À Sarcelles, on fabrique les décors de la Comédie-Française

Culture/Loisirs

Le saviez-vous ? C'est à Sarcelles, que se façonnent les décors de la Comédie-Française où une trentaine de professionnels conjuguent gestes ancestraux et technologies de pointe

Dans de vastes entrepôts industriels, menuisiers, serruriers, peintres, sculpteurs, tapissiers et machinistes oeuvrent chaque jour à la fabrication des décors destinés à deux des trois salles emblématiques de la maison de Molière, notamment la salle Richelieu, et le Studio-Théâtre. Une dizaine de créations rythment la saison, avec une contrainte majeure : le jeu en alternance des spectacles.

« Tous nos décors doivent être montables et démontables très rapidement, mais aussi durables, réutilisables et recyclables », souligne Cyril Thébaud, directeur technique adjoint.

Tout commence au bureau d’études, où les projets des scénographes sont modélisés en 3D et déclinés en plans et maquettes. Puis, dans les ateliers, le travail de la matière s’anime : le bois est découpé, le métal soudé, les toiles tendues et peintes… Étape après étape, les artisans du spectacle construisent les décors mêlant gestes traditionnels et technologies de pointe. À ce moment, d’imposants moucharabiehs (cloisons en bois ajourées) créés pour Le Cid de Denis Podalydès mobilisent tous les savoir-faire, de la découpe numérique aux patines cuivrées.

« Nous venons d’univers variés et sommes toutes et tous peintres et sculpteurs », témoignent Sophie et Élisabeth, décoratrices.



Chaque métier travaille dans son espace, mais tous se retrouvent dans une culture du collectif et de la transmission. Malina, stagiaire de terminale, s’émerveille « impressionnée par le nombre de métiers derrière chaque décor ! ». Dernière étape avant le départ pour Paris ; les machinistes assemblent les décors grandeur nature. Avec, cette saison, un nouveau défi à relever par les équipes : concevoir des structures capables de s’adapter aux onze théâtres partenaires qui accueilleront les représentations pendant la rénovation de la salle Richelieu.

Cet article est tiré du Val d'Oise Magazine du printemps 2026

Photos : ©CDVO/Neway Partners