
La plus grande abbaye cistercienne d'Ile-de-France a été fondée par saint Louis en 1228 dans des marais de sa forêt royale d'Halatte.
Les moines ont drainé les terres, ils ont canalisé la Thève et l'Ysieux et les ont endiguées pour alimenter leurs étangs et faire tourner leurs moulins.
Vendu comme bien national en 1791, le monastère est devenu une filature de coton. Racheté par les Oblats de Marie-Immaculée de Marseille en 1864, il a servi ensuite de noviciat aux religieuses de la Sainte-Famille de Bordeaux. Elles l'ont quitté à la veille de la loi de séparation entre l'Église et l'État, l'industriel Jules Edouard Gouïn rachetant la propriété en 1905.
Depuis les années 1950, Royaumont est un centre culturel au rayonnement international. L'abbaye est classée au titre des monuments historiques et l'ensemble du domaine a reçu le label des Jardins remarquables.
Entourée d'étangs et de ruisseaux, l'abbaye se dresse dans le site protégé du parc naturel régional Oise/Pays de France.
Son parc est traversé de canaux et de miroirs d'eau où elle reflète ses façades ; des tilleuls, des érables champêtres, des marronniers et des platanes ombragent les allées et les pelouses sur lesquelles se dandinent des oies domestiques et sauvages ; au printemps, les lilas embaument ; les ifs taillés en cône sont vieux de 150 ans.
La petite grotte visible à droite du pavillon d'entrée a sans doute été construite pour les sœurs de la Sainte-Famille ; la Pieta qu'elle protégeait se trouve aujourd'hui dans l'église d'Asnières-sur-Oise.

Agapantes en fleurs dans le jardin du cloître. Photo Conseil général du Val-d'Oise / Michel Jourdheuil.
En 1912, le paysagiste Achille Duchesne (1866-1947) a redessiné le jardin du cloître rectangulaire dans un style librement inspiré des parterres à compartiments de la Renaissance. L'association de carreaux de gazon et du dallage rayonnant souligne les lignes du chœur de l'église abbatiale.
L'ensemble, restauré par l'architecte en chef des monuments historiques, est maintenant orné d'une œuvre d'art contemporain : quand il est en phase active, le Geysir Ouest-Lumière de Yann Toma s'annonce par un bouillonnement dans le bassin central, avant de s'élancer à 7 mètres de haut.
Dans l'angle formé par les anciennes cuisines et le réfectoire des moines, les paysagistes Olivier Damée et Édith Vallée ont créé un jardin initiatique en relisant les traités botaniques du Moyen Âge.
Arrivant par l'allée qui longe le canal, le visiteur observe d'abord les semis de céréales qui comprennent deux variétés d'avoine et d'orge et trois de blé, agrémentées de coquelicots, de bleuets et de nielles des blés.
Après la jeune vigne, il peut consulter la table des savoirs : sur un tronc d'amarante long de 17 mètres, importé de Guyane, une collection de pots sélectionnés et étiquetés par le jardinier présente, à chaque saison, un choix des plantes les plus caractéristiques des floraisons, des fructifications et de la coloration des feuillages. Cette table est adossée au jardin des pieds-mères, qui constituent la réserve.
Dans les neuf carrés, les végétaux sont installés dans des parquets de culture surélevés, construits en plessis de châtaigniers, entre lesquels on peut aisément circuler. Après les plantes médicinales (2004) et les plantes tinctoriales (2007), la collection inaugurée en 2010 s'attache aux propriétés de celles utilisées pour la magie blanche ou la magie noire.
Les palissades qui marquent la séparation avec le verger, proche de la tonnelle de tilleuls, sont en osier vivant tressé.
L'abbaye est ouverte à la visite toute l'année
De 10 h à 18 h entre mars et octobre
De 10 h à 17 h 30 entre novembre et février
Interruption de la billetterie entre 12 h 45 et 13 h 30 sauf les week-ends et jours fériés