Cités-jardins et jardins ouvriers furent au départ très proches dans l'esprit de leurs promoteurs, soucieux de résoudre le problème du logement ouvrier et préoccupés par les mêmes thèmes : hygiénisme et défense sociale, mythes anti-urbains ou désir de retour à la terre, représentation idéale d'une société nouvelle.
Les théoriciens du mouvement des cités-jardins, notamment Henri Sellier et Georges Benoît-Lévy, s'inspirent des réalisations anglaises et créent un modèle de banlieue-jardin semi rural, pour compenser la prolifération anarchique des lotissements. Entre les deux guerres, l'Office public d'Habitations à Bon marché du département de la Seine lance de nombreuses opérations en banlieue, au gré des opportunités foncières : Les Lilas, Bagnolet, Champigny, Le Pré-Saint-Gervais, Arcueil, Cachan, Drancy, Dugny, Stains, Nanterre, Gennevilliers, Suresnes, La Muette, Le Plessis-Robinson, Châtenay-Malabry.
Les maisons avec jardins individuels y côtoient les petits immeubles et jardins collectifs. Chaque cité possède une composition propre dans laquelle se mêlent éléments architecturaux et végétaux. Les logements s'adressent à des gens de condition modeste. Les architectes multiplient les références au milieu rural : arches, pignon, toits pentus... et diversifient les matériaux pour éviter toute impression de monotonie.