À Paris, cette nouvelle ligne contribuerait à réduire l’engorgement des gares du Nord et de l’Est.

Un coût financier dans la norme
Construire une Ligne 19 ne coûtera pas plus cher dans le Val d'Oise que dans les autres départements.
Le projet de ligne 19 est estimé entre 4,8 à 6,7 milliards d’euros selon les tracés (hors achats du matériel roulant). En comparaison avec les lignes 14, 15, 16, 17 et 18, la ligne 19 se situe dans la moyenne basse en termes de coût technique par km.

Vers un acte 2 du réseau du Grand Paris
L’étude du cabinet Mensia met en évidence un déséquilibre fiscal important : les entreprises du Val d’Oise contribuent autant au financement du Grand Paris Express que celles de l’Essonne ou des Yvelines, mais ne bénéficient à ce jour que d’une seule gare, contre deux lignes de métro pour ces départements. La Seine-et-Marne dispose quant à elle de quatre gares alors que sa contribution est inférieure.
Les élus du Département du Val d’Oise appellent à un acte 2 du réseau de transports du Grand Paris, afin de rééquilibrer l’offre au profit des départements de grande couronne, dans le cadre du futur Schéma directeur de la Région Île-de-France (SDRIF-E) 2040.
La réussite de ce projet nécessitera la définition d’un modèle économique et financier solide, dépassant le cadre actuel du réseau du Grand Paris Express, en étroite collaboration avec l’État, la Région, Île-de-France Mobilités et l’ensemble des Départements franciliens.
Un acte 2 du Grand Paris des transports ne vise pas à remettre en cause le réseau existant, mais à le compléter intelligemment, là où les usages, les flux et les déséquilibres le rendent indispensable.
Marie-Christine Cavecchi, Présidente du Département.
La prochaine étape
Île-de-France Mobilités, a lancé des études techniques pour le prolongement de plusieurs lignes de métro dont le projet de Ligne 19 fait partie.
Elles se dérouleront en plusieurs phases tout au long de l'année 2026.
Le Département sera associé aux différentes étapes de discussions.
Les résultats complets de ces études seront rendus courant 2027 et serviront de base pour l'élaboration de tracés plus précis, en tenant compte notamment de la pertinences des interconnexions.