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L'abbaye de Maubuisson et son parc

31/10/2011 · Mise à jour : 17:44
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L'abbaye de Maubuisson.
L'abbaye de Maubuisson. Photo Stéphanie Brison.L'abbaye de Maubuisson. Photo Stéphanie Brison.

Le domaine de Maubuisson entoure l'ancienne abbaye Notre-Dame la Royale, fondée en 1236 par la reine Blanche de Castille pour des religieuses cisterciennes.

La coulée verte de la ville, qui longe le ruisseau de Liesse et les étangs, rejoint l'Oise après la traversée du parc. Enclavé entre trois voies ferrées, celui-ci offre aux promeneurs une vraie respiration et une véritable détente sur ses vastes pelouses et sous ses vieux platanes, classés « arbres remarquables de France ».

 

Les jardins flottants de Stéphane Calais.
Les jardins flottants de Stéphane Calais (Gardens are for people…, 2005). Photo Conseil général du Val-d'Oise.Les jardins flottants de Stéphane Calais (Gardens are for people…, 2005). Photo Conseil général du Val-d'Oise.


La séduction qu'il dégage tient à la coexistence de trois éléments qu'on pourrait croire antinomiques : un ancrage historique ancien, une fréquentation soutenue, l'installation d'œuvres d'art contemporain. Les expositions se déploient dans la grange, dans les anciennes salles du monastère et dans le parc. Les artistes invités y proposent des installations éphémères qui surprennent le regard et décalent les perceptions.

De la grange à la grande prairie


Vue intérieure de la grange.
Vue intérieure de la grange. Photo Conseil général du Val-d'Oise / Catherine Brossais.Vue intérieure de la grange. Photo Conseil général du Val-d'Oise / Catherine Brossais.

La grange de la ferme abbatiale s'élève près de l'entrée principale, avenue Richard-de-Tour. Composée à l'origine d'une nef et de deux collatéraux, elle a été amputée au siècle dernier de son bas-côté oriental, et de grandes portes charretières ont été percées dans ses murs. La datation de la charpente indique qu'elle fut construite dès la fondation du monastère. La tourelle accolée au pignon nord est plus tardive.

Le château qui s'élève à l'arrière correspond à l'hôtellerie du XVIIIe siècle, transformée en 1883 par l'adjonction d'une aile et le rehaussement des combles. Racheté en 1926 par la Fondation Rothschild, il abrite aujourd'hui un pensionnat d'enfants.


Depuis 2007, le jardinier Olivier Tranchard, naturaliste et paysagiste, réintroduit, à titre expérimental, une flore spontanée sur trois parcelles du parc.

Entre la grange et le petit pont, le Perce-neige, l'Angélique sauvage ou le Rhinante velu côtoient le Cerfeuil sauvage et le Compagnon rouge. La Knautie des champs, la Sauge des prés ou l'Origan poussent dans la partie haute de la prairie fleurie, fauchée deux fois par an, qui a remplacé la pelouse régulièrement tondue.

Le petit pont marque l'entrée dans le parc proprement dit. Les deux arches visibles à droite correspondent à la sortie du canal collecteur.

 

Bosquet de liquidambars stryaciflua.
Bosquet de liquidambars stryaciflua. Photo Conseil général du Val-d'Oise / Michel Jourdheuil. Bosquet de liquidambars stryaciflua. Photo Conseil général du Val-d'Oise / Michel Jourdheuil.


Le miroir d'eau entouré de vénérables platanes a été creusé au XVIIe siècle. Le séquoia (géant) et les bosquets de la grande prairie n'ont qu'une vingtaine d'années. La Grande aunée, l'Iris des marais, la Valériane officinale ou encore la Grande consoude prospèrent sur le sol humide de la mégaphorbiaie.

Le carré du cloître


En arrivant sur le site du monastère proprement dit, le visiteur franchit un premier palier où s'ouvraient les cuisines. Sur la seconde terrasse, le carré de pelouse et les quatre allées qui l'encadrent évoquent le jardin et les galeries du cloître, réduit à l'ancienne aile des moniales qui le fermait à l'est. Au nord, les murs du réfectoire et du chauffoir sont matérialisés au sol ; une échancrure en demi-lune indique l'emplacement de la fontaine. Les fouilles archéologiques conduites dans les années 1980 ont réveillé les graines de la Molène pulvérulente, qui s'exprime maintenant aux côtés du Chardon des ânes et de l'Onagre.

 

Le Gingko biloba.
Le Gingko biloba devant la maison d'enfants installée dans l'ancienne hôtellerie. Photo Conseil général du Val-d'Oise / Michel Jourdheuil. Le Gingko biloba devant la maison d'enfants installée dans l'ancienne hôtellerie. Photo Conseil général du Val-d'Oise / Michel Jourdheuil.


Près du gingko biloba et sous un grand érable, une entrée de cave marque l'emplacement de l'aile occidentale. Au sud, sur la troisième et dernière plate-forme, les ruines de l'église se résument à quelques lambeaux de murs et bases de colonnes.

 

Vue de la façade occidentale de l'aile des moniales.
Trois grandes baies éclairent la salle du chapitre. Photo Conseil général du Val-d'Oise / Laurent Baude et Catherine Brossais.Trois grandes baies éclairent la salle du chapitre. Photo Conseil général du Val-d'Oise / Laurent Baude et Catherine Brossais.


Les résultats des fouilles ont inspiré la restauration de la salle des religieuses, du parloir et de la salle du chapitre qui occupent le rez-de-chaussée.

Les Monuments historiques ont reproduit les verrières en grisailles à décor géométrique ou végétal, le carrelage vert ou jaune disposé en damiers, chevrons ou entrelacs. En revanche, les toits sont de conception moderne : des tuiles vernissées vert et jaune couvraient l'abbaye médiévale.

La façade présente les traces de l'arrachement de l'escalier à double volée qui montait au dortoir ainsi que les pierres en saillie qui supportaient la charpente en appentis de la galerie. L'étage abrite le service départemental d'archéologie du Val-d'Oise.


Fictions 3, Bili Bidjocka, 2010.
Fictions 3, exposition de Bili Bidjocka, 2010. Rideau de perles à fleurs de lys et trois vidéo-projections au sol de la salle des religieuses. Photo Conseil général du Val-d'Oise / Catherine Brossais.Fictions 3, exposition de Bili Bidjocka, 2010. Rideau de perles à fleurs de lys et trois vidéo-projections au sol de la salle des religieuses. Photo Conseil général du Val-d'Oise / Catherine Brossais.

Des ruines de l'église au canal


Le canal et la façade orientale.
Le canal et la façade orientale. Photo Conseil général du Val-d'Oise / Monique Wabont.Le canal et la façade orientale. Photo Conseil général du Val-d'Oise / Monique Wabont.


Le jardin des religieuses s'étendait derrière le cimetière qui jouxtait l'église. Un ponceau couvert leur permettait d'aller sans être vues au Clos du Roi.

Le canal de l'abbaye, dérivé du ru de Liesse, alimentait le lavoir avant de nettoyer les latrines, bâties en retour d'équerre du dortoir et de collecter les eaux de pluie du cloître. Il faut insister sur le caractère exceptionnel des latrines de Maubuisson : pour les besoins de leurs communautés, toutes les communautés monastiques ont dérivé des rivières et se sont dotées d'installations analogues, mais celles-ci ont en général disparu. Le seul autre exemple conservé en France se trouve aussi dans le Val-d'Oise, à Royaumont.

 

Le parc sous la neige.
Le parc sous la neige. Photo Conseil général du Val-d'Oise / Bertille Danion.Le parc sous la neige. Photo Conseil général du Val-d'Oise / Bertille Danion.

Informations pratiques


abbaye de Maubuisson
site d'art contemporain
avenue Richard-de-Tour — Saint-Ouen-l'Aumône — 00 33 (0)1 34 64 36 10
Entrée gratuite
Ouverture tous les jours sauf le mardi de 13 h à 18 h,
les samedis, dimanches et jours fériés de 14 h à 18 h.
Fermeture le 25 décembre, le 1er janvier et le 1er mai, ainsi qu'entre deux expositions.

L'abbaye de Maubuisson est une propriété du Conseil général du Val-d'Oise.

L'abbaye de Maubuisson est soutenue par la DRAC Ile-de-France
(ministère de la Culture & de la Communication).

L'abbaye de Maubuisson est membre de TRAM — réseau art contemporain
Ile-de-France
.

Accès


Par la route :
  • Depuis  Paris ou la Francilienne > A15, sortie n° 7 Saint-Ouen-l'Aumône >
    vers Saint-Ouen-l'Aumône centre > abbaye de Maubuisson
  • Depuis Rouen ou Cergy-Pontoise > A15, sortie n° 8 Éragny-le-Village
Par le train :
  • Depuis Paris, Gare du Nord, Gare Saint-Lazare ou REC C > direction Pontoise > descendre à la gare de Saint-Ouen-l'Aumône (après Saint-Ouen-l'Aumône/Liesse) puis marcher 10 mn à pied en suivant la rue Guy-Sourcis
En bus :
  • Depuis Cergy-Pontoise, bus 56, 57, 58 ou 34 sud >
    arrêt mairie de Saint-Ouen-l'Aumône puis marcher 10 mn à pied en suivant la rue Guy-Sourcis
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De parcs en jardins [ed. 2012]

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