Cap sur les JO

Publié le 31/12/2018
Le Val d’Oise est déjà en ordre de marche pour trouver sa place dans l’accueil des Jeux Olympiques 2024 en Ile-de-France. C’est au Président du comité d’organisation lui-même, Tony Estanguet, que Marie-Christine Cavecchi, la Présidente du Val d’Oise a fait valoir les qualités et les opportunités de ce territoire.


« Je veux mobiliser toutes les énergies, tous les talents, partout en France, pour construire des Jeux extraordinaires. » Tony Estanguet

« Proche du Stade de France, le Val d’Oise constituera une base arrière idéale, tant pour les délégations que pour les touristes. » Marie-Christine Cavecchi

CDVO / F. Hamon

Qu’est-ce qui est le plus difficile : gagner une médaille d’or aux Jeux Olympiques ou les organiser ?

Tony Estanguet : Les deux sont un défi ! Gagner une médaille d’or aux Jeux Olympiques demande des années de travail et d’engagement pour arriver au plus haut niveau mondial, et organiser les Jeux d’été en France, le plus grand événement au monde, représente un enjeu immense. Mais dans les deux cas, ce sont des défis collectifs. En tant qu’athlète, j’ai pu compter sur le soutien de mes entraîneurs et de mes proches. Organiser Paris 2024, c’est également le défi de tout un pays. Je veux mobiliser toutes les énergies, tous les talents, partout en France, pour construire des Jeux extraordinaires.

Marie-Christine Cavecchi : Vous pouvez compter sur le Val d’Oise. Une, sinon la première, des responsabilités des élus que nous sommes c’est de faciliter le vivre ensemble. Et le sport constitue un outil précieux dans cet objectif. En particulier à travers des événements populaires. Pour que la mobilisation que vous appelez soit la plus large possible, elle doit impliquer tous les territoires et tous les acteurs. Nous avons proposé à ceux du Val d’Oise de s’y associer.

Quel est l’avantage d’être un ancien athlète dans cette phase d’organisation ? T.E. : Avoir vécu les Jeux de l’intérieur permet de prendre la mesure du pouvoir de cet événement, de sa capacité unique à fédérer et à rassembler le monde entier. Les Jeux vont être pendant les cinq prochaines années une vitrine extraordinaire pour notre pays.

Sentez-vous les Français mobilisés pour un tel événement ?

T.E. : Cela fera 100 ans en 2024 que nous attendons ce moment. Depuis le lancement du projet, les Français ont témoigné de manière permanente de leur soutien pour Paris 2024. Pour nous, l’année 2019 sera celle de la mobilisation, pour que chacun – où qu’il habite en France – puisse à son niveau être acteur des Jeux.

M.-C.C. : Evidemment, le fait de ne voir aucun site valdoisien retenu parmi les 36 nous a déçus même si nous comprenons que nos équipements butaient sur le critère des capacités d’accueil. Les Jeux se dérouleront essentiellement sur des équipements existants. Aucun des nôtres n’avait de capacité suffisante pour être retenu pour les compétitions. Mais nous en beaucoup, de différentes natures, parfaits pour servir aux entrainements par exemple.

En quoi consiste cette initiative « démarche olympique / paralympique » du Département ? Marie-Christine Cavecchi, Tony Estanguet et Marie-Evelyne Christin, Vice-Présidente du Département déléguée au SportVoir l'image en grand CDVO / F. Hamon Marie-Christine Cavecchi a rencontré Tony Estanguet en compagnie de Marie-Evelyne Christin, Vice-Présidente du Département déléguée au Sport

M.-C.C. : Il nous a paru important de faire connaître notre mobilisation au comité d’organisation, pour l’aider dans sa mission et pour affirmer notre volonté d’assurer une base arrière des JO. Nous ne voudrions pas être les oubliés des Jeux en Ile-de-France comme nous avons déjà risqué d’être ceux du Grand Paris. Nous avons écrit à toutes les communes pour proposer au comité un recensement précis des équipements disponibles. Notre démarche regroupe communes et intercommunalité, acteurs sportifs et touristiques. C’est le dossier du Val d’Oise en bloc.

T.E. : L’engagement du Val d’Oise à nos côtés est une chance pour faire profiter au plus grand nombre de la dynamique des Jeux. De nombreux territoires manifestent aujourd’hui leur enthousiasme pour participer au projet. Leur soutien sera précieux pour construire une dynamique nationale.

Que trouve-t-on dans le dossier valdoisien ?

M.-C.C. : Cela va de la salle d’armes de Saint-Gratien, qui a produit des Boisse, champions olympiques, au golf de Montgriffon à Luzarches, des 22 hectares de l’hippodrome d’Enghien-Soisy au stand de tir de Survilliers. Le comité départemental de tennis propose un pôle sportif de 15 000 m² avec 11 courts et divers espaces. Nous y trouvons également les projets comme le futur équipement aquatique de Val Parisis, avec ses 10 couloirs sur 50 m. Il y a le pôle de compétitions équestres du domaine de la Couture à Fontenay-en-Parisis Une trentaine de disciplines sont praticables, des sports de glace aux sports de combat. Mention spéciale, au CDFAS à Eaubonne qui est un équipement d’exception disposant aussi de toutes les prestations d’hébergement et de restauration. Nous venons d’y investir 700 000 euros pour refaire la piste du stade couvert. C’est de là, par exemple, que l’équipe de France de handball est partie pour les JO de Rio. Si nous n’avons pas, Monsieur Estanguet, les rivières de vos Pyrénées, nous avons à l’Ile de Loisirs de Cergy-Pontoise un stade d’eaux vives dont j’ai plaisir à rappeler qu’il est construit sur le modèle de celui de Sydney où vous avez remporté votre première médaille d’or.

CDVO / F. HamonEn quoi consiste le label «Terre de Jeux 2024 » que vous avez annoncé ?

T.E. : « Terres de Jeux 2024 », c’est une identité commune pour tous les territoires – quels que soient leur taille, leurs moyens – qui veulent s’engager dans la dynamique de Paris 2024. C’est la première fois dans l’histoire des Jeux que des territoires pourront être labellisés. Nous espérons que le Val d’Oise et nombre de ses communes deviendront « Terre de Jeux 2024 ».Il y aura mille et une opportunités de vivre les Jeux pour les territoires même sans site de compétition : en participant aux événements Paris 2024, et notamment à la Journée Olympique du 23 juin ; en organisant la Semaine Olympique et Paralympique dans les établissements scolaires du 4 au 9 février 2019; en accompagnant des programmes santé/sport ; en mettant en place des plans d’accompagnement pour des personnes aujourd’hui éloignées de la pratique sportive ; en développement des programmes favorisant le changement de regard sur le handicap ;ou encore en participant à l’Olympiade culturelle de Paris 2024. La plateforme d’engagement sera lancée à l’été 2019 pour que les collectivités puissent d’ores et déjà se porter candidate à l’obtention du label et ainsi mettre à profit les années qui nous séparent de l’événement pour faire de Paris 2024 les Jeux de tous les Français.

M.-C.C. : Certaines classes de 6e de nos collèges sont sensibilisées aux valeurs de l’olympisme avec l’opération du CDOS95 Classes olympiques.

Quel héritage peut-on attendre des Jeux ?

T.E. : Dès la phase de candidature, notre ambition a été guidée par la volonté de construire un projet qui laissera un héritage durable. En Seine-Saint-Denis, les Jeux vont permettre de construire et de rénover des piscines qui seront ensuite réutilisées par les habitants du territoire, ainsi que de nouveaux logements où seront hébergés les athlètes et les journalistes pendant la période des Jeux. Je veux que Paris 2024 soit aussi être un accélérateur pour mettre plus de sport dans la vie des Français pendant les six années qui nous séparent des Jeux : en développant la pratique sportive pour tous, en luttant contre la sédentarité ou encore en accélérant le changement de regard sur le handicap.

M.-C.C. : C’est pour toutes ces raisons que le Département consacre 6 millions d’euros par an au sport, non compris les aides aux investissements des communes. Nous intervenons financièrement à tous les niveaux : comités, clubs, bourses aux sportifs, manifestations, avec une attention particulière pour le handicap, les clubs formateurs ou la pratique féminine. Mais j’espère aussi que les JO seront l’occasion de mettre en valeur notre territoire, ses richesses touristiques, culturelles et naturelles, et qu’ils auront un effet bénéfique sur l’activité des entreprises et l’emploi des Valdoisiens.

Plus sur Tony Estanguet CDVO / F. Hamon

Né à Pau en 1978, Tony Estanguet vient d’une famille de kayakistes. Dans sa pratique du canoë-kayak en slalom, il a aimé la règle de trois : 3 médailles d’or aux Jeux Olympiques de Sydney, Athènes et Londres, 3 médailles d’or aux championnats du Monde, 3 médailles d’or aux championnats d’Europe et 9 médailles d’or aux championnats de France. Aux JO de Pékin, il était le porte-drapeau de la délégation française. Dès sa retraite sportive fin 2012, il a intégré des instances sportives notamment pour soutenir la candidature française aux JO. Il est désormais le Président du Comité d'organisation des Jeux olympiques et paralympiques d'été de 2024.

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