Post tenebras : la renaissance par la musique
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Un jeune chœur déploie une belle énergie pour reconstituer la splendeur de la fin de la Renaissance, à Venise et sur les bords de la mer Noire.
La renaissance viendra, elle vient toujours. Après l’épidémie de peste qui frappe Venise en 1575, la République semble en plein déclin. Ce sont les arts qui la raniment. Le Titien a succombé à la « mort noire » mais Le Tintoret et Paul Véronèse survivent et font crépiter leurs couleurs sur les murs du palais des Doges. En musique, c’est Giovanni Gabrieli qui tient la baguette. Le Vénitien écrit pour les musiciens de la basilique Saint-Marc des hymnes à la Vierge qui tirent profit de l’architecture pour amener les sons à circuler d’une aile à l’autre. C’est un succès : le compositeur devient vite l’un des plus célèbres de cette époque qui préfigure l’ère baroque. A l’est, la culture byzantine connaît une renaissance comparable. La capitale de l’Empire romain d’Orient, l’actuelle Istanbul, est prise par les Ottomans en 1453. S’enfoncent alors dans le silence les chants de chrétiens imprégnés de la sagesse grecque, comme le mythique Saint Jean Coucouzèle (« Koukouzelis » sur les bords de la mer Egée). Le renouveau vient un siècle plus tard de la communauté monastique du mont Athos, au nord-est de la Grèce, et notamment du méconnu Constantinos d’Aghialos. Avec l’aide du chercheur Euvgeny Skurat, l’ensemble Irini a retrouvé ses partitions à la Bibliothèque nationale de Grèce, dans la bibliothèque du Vatican et celle d’un monastère du Sinaï. Il les fait dialoguer avec les œuvres de Gabrieli. La jeune cheffe Lila Hajosi déploie une folle énergie et une remarquable inventivité pour reconstituer la splendeur de cette Renaissance tardive. Son chœur se dédouble et quatre instruments à vent de l’époque – des sacqueboutes, les ancêtres des trombones – ajoutent de nouvelles notes graves à un son d’ensemble qui parvient à chaque instant à envelopper l’auditeur. Le résultat est saisissant. « Post tenebras, spero lucem » (« Après les ténèbres, j’espère la lumière ») s’écrie Job dans la Bible. En exhumant ces airs anciens, en les mettant à nouveau en lumière, Irini réinscrit la notion de renaissance dans notre temps, qui en a tant besoin.
Comment venir
Tarif : Tarif plein : 35 €
Tarif réduit : 29 €
Famille (2 adultes + 1 enfant) : 60 €
Jeune (moins de 30 ans) : 10 €
Accès Sur réservation
Tous publics
Événement proposé par Abbaye de Royaumont
Site : https://www.royaumont.com/
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