Des progrès pour les transports

Publié le 01/01/2017
Stéphane Beaudet, vice-président de la Région Ile-de-France chargé des Transports, et Yannick Boëdec, conseiller départemental délégué aux Transports et aux Infrastructures ont échangé sur ce thème pour votre magazine de janvier-février.

Avec 1,2 milliard de voyages par an en Ile-de-France sur le réseau RER et trains, en augmentation chaque année, la question des transports est fondamentale pour notre quotidien. Les transports s’articulent avec la circulation automobile, qui reste majoritairement utilisée par les Valdoisiens, notamment des zones rurales. Pour les routes, comme pour les transports, la Région et le Département unissent aujourd’hui leurs objectifs et leurs moyens au profit des Valdoisiens.

Yannick Boëdec et Stéphane Beaudet CDVO / Neway Partners Yannick Boëdec et Stéphane Beaudet

Quel est le rôle du STIF et comment fonctionne-t-il ?

Stéphane Beaudet : Le STIF imagine, organise et finance les transports publics pour tous les Franciliens. Il décide et pilote les projets de développement et de modernisation de tous les transports en commun, dont il confie l’exploitation à des transporteurs, dont les plus célèbres sont la RATP et la SNCF.

Ainsi, tous les tarifs, toutes les nouvelles lignes, tout ce qui peut améliorer les transports en commun comme la modernisation du matériel, les conditions de confort et sécurité sont décidés par le conseil du STIF.

Le STIF, composé de la Région Île-de-France et des huit départements franciliens, porte ainsi la vision de l’ensemble des transports d’Île-de-France (train-rer, métro, tramway et bus).

La Région et le STIF ont lancé un grand plan de rénovation des transports en Ile-de-France. Quelle est votre vision pour les transports dans le Val d'Oise ?

Stéphane Beaudet : D’une manière générale, la Région veille au rééquilibrage territorial, notamment en faveur du Val d’Oise qui avait été jusque-là très mal servi. Dans les années à venir, des investissements très importants y seront effectués pour les transports en commun et les routes du Val-d’Oise. Valérie Pécresse a lancé la Révolution dans les transports en Île-de-France. D’ici 2021, il y aura 708 trains neufs ou rénovés. Toutes les lignes seront concernées : les RER A, C et D, et les lignes H, J et K. Le mouvement est d’ailleurs déjà enclenché : en novembre, le STIF a commandé 52 nouvelles rames de « Francilien » pour les lignes J et L et devrait en commander autant l’année prochaine après la refonte des grilles horaires qui permettront d’améliorer la régularité de ces lignes. Cela veut dire des trains plus fiables, plus confortables, équipés de la vidéo protection et de la 4G. Les Franciliens veulent faire de leur trajet un temps utile et non plus subi.

Yannick Boëdec : Notre territoire offre de grandes différences de densité de population, entre le Vexin rural et les zones les plus peuplées, des distances entre les zones de résidence et les zones d’activités. Le maillage du territoire est pour nous un chantier permanent. L’ouverture récente de la ligne 20 de bus en est un bon maillon mais la réalisation d’un barreau ferroviaire sur le même axe, entre les RER B et D, reste une nécessité absolue. Bus à haut niveau de service, tramways, de types différents… Le Val d’Oise recherche les solutions de transport innovantes et les plus adaptées.

La ligne de bus 20 a ouvert le 14 novembre dernier. Que pensez-vous de cette nouvelle ligne ?

Y. B. : Elle résume toutes les ambitions à donner aux nouveaux transports et les avantages qu’ils apportent aux usagers : des gains de temps, du matériel confortable et économe en énergie, de l’intermodalité, des espaces urbains réaménagés, des accès facilités aux zones d’activités de Paris Nord ou de Roissy. Les réactions des premiers utilisateurs valdoisiens montrent que c’est une combinaison gagnante.

S. B. : C’est pour moi une ligne emblématique de ce que nous voulons faire avec le Grand Paris des Bus : assurer une meilleure desserte des territoires, dé-saturer les lignes surchargées et améliorer le confort des voyageurs. La ligne 20 est un bus à haut niveau de service, plus écologique, qui créé une liaison performante entre le RER C et le RER B. Il y aura dans les quatre années à venir de nombreuses création et réorganisation de ligne dans le Val-d’Oise car le bus est une solution d’avenir, efficace et qui permet de réduire les fractures territoriales.

Inauguration de la ligne 20Voir l'image en grand CDVO/G. Ison Inauguration de la ligne 20


La Région va lancer un plan routes cette année. Quels en sont les objectifs ?

S. B. : Notre idée, contrairement à la majorité précédente, est qu’investir sur les routes ne doit plus être tabou : ce ne sont pas les routes qui polluent, mais les véhicules qui roulent dessus. Dans le Val-d’Oise, trop nombreux sont les gens qui sont obligés de prendre la voiture et qui se retrouvent prisonniers des embouteillages. Nous pouvons faire sauter les principaux bouchons. Nous travaillons donc en ce sens en liaison étroite avec le Département. Et je ne trahis aucun secret, nous voulons faire avancer l’avenue du Parisis qui est cruciale pour le développement économique du Val d’Oise.

Y. B. : Le Département gère environ 1100 kilomètres de routes départementales, qu’il faut entretenir au quotidien et surveiller pendant tout l’hiver pour garantir la circulation. Par ailleurs, nous avons toujours des projets en chantier dont les budgets se mesurent en millions d’euros et qui bénéficient de l’aide de la Région, comme la RD 4 à Persan ou l’accès à la zone d’activités de Bruyères, ou encore le rond-point de la Patte d’Oie d’Herblay. C’est l’un des sept projets routiers que nous avons proposés à la Région dans le cadre du plan routes. Le projet actuel le plus important est celui de l'avenue du Parisis car il s’agit là de désengorger les centres villes de l’est du Val d’Oise, de favoriser la mobilité des Valdoisiens vers les zones d’emplois et plus largement de dynamiser le développement économique.


La liaison ferroviaire du Charles de Gaulle Express est-elle une nécessité aujourd'hui ?
S. B. :
Il faut voir les choses en face : toutes les grandes métropoles mondiales ont une liaison directe entre leur aéroport et le centre-ville. C’est crucial pour l’attractivité de notre Région et cela pourrait être un atout supplémentaire si nous accueillons les Jeux Olympiques en 2024. J’y suis donc très favorable, mais à une condition essentielle : cette ligne ne doit pas se faire au détriment des transports du quotidien et donc du RER B.

Y. B. : Les élus valdoisiens sont, si j’ose dire, exactement sur la même ligne. Cette nouvelle liaison directe entre Paris, Gare de l’Est, et Roissy CDG, sera bonne pour la plateforme aéroportuaire, donc bonne pour l’économie valdoisienne. En outre, elle réduira les problèmes de circulation automobile sur les autoroutes A1 et A3. Mais attention ! Elle empruntera les voies de la ligne k du Transilien et du RER B. En cas de perturbation des impacts en cascades affecteraient la ponctualité des lignes K et même H (branche Sarcelles Montsoult Persan) et sur le RER E. En exprimant notre avis favorable à ce projet dans la séance de juillet dernier, nous avons rappelé la priorité que nous donnons aux déplacements quotidiens des Valdoisiens.

Quelles évolutions majeures connaitront les transports en Ile-de-France dans les 20 prochaines années ?

S. B. : Je suis persuadé que l’innovation va complètement chambouler notre mobilité. Elle a d’ailleurs déjà commencé. Les usagers se serviront de plus en plus de leur smartphone avant chaque voyage afin de savoir quel mode de transport sera le plus efficace en fonction du moment de leur déplacement. Ils pourront le commencer en voiture, le continuer en train et le finir à vélo ou à pied.

Ensuite, le télétravail va se généraliser et rendre inutiles un certain nombre de déplacements.

Enfin, avec les véhicules autonomes, sans chauffeur donc, les coûts du transport à la demande devraient chuter. Même les gens très isolés pourront se permettre de prendre un taxi, ou ce qui remplacera les taxis, sans se ruiner. Cela pourrait même être compris dans le prix du Passe Navigo, qui serait alors un passe mobilité. Mais pour cela, il faut naturellement que nous ayons anticipé ces nouveaux usages : nous devons avoir investi dans les routes pour éviter la paralysie et les bouchons, dans les énergies propres, dans l’utilisation intelligente des données. C’est ce que nous faisons avec la Smart Région.

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