
Dès le début du XVIIe siècle, le tableau de chevalet peint sur toile contribue efficacement à l'embellissement des lieux saints. Des petits et moyens formats qui garnissent les chapelles votives aux œuvres monumentales insérées dans les retables, les représentations illustrent les sujets les plus variés, de la manière la plus sobre à la manière la plus sophistiquée.
Dans les années 1630-1640, soutenu par la profonde piété de Louis XIII (1601-1643), l'art religieux prend une nouvelle ampleur. Philippe de Champaigne (1602-1674), peintre français d'origine flamande, en est un des meilleurs représentants. L'ordonnance classique de ses compositions, souvent exécutées pour un monastère, suit une construction géométrique simple, souvent pyramidale.
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Le monogramme IHS (IESUS, HOMINUM SALVATOR, « Jésus, Sauveur des hommes », ou encore IESUS, HOMO, SALVATOR, « Jésus, Homme, Sauveur »), se détache au centre, sur un fond doré cerné de nuées. Il est surmonté d'une croix que tient une silhouette indistincte et rayonnante de gloire. |
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Le Christ planant dans une gloire au-dessus de son sarcophage est apparu dans la peinture italienne à partir du XIVe siècle, reprenant l'iconographie jusqu'alors réservée aux thèmes de l'Ascension et de la Transfiguration. |
La dévotion singulière à la Mère de Dieu que professait Louis XIII s'exprime avec éclat dans la Déclaration publiée le 10 février 1638 et conservée aux Archives nationales : « prenant la très sainte et glorieuse Vierge pour protectrice spéciale de notre royaume, nous lui consacrons particulièrement notre personne, notre État, notre couronne et nos sujets, la suppliant de nous vouloir inspirer une sainte conduite et défendre avec tant de soin ce royaume contre l'effort de tous ses ennemis, que, soit qu'il souffre le fléau de la guerre, ou jouisse de la douceur de la paix que nous demandons à Dieu de tout notre cœur, il ne sorte point des voies de la grâce qui conduisent à celles de la gloire ».
Le caractère personnel du vœu apparaît très bien sur Le Vœu de Louis XIII, un très grand tableau commandé à Philippe de Champaigne : le roi, agenouillé devant le Christ mort, offre son sceptre et sa couronne à la Pieta. L'œuvre fut mise en place dans la cathédrale Notre-Dame de Paris dès le 15 août suivant, fête de l'Assomption dont le roi avait décidé qu'elle serait désormais fêtée chaque année avec éclat. Elle est aujourd'hui au musée des Beaux-Arts de Caen.
La naissance du Dauphin en septembre 1638, après 23 ans d'une union stérile, apparut à tous comme une première grâce accordée par Marie.
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L'ex-voto de Jouy-le-Moutier, daté de 1646, montre l'évolution rapide des représentations : cette commémoration du vœu de 1638 associe Anne d'Autriche (1601-1666) à Louis XIII, et la Vierge à Thérèse d'Avila (1515-1582), la réformatrice de l'ordre du Carmel. Son apparition sur ce tableau s'explique par l'existence du Carmel de Pontoise, fondé dans la ville en 1605. |
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Cette copie tardive, qui n'est pas inversée, est sans doute l'œuvre d'un peintre qui a fait le voyage en Italie et vu l'original. Elle s'en distingue en représentant de manière ressemblante Louis XIV (1638-1715), sous les traits de Jacob. |
Avec le début du règne personnel de Louis XIV en 1661 commence une nouvelle ère pour la peinture française. La diversité des courants des décennies précédentes s'estompe au service du grand dessein du jeune monarque.
Charles Le Brun (1619-1690), nommé premier peintre du roi à son retour de Rome en 1646, est sans conteste la figure dominante de ces années. Il fait ses preuves au château de Vaux-le-Vicomte puis le puissant surintendant des Bâtiments, Jean Baptiste Colbert (1619-1683), le choisit pour orchestrer la création du décor de Versailles.
Admirateur de Poussin, Le Brun a développé un style personnel alliant les formules classiques à une mise en scène théâtrale, qui a déterminé le baroque français. Ses compositions mouvementées et dramatiques soulignent tout son talent de coloriste et sa maîtrise de la lumière. Son équipe va prolonger le style monumental et structuré de l'atticisme parisien dans les tableaux d'église avant que le marquis de Louvois (1641-1691), nouveau Surintendant des Bâtiments, ne lui préfère Pierre Mignard (1612-1695).
La fin du règne de Louis XIV, marquée par la diminution des commandes, voit émerger de nouveaux modèles. Jean Jouvenet (1649-1717), Charles de La Fosse (1636-1716), les frères Louis (1654-1733) et Bon Boullogne (1649-1717) renouent avec la leçon de Le Brun, tout en introduisant des effets théâtraux, des jeux de lumières et de couleur qui apportent aux compositions plus de lyrisme et de liberté.
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La Descente de croix de l'église de Gonesse est peut-être une réplique d'atelier d'un original peint en 1680, disparu depuis mais connu par d'autres copies conservées à la Galerie nationale de Prague et au Los Angeles County Museum. |
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Pierre Mignard, grand adversaire de Le Brun et directeur de l'Académie concurrente de Saint-Luc, lui a succédé en 1690 à la charge de premier peintre du roi. |
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Cette œuvre a été donnée par le cardinal de Bouillon (1643-1715), abbé de Saint-Martin de Pontoise, aux Jésuites de la ville pour orner le maître-autel de leur chapelle consacrée à la Sainte-Trinité. |