Pic de pollution aux particules fines

Publié le 02/11/2015
Qualité de l'air dégradée

La persistance de conditions anticycloniques sur les 2/3 Nord-Est de la France favorise une pollution aux particules fines. La qualité de l'air est dégradée sur les régions parisienne et lyonnaise et, plus globalement, au Nord de la Seine.

Qu'est-ce qu'un "PIc de pollution" ?

Ce sont des types de très fines particules qui sont en cause : les PM10 et le PM2,5. Elles tirent leur nom de leur taille : les premières font moins de 10 microns, soit 5 fois moins que la largeur d'un cheveu, et les secondes 2,5 microns, soit 20 fois moins qu'un cheveu. Ces poussières sont émises par les véhicules (diesel), l'épandage agricole, le chauffage (fioul et bois) et l'industrie et restent en suspension dans l'atmosphère. Elles proviennent à 70% de la combustion du diesel en Ile-de-France.

Comment cela se produit?

Si l'on parle de "pic" c'est parce que la concentration de ces particules fines a dépassé un seuil d'alerte aux PM10, fixé à partir de 80 microgrammes de particules par m3. Comment en est-on arrivé là en hiver? En ce moment, les nuits sont froides mais les journées se réchauffent vite en raison d'un anticyclone. Résultat, le matin, pendant les bouchons routiers, les particules fines sont piégées sous un "couvercle d'air chaud", explique au Monde Charlotte Songeur, ingénieur d'étude à AirParif, l'agence de surveillance de la qualité en Ile-de-France. En outre, il n'y a pas de vent et rien ne peut évacuer ces poussières.

Est-ce exceptionnel?

Pour cette saison, non. Les pics de particules reviennent chaque hiver en fonction des conditions météorologiques. En Ile-de-France, par exemple, Airparif a enregistré 33 jours de dépassement des seuils réglementaires (dont 6 du seuil maximal d'alerte) l'an dernier et 40 dépassements en 2012 (dont 4 du seuil d'alerte). Cette année, nous en sommes à huit (4 et 4).

Quels sont les dangers?

Ces particules pénètrent profondément dans les voies respiratoires, créant des inflammations avec un effet immédiat (toux, essoufflement, maux de gorge, de tête...), plus marqué chez les personnes plus fragiles : enfants dont les poumons ne sont pas encore totalement formés, personnes âgées dont la capacité respiratoire est plus faible, fumeurs au système respiratoire déjà irrité par le tabac, malades du coeur et des voies respiratoires, et femmes enceintes. Sur des sujets très fragiles, un épisode aigu de pollution peut provoquer des hospitalisations, voire des décès. En dehors des pics, la pollution chronique est tout aussi néfaste, avec des effets à long terme : aggravation de l'asthme, atteinte du système immunitaire, diminution de la fonction respiratoire, cancer du poumon, maladies vasculaires...

Où est-on le plus exposé?

Il faut savoir se défaire de la logique : ce n'est pas calfeutré dans sa voiture ou sous terre dans le métro que l'on se protège au mieux. Selon l'organisme de surveillance de la qualité de l'aire de Midi-Pyrénées, qui prend l'exemple de Toulouse, c'est même l'inverse. C'est dans un trajet moyen dans le métro que l'on est le plus exposé aux fines particules PM10 (292 microgrammes/m3), puis en bus (75 mg/m3), en voiture (60 mg/m3), à pied (43 mg/m3) et enfin en vélo (38 mg/m3).

Que faire?

Les plus fragiles doivent réduire leurs activités physiques dès le premier seuil de mise en garde (seuil d'information). Pour l'ensemble de la population, il est recommandé de ne pas faire de sport lorsque le seuil d'alerte est atteint. Un adulte inhale environ 10 litres d'air à la minute en moyenne, et jusqu'à 100 litres lors d'activités d'endurance. Il faut également s'éloigner des axes routiers très fréquentés et éviter de sortir en début de matinée ou fin de journée. Il est en revanche inutile de se protéger avec un foulard ou un masque de chirurgie, seuls certains masques équipés de filtres à charbon peuvent être efficaces, selon Airparif.

Il est néanmoins recommandé de continuer à aérer son logement: si l'air intérieur des habitations et des bureaux peut être affecté par la pollution extérieure, "il reste nécessaire d'aérer - au moins 10 minutes par jour - les espaces intérieurs" car il existe de nombreux polluants toxiques à l'intérieur des lieux de vie, rappelle l'Ademe.

(source JDD.fr)

En savoir plus :

- www.airparif.asso.fr

- www.sante.gouv.fr

- www.ars.iledefrance.sante.fr

- www.prefecturedepolice.interieur.gouv.fr

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