Stabat Mater (Vivaldi, Pergolese)

Entre gravité contenue et puissance théâtrale, deux des plus grandes voix du moment font entendre les œuvres majeures du répertoire sacré baroque.

La langue latine est parfois d’une terrible concision. Deux mots, quatre syllabes lui suffisent à figurer Marie sous la croix. « Stabat mater » signifie « La mère se tenait debout ». Le poème précise tout de suite « dolorosa » (« dans la douleur »). Nul n’est absolument certain du nom de l’auteur de ce texte de 60 vers mais, ce qui est sûr, c’est qu’il a circulé dans toute l’Europe à la fin du Moyen Âge, au fil des processions religieuses. Il a peu à peu donné naissance à un nouveau genre. La peinture avait alors ses Vierges à l’enfant, touchantes et radieuses, la sculpture ses Pietà, indépassables incarnations du deuil, et la musique ses Stabat Mater. Josquin des Prés, Giovanni Pierluigi da Palestrina, Roland de Lassus, Louis-Nicolas Clérambault ou Marc-Antoine Charpentier… La plupart des compositeurs de la Renaissance et de l’ère baroque se sont essayés à son adaptation, avec plus ou moins d’éclat. L’éblouissant Vivaldi a présenté son Stabat Mater à l’occasion de la « fête des Sept Douleurs de la Vierge Marie », dans l’église de de Brescia, la ville natale de son père, en mars 1712. Sa gravité contenue, sa lenteur méditative et son dépouillement expressif installent immédiatement une atmosphère de recueillement. Le Stabat Mater de Pergolèse, au contraire, frappe par sa puissance théâtrale, quasi opératique. Entre ces deux œuvres majeures du répertoire sacré italien du XVIIIe siècle se glisse un Salve Regina qui présente une autre image de Marie : passée de la douleur à la gloire, elle attire les prières. Georg Friedrich Händel, lors de son long séjour en Italie, en livre une version mémorable, à l’écriture contrastée et lumineuse, où la supplique se fait geste, mouvement et éloquence. Sous la direction de Stéphane Fuget, deux des plus belles voix du moment, Chiara Skerath et Eva Zaïcik, toutes deux lauréates de la Fondation Royaumont, font entendre une interprétation incarnée de ces pages sacrées. La rigueur stylistique des Épopées se met au service d’une parole musicale vivante, profondément humaine. Croyante ou non, personne ne peut rester insensible à ces divines mélodies.

Comment venir

Signalez-nous une erreur

Dates :

Le 25 avril 2027

Horaires : 15h30

Adresse : Abbaye de Royaumont
95270 ASNIèRES-SUR-OISE

Tarif : Moins de 30 ans : 10 € / Tarif réduit : 29 € / Plein tarif : 35 €

Accès Sur réservation

Tous publics

Événement proposé par Fondation Royaumont

Site : https://www.royaumont.com/evenement/stabat-mater-vivaldi-pergolese/?date=25/04/2027T15:30