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Le dolmen de La Chapelle à Labbeville

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Croquis du XIXe siècle

 
Album P. Guégan de L'Isle, XIXe siècle
Photo Conseil général du Val-d'Oise / Jean-Yves Lacôte


En 1882, Maurice de Beurnonville signalait à Alexandre Bertrand (1820-1902), fondateur et premier conservateur du musée d'Archéologie nationale à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines), la découverte d'un dolmen situé dans le parc de son château, aux confins des terroirs de Labbeville et Menouville.

Ce « monument druidique composé de quartiers de roche solidement enchevêtrés », écrivait-il, « occupe une longueur totale de 10 à 12 mètres, sur une largeur de 3 à 4 mètres. » Au point le plus élevé, se trouvait une large « roche plate en forme de table reposant par derrière dans le sol et présentant une sorte d'évidement qui formait grotte, voûte ou caverne à son bord vers l'Occident ».

Dessous, il avait retrouvé «d'autres pierres paraissant avoir pu servir de bancs ou de sièges » avec des morceaux de charbon, des pierres calcinées, des ossements, des vases grossiers. D'autres poteries peintes en rouge, « dont la peinture part au lavage », lui paraissaient assez semblables à celles « composant un immense tas de décombres trouvés dans les déblais de deux stations voisines évidemment gallo-romaines. » Mais cette description correspond plutôt à des céramiques du premier âge du Fer.

La fouille du monument, en 1902, fut compliquée par la « restitution » à laquelle avait procédé le châtelain en relevant les dalles trouvées dans les remblais et en « l'agrémentant » de plusieurs (faux) mégalithes.

L'allée couverte de La Chapelle, orientée vers l'ouest à 78 mètres d'altitude sur le versant oriental de la vallée du Sausseron, dépend toujours d'un domaine privé inaccessible au public. Contrairement à ce qu'affirmait son inventeur, elle est de dimensions modestes : la chambre mesure 5 mètres de long, 1,30 à 1,70 mètre de large, l'antichambre 1,50 mètre sur 1,20 mètre.

Le chevet est encastré sous la roche en place. Les orthostates des parois, les tables de couverture et les plaquettes qui recouvrent le sol sont en calcaire grossier. La dalle d'entrée est large de 2,40 mètres, haute de 1,50 à 1,80 mètre et épaisse d'une trentaine de centimètres. Elle est percée d'un « trou d'homme » cerclé d'une feuillure tournée vers l'intérieur, et non vers l'extérieur de la chambre. Le bouchon de pierre trouvé en 1882 a été égaré.

Bien qu'elle ait été perturbée depuis l'Antiquité, la sépulture collective de La Chapelle a livré un grand nombre d'ossements appartenant à une cinquantaine d'individus et un squelette entier, couché sur le dos au fond de l'antichambre. Parmi la quinzaine de crânes empilés au milieu de la chambre, quatre portaient des marques de trépanation.

Le mobilier archéologique comprenait des haches polies et des flèches taillées, des poinçons d'os, des pendeloques de terre cuite ou de pierre, des coquilles perforées et des céramiques néolithiques, mais aussi gallo-romaines. Il a été dispersé à la mort des fouilleurs.

 

Pour en savoir plus

 

Procès-verbal des fouilles faites dans le monument mégalithique récemment découvert sur la commune d'Arronville, canton de Marines (Seine-et-Oise), en la propriété de M. de Beurnonville, par Jean-Baptiste Grimot, 1884.
« Dolmens et autres mégalithes du Val-d'Oise », par Patrice Rodriguez, Vivre en Val-d'Oise, 116, 2009, p. 26-31.
Dolmens et menhirs du Val-d'Oise, par Hervé Guy et Philippe Soulier, Saint-Ouen-l'Aumône, Service d'archéologie du Val-d'Oise, 1995, 48 pages illustrées.
Allées sans retour : allées couvertes et autres monuments funéraires dans la France du Nord-Ouest, ouvrage collectif dirigé par Claude Masset et Philippe Soulier, Musée archéologique du Val-d'Oise, Éditions Errance, 1995, 263 pages illustrées.
Carte des dolmens et menhirs du Val-d'Oise
ReVOdoc, le catalogue collectif des bibliothèques du Val d'Oise.
Le centre de documentation archéologique.
La cellule de l'inventaire du patrimoine.
Les archives départementales.

 

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