L'APPEL DE LA TERRE

Publié le 05/03/2018
Implantée à Cormeilles en Vexin, l’agence de parfum Perfrance arbore fièrement son éthique : une entreprise citoyenne au service des hommes. Rencontre avec Matthieu Reumaux, son fondateur et dirigeant.

Perfrance Matthieu Reumaux

Pouvez-vous vous présenter ?

Je suis né dans le Nord, près de Bergues. D’aussi loin que je suis remonté dans l’arbre généalogique familial, autour de 1600, c’est ici que mes ancêtres ont toujours vécu. Agriculteurs de père en fils. A 13 ans, je rêvais d’ailleurs de suivre leur voie. A 18 ans, mes projets étaient tout autres. Bac en poche, j’entre à l’Institut Catholique des Arts et Métiers (ICAM) de Lille. Ma première mission d’ingénieur m’a amené à découvrir l’univers de la cosmétologie à Turin. J’ai travaillé pendant plus de de 5 ans pour le groupe L’Oréal.

Quand démarre l’aventure entrepreneuriale ?

Rester dans cette entreprise, aurait évidemment constitué l’option la plus confortable. Mais j’avais besoin de construire par moi-même. J’ai hérité de mes parents le goût de la liberté et d’entreprendre. A 28 ans, pour réaliser mon rêve, j’ai vendu la vielle MG de 58 que j’avais patiemment restaurée. Les 10 000 euros qu’elle m’a rapportés ont constitué les salaires de mes deux premières années d’activités.

Pourquoi le choix de la parfumerie ?

Je tenais à valoriser le savoir-faire français. Et quels meilleurs ambassadeurs de la French touch que ses parfums! Après L’Oréal, j’avais également travaillé dans l’import-export de packaging sur mesure et de flacons pour des produits de luxe. J’ai sauté le pas naturellement avec la création d’une agence de parfum. C’est ainsi que Perfrance, est né. Au cœur du Parc naturel régional du Vexin français où j’ai choisi de m’établir avec ma famille.

Quelles activités développez-vous ?

Nous sommes une équipe de 4 personnes et réalisons des parfums de A à Z pour le compte de marques étrangères. Des distributeurs de parfums, mais aussi des marques de prêt-à-porter, de lingerie, joailliers…, désireux d’avoir une ligne à leur nom. Nous nous occupons de tout, le contenu comme le contenant, de la fragrance au flacon, en passant par l’étui et son design. 80% de nos fournisseurs sont situés à moins de 2 heures de roue de notre site de Cormeilles-en-Vexin. Et à cheval sur 2 pôles mondiaux de compétitivité, la Cosmetic Valley dédiée à la parfumerie cosmétique et la Glass Vallée au flaconnage de luxe. Notre première cliente fut la top modèle danoise, Isabell Kristensen. Depuis, nous avons développé près de 300 références. 100% de notre chiffre d’affaires est réalisé à l’export : Emirats Arabes, Arabie Saoudite, Iran, mais aussi la Colombie, la Pologne et les pays du nord de l’Europe.

Vos projets pour demain ?

Nous souhaitons diversifier notre clientèle ici même en Europe en proposant des parfums clés en main, en moyenne série (1000 pièces). En écho à mes racines paysannes, j’ai souhaité donner un sens à mon activité dans l’entreprise. Une orientation naturelle et locale qui se concrétise par la création d’une nouvelle marque « QADYP ». Un hommage à mon village natal, Quaëdypre. Nous proposons une ligne de 4 cosmétiques conçus dans le respect de la terre et du vivant, Une gamme autour du lin, fibre textile 100% naturel et 100% “made in France“. Elle se déclinera en huile hydratante pour le visage, le corps, les cheveux et les ongles et en huile de massage. Nous finalisons, pour l’été prochain, notre interprétation du lin en parfum. L’ensemble de ces produits sera commercialisé dans les magasins bio et sur notre propre site internet www.qadyp.com.

Quel entrepreneur êtes-vous ?

J'ai la fibre verte. J'ai fait le choix avec mon épouse d'habiter dans une maison passive, de faire un potager, de rouler en véhicule électrique ... Ces pratiques responsables ne se limitent pas à la sphère privée. en qualité d'entrepreneur, je m'applique à être en phase avec les enjeux sociétaux et environnementaux d'aujourd'hui. Nous avons conçu avec le soutien du Département et de la Région un contenant nouvelle génération pour nos parfums et cosmétiques. Le bonus : une réduction de 60% de leur impact carbone. C'est tout le sens de mon engagement au sein du Centre des Jeunes Dirigeants (www.cjd.net) dont je préside la section valdoisienne. Ma conviction ? « Il appartient à chacun d'inventer sa vie et de faire changer les choses - comme aime à le dire Pierre Rabhi - demain est entre nos mains ! »

Plus d'infos sur perfrance.com

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