Les Valdoisiens publient

Publié le 28/02/2018
Spécialiste du lieu, Françoise Chevrier a eu l’idée de prolonger ses visites de la Conciergerie par un ouvrage. Il compte 360 pages, tant le site est riche d’anecdotes ou d’événements dramatiques.

Dans une première partie, elle suit les étapes de la construction du Palais, de l’antiquité jusqu’à la Troisième République, qui occupe aujourd’hui 4 hectares et voit passer chaque jour 16 000 personnes. On apprend, par exemple, que Philippe le Bel fit reconstruire tout les Palais. On en voit encore les Tours Jumelles ou la Salle des Gens d’armes (salle basse). A l’étage, la salle haute, ou Grand Salle, avait la même superficie de plus de 1700 m², la plus grande d’Europe à l’époque.

La Conciergerie, qui en fut la prison, est racontée à travers le portrait de quelques-uns de ses détenus. Ils furent nombreux à toutes les époques mais particulièrement sous la Révolution.Même si elle se défend de focaliser sur ce « chapitre, ô combien sinistre mais très court, de sa longue histoire » elle lui consacre 140 pages, dont une trentaine à Marie-Antoinette. Elle rappelle, et partage, l’opinion de Sainte-Beuve : « Je ne crois pas qu’il puisse exister de monument d’une stupidité plus atroce, plus ignominieuse pour notre espèce que le procès de Marie-Antoinette ». La liste des détenus se confond alors avec celles des guillotinés. Défilent ainsi Charlotte Corday, Madame Roland, Barnave, Danton, Camille et Lucile Desmoulins, Alexandre de Beauharnais, Fouquier-Tinville… et bien d’autres malheureux citoyens ordinaires pris dans la tourmente. Au passage, Françoise Chevrier réhabilite le docteur Guillotin qui a laissé son nom à une machine dont il n’est pas l’inventeur. En comparaison, le XIXe semble calme. Pourtant un certain nombre de prisonniers furent encore exécutés : Lacenaire, les quatre sergents de La Rochelle, Fieschi, Orsini, Pranzini… Il y a peu encore, la Révolution était mise en scène à la Conciergerie selon les formes muséographiques du XXe siècle ; elles ont disparu. Et Françoise Chevrier de souhaiter que les technologies numériques redonnent une autre forme de vie à ces lieux.

Françoise Chevrier, La Conciergerie, Editions Sutton

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