Maître de musique

Publié le 29/08/2019
Marie-Christine Cavecchi, Présidente du Département, a rendu visite au facteur de clavecin Emile Jobin dans son atelier vexinois le 28 août.

CDVO / A. Pedalino

Avec une soixantaine d’instruments à son actif, facteur de référence pour des institutions comme le Musée de la Musique à Paris ou le Musée du Vlesshuis à Anvers, Emile Jobin est un maître de L’Art de toucher le clavecin, ainsi que Couperin titrait son ouvrage destiné aux pratiquants de l’instrument en 1716.
C’est à Emile Jobin que le Comité Henry Goüin avait commandé pour la Fondation Royaumont une copie du clavecin Vater 1732, conservé au Musée de la Musique et classé trésor national. Livré en juin, il a été inauguré en septembre par un concert de Jean-Luc Ho, l’organiste en résidence à Royaumont, lui-même spécialiste des instruments anciens, qui n’a pas manqué d’ouvrir avec le Premier prélude et fugue du clavier bien tempéré du premier livre de Jean-Sébastien Bach. « A l’écoute de ce clavecin remarquable, Emile Jobin a réussi un pari musical et instrumental, la brillance et la richesse chromatique de cette copie Vater en faisant une pièce d’exception » écrivait Julien Bordas, dans Classicagenda, pour rendre compte de ce concert.
Le tout premier disque de Jean-Luc Ho, consacré à Bach et Couperin, avait été enregistré sur un instrument déjà fabriqué par Emile Jobin, « copie d’un instrument historique de Jean-Claude Goujon datant de 1749. Le travail remarquable du facteur moderne abouti en 1983 à un clavecin dont le son se situe à la croisée des chemins entre les styles flamands et français, entre le rauque et l’aérien. » En début d’année, c’est aussi un clavecin d’Emile Jobin qu’a joué Clément Geoffroy pour son premier disque, les Toccatas, Partitas et Suites de Johann Adam Reincken.
Les instruments d’Emile Jobin se trouvent maintenant un peu partout, en France, en Europe et jusqu’au Japon. Ils racontent l’histoire de la musique du XVe au XVIIe siècle à travers le clavecin et le clavicorde. Ce dernier est plus méconnu mais selon Emile Jobin, c’est « sûrement la meilleure école pour penser en profondeur une certaine éthique de la musique ancienne, nous forcer à plus d’humilité à l’égard de l’œuvre de ceux qui sont encore toujours nos maîtres ». Toute une philosophie.

CDVO / A. Pedalino

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