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La Fête nationale du 11 novembre 1920. Photo Archives municipales de Pontoise / Christophe Duvivier.
Le cinématographe forain arrive place du Parc-aux-Charrettes à la foire Saint-Martin de 1899. Le Cinéma des familles ouvre en 1910, la Salle des Fêtes en 1913, L'Excelsior en 1919. Jusqu'aux années 1940, les programmes alternent Actualités, divertissements de music-hall et films.
Le paysage change après la Libération. Les bombardements de 1944 ont détruit Le Royal (alias Modern Cité, alias Cinéma des familles) et la Salle des Fêtes renonce aux projections. Ne reste plus que L'Excelsior, où les grandes personnes découvrent avec délices les films américains et, pour les enfants, les séances du cinéma paroissial ou du cinéma scolaire.
Le Royal rouvre ses portes en 1958. Le 3 décembre 1959, il crée l'événement en projetant La Verte moisson en avant-première, en présence de Claude Brasseur, Dany Saval et Max-André Lambert.
Cet âge d'or du cinéma à Pontoise s'achève en 1970, avec l'ouverture des deux salles du Bourvil à Cergy , puis celle des Tritons au centre commercial des Trois Fontaines : L'Excelsior ferme en 1976, Le Royal en 1980... avant qu'Utopia ne s'installe à Saint-Ouen-l'Aumône en 1987, puis à Pontoise en 1992.
Un opérateur suit les coureurs de fond du marathon Colombes-Pontoise pendant les Jeux Olympiques de Paris (1924) ; un couple embarqué dans le Paris-Londres admire l'église Saint-Maclou (1928) ; la Compagnie des chemins de fer du Nord fête la pose du nouveau pont de chemin de fer (1932) ; Émile Ral, 76 ans et doyen des aéronautes, s'envole en ballon pour sa 242ème et dernière ascension (1934) ; la Payse de France, élue par les provinciaux de Paris, visite ses sujets pontoisiens (1935) ; des garçons costumés en mousquetaires brandissent l'étendard du congrès marial lors des célébrations du tricentenaire du vœu de la ville à Notre-Dame (1938)...
Entre les deux guerres, Pontoise fait ses premiers pas sous les feux de la rampe dans les Actualités produites par Gaumont ou Pathé. Mais elle n'est longtemps qu'une actrice discrète et elle a beau endosser le premier rôle dans Toute la ville accuse (Claude Boissol, 1956) puis La Verte Moisson (François Villiers, 1959), il lui faut attendre une trentaine d'années avant d'accéder au rang d'archétype de la petite ville française.
Cette consécration, elle la doit un peu à Claude Brasseur, qui s'est installé dans une vieille maison du Vexin et a convaincu son ami Philippe de Broca d'y réaliser La Gitane (1985). Depuis cette date, plus d'une centaine de films ou téléfilms y ont été tournés.
Le fait que Pontoise soit proche de la capitale est un argument puissant pour les producteurs, la convention collective stipulant que, à moins de 50 kilomètres de Paris, elles n'ont à prendre en charge ni frais de déplacement ni frais d'hébergement. L'argument le plus convaincant, toutefois, est sans doute la richesse de ses décors, grâce auxquels elle peut jouer sans effort le rôle d'un ailleurs, dans le temps révolu ou l'espace.
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