
La grande réconciliation des musiques anciennes d’Europe et des Andes. Et si Incas et conquistadors s’étaient affrontés avec des flûtes, plutôt qu’avec des épées ?
Parfois, les civilisations entrent en collision. C’est arrivé dans les Andes au début du seizième siècle, lorsqu’une maigre troupe d’Espagnols a provoqué l’effondrement de l’empire inca. Tant de femmes et d’hommes auraient souhaité que ce traumatisme soit évité, que la richesse des cultures amérindiennes soit préservée. C’est notamment le cas du réalisateur Juan Antin, auteur en 2018 de Pachamama, un dessin animé haut en couleurs dont l’action se déroule au moment de la chute de Cuzco. C’est également le cas du flûtiste Pierre Hamon, expert des musiques anciennes européennes, interprète fétiche de Jordi Savall, mais aussi fin connaisseur des cultures précolombiennes. Cet illustre professeur au Conservatoire National Supérieur de Lyon a conçu la bande originale du film en combinant luths ou guitares d’ici et flûtes de Pan ou vases siffleurs de là-bas. Il poursuit aujourd’hui cette utopique réconciliation en compagnie de l’une de ses anciennes élèves, la chanteuse et flûtiste Clémence Niclas, applaudie plus d’une dizaine de fois à l’abbaye au sein de l’ensemble ApotropaïK. Bor Zuljan, que France Musique décrit comme « le luth incarné », Louis Capeille, qui manie aussi bien la harpe Renaissance que sa cousine sud-américaine, et le percussionniste Florent Tisseyre sont également de l’aventure. En fond de la scène, sur des tissus de laine teinte, une remarquable collection d’instruments de terre cuite et de grands tambours à la peau burinée les attend. Les cinq musiciens s’en emparent et entonnent sur des rythmes vifs des chansons espagnoles, des airs amérindiens, dont une « danse de l’Inca », des chants et danses populaires du Pérou, tirées du Codex Trujillo, premier recueil des collectages réalisés par l’évêque Martinez Compañon. Loin du fracas des arquebuses et des armures, les cultures se rapprochent et les répertoires sont enfin traités avec un égal respect. Si l’utopie renvoie à un lieu qui n’existe pas, l’uchronie désigne un épisode historique qui ne s’est pas produit. Qu’il n’ait pas eu lieu n’est pas une raison pour ne pas le rêver : et si Incas et conquistadors avaient choisi de s’affronter avec des flûtes, plutôt qu’avec des épées ?
Comment venir
Tarif : Tarif plein : 35 €
Tarif réduit : 29 €
Famille (2 adultes + 1 enfant) : 60 €
Jeune (moins de 30 ans) : 10 €
Accès Sur réservation
Tous publics
Événement proposé par Abbaye de Royaumont
Site : https://www.royaumont.com/
Dans la même catégorie
Araëlle -Musique celtique
Concert/musique
Le Gros Tube – Fanfare Funk
Concert/musique
Cloture du stage d'orgue
Concert/musique
Bal populaire et feu d’artifice à Montmagny
Concert/musique