
Vers 1635-1640, le seigneur Nicolas II Le Sueur, intendant des finances, fortifications et police en Champagne, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, conseiller en ses conseils d'Etat et privé, chevalier des ordres de Saint-Michel et du Saint-Esprit, fit construire un château entre cour et jardins.
Une galerie reliait les deux ailes dites du Grand Pavillon et du Corps de logis, qui se prolongeaient au nord par des bâtiments de service appuyés aux remises situées sous le pigeonnier. Le bâtiment des écuries, au fronton sculpté d'un cheval, remonte au début du XVIIIe siècle.
En 1786, Charles François Malo (1752-1832), comte de Lameth, engagea l'architecte Jacques Pierre Gisors (1755-1828), élève de Étienne Louis Boullée (1728-1799) et lauréat du prix de Rome en 1779. Un grand corps de logis central à deux étages, desservis par un escalier à double révolution en saillie sur l'arrière-cour, vint englober l'ancienne galerie, des terrasses remplacèrent les bâtiments de service, une orangerie et une graineterie complétant les écuries.
Revenu en France après le coup d'état du 18 Brumaire an VIII (9 novembre 1799), le comte de Lameth transforma en un parc à l'anglaise le parc à la française créé au XVIIIe siècle. Il remplaça notamment une pièce d'eau en fer à cheval par un étang de forme irrégulière alimenté par la Viosne, planta des essences rares et l'agrémenta de fabriques pittoresques.
Sous la Restauration, le comte de Lameth se fit émire député de la Seine-et-Oise. L'industriel Lazare Weiler (1858-1928), qui avait épousé une de ses descendantes, fit poser une grille d'honneur à l'entrée du parc et installer le portail du vestibule, tous deux ornés de son monogramme « W ». Il orna les salons de quatre médaillons du XVIIIe siècle provenant du château de Monza en Lombardie (Italie) et acheta aussi d'énormes poêles en faïence fabriqués à Nuremberg et Augsbourg (Allemagne). Le banquier Frédéric de Reiset, devenu propriétaire en 1901, et son architecte Paul Morel (1871-1933) poursuivirent la décoration des appartements ; dans le grand escalier, des statues de Henri Léon Greber (1855-1941) représentant les Quatre saisons entourent la Prospérité et l'Industrie.
En 1943, Liliane de Reiset, marquise de Grouchy, vendit la propriété réquisitionnée en juin 1940 par la Fliegerhorst-Kommandantur A 211/XI, c'est-à-dire l'État-Major de la base aérienne de Cormeilles-en-Vexin.
Devenu maison départementale de l'enfance pour les orphelins de Seine-et-Oise en 1951, le château abrite depuis 1989 la mairie d'Osny.
Cyprès chauve, hêtre pourpre, platane, peuplier noir, tilleul à grandes feuilles...
Exotiques ou indigènes, isolés ou rassemblés en bouquets, les arbres remarquables ne manquent pas dans le parc. Sa gestion écologique respecte les zones humides et favorise le retour de certaines espèces végétales, telles les orchidées.