Niels Nijman

Le 01/01/2021
Culture/Loisirs

En résidence de janvier à mars à 2021

Niels Nijman est en dernière année de licence à l’école Boulle à Paris. Son intérêt particulier pour le design et la question de l’anthropocentrisme le mène à repenser un design conscient des autres organismes vivants mais aussi de l’individu à qui il s’adresse. Par l’expérimentation, entre matériaux naturels et technologies modernes, Niels Nijman produit des objets qui interrogent la matière, ses transformations et ses usages. Il redéfini la relation de l’objet avec son environnement et les relations qui les unissent par une approche systémique du design.

"Pendant cette résidence j’ai pu produire un ensemble d’objets et d’installations (6 en tout) mettant en scène des phénomènes naturels et esthétiques dans un espace.
J’ai essayé de cristalliser différentes anecdotes ou observations sur l’Abbaye de Maubuisson dans des objets sous forme de rochers.
Il y a, pour certaines pièces, l’idée de retranscrire un naturel de manière artificielle. Je pense notamment au miroir d’eau, dans lequel un bras mécanique vient troubler la surface à une fréquence régulière.
Je voulais faire un hommage au magnifique miroir d’eau du parc de l’abbaye dont la surface est troublée par les canards notamment. C’est une contradiction qui me plaît.
À côté du miroir d’eau se trouve un rocher brumeux. Un moteur produit de la brume, transformant ainsi ce rocher en un astéroïde un peu énigmatique, qui répand des nappes de fumée comme un poison dans l’espace.
J’ai eu envie de créer cette installation en lisant un poème qui était peut-être gravé sur l’ancienne fontaine de l’Abbaye. Il mentionnait un “rocher hideux” dont la source de la fontaine provenait initialement.
Ce rapport aux minéraux, et plus en particulier au plomb, m’a inspiré également le bougeoir et le socle. Pour le bougeoir, la cire fond doucement en tombant sur son pied en roche, avant de se répandre dans l’eau. Le socle, lui, a été coulé dans une souche d’un arbre de l’abbaye. Il est une manifestation de ce métal qui se répand doucement dans les veines d’une matière organique.
Pour ces deux pièces, je me suis cantonné à des objets aux techniques et usages plus rudimentaires.
Il en va de même pour les deux dernières pièces : le vase acoustique et le panneau. Ils sont tous les deux inspirés des principes architecturaux mis en place par Vitruve afin d’améliorer l’acoustique des lieux de cultes. Un texte décrivait ces vases comme des interfaces de communication aux anges.
J’aime penser que ce sont des objets qui ont malgré tout une certaine fonctionnalité et qui, bien qu’ils soient directement issus de l’histoire de l’abbaye, pourraient exister dans des contextes foncièrement différents. Pour ce qui est de leur aspect extérieur, j’ai fait le choix d’une non-couleur : le noir. J’aime sa capacité d’absorption et le rapport à l’habit religieux qu’on peut y voir.
Pour moi le design est une manière de regarder et de questionner ce qui nous entoure, c’est une contemplation. C’est ce que j’ai essayé de retranscrire pendant ces trois mois." Niels Nijman