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Archéologie & histoire de Villiers-le-Bel

La Confiserie

À quelque 300 mètres à l’ouest du Château d’Aval, l'Institut national de recherches archéologiques préventives a mené en 2004 et 2005 deux fouilles de part et d’autre de la rue Gambetta. L’étude conclut à une occupation continue du site entre les VIIIe et XVIe siècles. À la maison bourgeoise construite au XIXe siècle, s’est ajoutée au XXe siècle la Confiserie Française J. Puig.

Un village médiéval

Axe principal du vieux village, la rue Gambetta, – dénommée Grande rue d’Aval ou Chemin Vert jusqu’en 1910 – reliait les deux pôles seigneuriaux du Grand-Hôtel, près de l’église, et du Château d’Aval.

Sur 1400 structures fouillées, trois silos et une fosse ont été attribués à La Tène moyenne, la très grande majorité des vestiges relevant de la période carolingienne et du Moyen Âge. Au sud de la rue, à l’emplacement de la Confiserie, le noyau d’habitat le plus ancien remonte au VIIIe siècle et certaines de ses dispositions se sont maintenues jusqu’au XVIe siècle, la clôture de la cour Renaissance reprenant à peu près le tracé du premier enclos carolingien. Une quarantaine de bâtiments à pans de bois ont été édifiés entre le VIIIe et XIIIe-XIVe siècle. Cette architecture sur poteaux s’accompagnait de silos à grains creusés dans le sol et de fonds de cabanes excavés, caractéristiques du haut Moyen Âge, dont certains types persistent jusqu’au XIIe siècle dans des annexes qui ont pu accueillir des tisserands. D’autres, plus grands et plus tardifs (XIVe-XVe siècles), ont peut-être servi de resserres, de celliers, de bergeries ou d’étables.

Les fours culinaires creusés dans le limon au IXe-Xe siècles étaient disposés le long de la rue Gambetta, ce qui tend à indiquer que celle-ci remonte au haut Moyen Âge. Ces installations ont disparu à l’âge féodal, avec le développement des fours seigneuriaux où les villageois devaient aller cuire leur pain, moyennant redevance. Un tel four banal est attesté à Villiers-le-Bel en 1172.

Le gypse abonde dans la région. Il est rarement utilisé au VIIIe siècle mais à partir du Xe siècle, le plâtre se substitue au torchis sur clayonnage. Construite vers 1400 en petits moellons liées au plâtre, une cave en « L » est une variante des caves à cellules latérales fréquentes à cette époque dans tous les pays de viticulture. Quelques pépins trouvés sur le sol d’un bâtiment proche attestent d’ailleurs de la consommation de raisins.

Voir l'image en grand INRAP Au premier plan, squelette d'une femme retrouvée dans un silo carolingien ; à l'arrière-plan, les ossements de dix brebis jetées dans une fosse au XIVe siècle Des pratiques funéraires difficiles à interpréter

Des inhumations étaient liées aux habitats, comme à Villiers-le-Sec, Orville (Louvres) ou au Mesnil-Aubry. Deux sépultures non perturbées ont été étudiées et des ossements humains épars ont été retrouvés dans plusieurs fosses. Leur étude a montré la présence d’anémie au cours de la petite enfance ou de carences alimentaires en fer, calcium, phosphore ou en acide folique. Au XIe ou XIIe siècle, un enfant âgé de 7 à 12 ans a été enterré près de sa maison dans une large fosse orientée ouest-est. Plus tôt, dans le courant du IXe siècle, une femme âgée de plus de 50 ans avait été déposée sans ménagement dans un silo à grains (voir photo). Son squelette présente des traces d’arthrose et un cal sur la clavicule droite témoigne d’une fracture consolidée. Sur son crâne, des incisions peu profondes faites après la mort avec un instrument tranchant et fin accréditent l’hypothèse d’une pratique de scalp, attestée chez les Francs, les Lombards et les Wisigoths. Dans le même silo, des os épars appartenant à une autre personne présentent des traces de découpe bouchère qui évoquent un cas d’anthropophagie. L'explication est-elle rituelle, ou criminelle ? Pendant la grande famine de 868, les chroniqueurs font état de cas de cannibalisme – « À Sens, en un seul jour, on a trouvé cinquante-six hommes morts. Dans ce même pagus, il s’est trouvé des hommes et des femmes qui en ont, ô honte, tué et mangé d’autres » (Annales de Sainte-Colombe de Sens).

La faune et la flore

La faune domestique étudiée à travers un millier d’ossements est dominée par la triade bœufs-porcs-caprinés, dont la part respective évolue durant la période médiévale. Pendant la première phase (VIIIe-Xe), le bœuf devance les caprinés et le porc est mal représenté ; aux Xe-XIe siècles, la tendance s’inverse et le porc prend la première place. Plus tard, les caprinés l'emportent, loin devant le porc suivi du bœuf – ce qui souligne l’importance de l'élevage ovin qui s'explique peut-être par l’essor de la draperie dans la Plaine de France. Pendant la dernière phase (XVe-XVIe siècles), le porc domine légèrement les deux autres espèces.

Le chat et le chien sont présents aux VIIIe-Xe. La volaille est très peu consommée avant le XIe siècle et l’oie n’apparaît qu’à la fin du Moyen Âge. L’âne n’est identifié qu’entre les Xe et XIIe siècles tandis que le cheval figure dans toutes les phases ; il a parfois été mangé, fait rarement attesté durant le bas Moyen Âge où il est protégé par une sorte de tabou. Le nombre important d’ossements de cheval, à Villiers-le-Bel comme en d’autres sites du Pays de France, semble une caractéristique régionale.

Les végétaux retrouvés sont majoritairement des céréales : blés nus et seigle, orge et avoine dans une moindre mesure. Les légumineuses sont représentées par les pois, les vesces et les féverolles.

Voir l'image en grand INRAP Plan des sondages 2008

Le collège Saint-Didier

L'une des originalités de Villiers-le-Bel est de comporter deux pôles seigneuriaux. Le Grand Hôtel se trouvait au nord-est de l'église Saint-Didier, le Château d'Aval en bas du village. Près du premier, Raoul le Bel fonda en 1124 un prieuré de chanoines. L'Institut national de recherches archéologiques préventives a mené en septembre 2008 un diagnostic préalable sur ces terrains concernés par le projet de reconstruction de l'école et collège Saint-Didier.

Appelé Vieille Maison, Chastelet ou Grande Maison (vers 1350), le Grand Hostel de Villiers (1399) tenait à la ruelle de Gagny ou du Prieuré et au prieuré Saint-Didier, proche de la rue des Plâtrières devenue la rue Jules-Ferry). Il comportait cour, colombier, pressoirs, étables et four banal. En 1406, un acte énumère aussi une grange, une fosse à poisson, une fontaine et des prisons. En 1464, « la grant masure appellée la Motte, la court, le jardin où est le coullombier tenant à la maison du prieur et à la ruelle de Gagny » sont baillés à ferme.

Le prieuré relevant des chanoines de l'abbaye Saint-Victor de Paris se composait en 1733 d'« un corps de logis, cour, basse-cour, écurie, étables, grange à dîmes, bûcher, grand jardin derrière et petit bois au bout, le tout clos de mur contenant [environ deux hectares] tenant d'un côté à la rue de l'École [rue Victor-Gouffé] ».

Dans les six tranchées qu'ils ont ouvertes, les archéologues ont découvert un large fossé appartenant peut-être à un habitat fortifié, des silos à grains, des sépultures, des trous de poteaux correspondant à des bâtiments à ossature de bois. L'ensemble est daté de l'époque carolingienne. Plus tard, un autre fossé est venu délimiter un cimetière des XIIe-XIIIe siècles, où certains défunts ont été ensevelis dans des tombes construites en plâtre.

Des caves, des murs et un massif en plâtre octogonal correspondant à la base d'une tourelle d'escalier des XVe-XVIe siècles appartiennent au prieuré ou à l'hôtel seigneurial. Un tuyau en terre cuite témoigne d'une adduction d'eau. Il est tentant de la rapprocher d'un acte de 1198, par lequel le seigneur de Villiers autorisa les chanoines à prendre l'eau dans le conduit de la Fontaine Margot qui alimentait la Grande fontaine située sur la place de l'église.

Voir l'image en grand SDAVO Squelette dans un silo de l'Âge du Fer

Des Gaulois sous la déviation nord

Avant l’aménagement d’une route contournant Villiers-le-Bel par le nord, le service départemental d'archéologie a fouillé des silos à grains et un petit établissement rural, près du chemin du Coudray.

Cinq silos, datés de la fin du IIe siècle avant J.-C., avaient des dimensions imposantes : 2 mètres de diamètre à l’ouverture, 4 mètres à la base et 3,50 mètres de profondeur. Destinés à l'origine au stockage des denrées, ils furent ensuite reconvertis en dépotoirs comme l’attestent les fragments de meules, les ossements animaux en connexion et les éléments de planches carbonisées retrouvés dans leur comblement. Une fosse a servi de sépulture à une femme.

Les archéologues ont aussi mis en évidence un enclos en forme de trapèze (9000 mètres carrés) où aucun bâtiment n'a été reconnu. Installé au début du Ier siècle avant J.-C. sur une pente douce, il était circonscrit par un fossé ininterrompu, large (2 mètres) et profond (1,60 mètre), où ont été recueillis des reliefs de repas, des monnaies, des concentrations de céramiques et quelques restes humains. Tous ces éléments pourraient indiquer un lieu de rassemblement de la société gauloise.

Au nord du Grand-Cimetière
Voir l'image en grand INRAP Plan cadastral 1827, ADVO 3P 1492, 1498, 1499

Mentionné dès le XIIIe siècle, le Grand-Cimetière s'étendait sous l'actuelle place du Général-Leclerc, entre la rue de la République et la ruelle des Pâtissiers. Il a été déplacé hors de la ville au XIXe siècle.

L'Institut national de recherches archéologiques préventives est intervenu en 2009 au nord de la place. Les vestiges mis au jour (fossés, fosses et trous de poteau) étaient très dispersés, la plupart d'entre eux n'a pu être datée et l'occupation n'a donc pas pu être caractérisée. Les tessons de céramique recueillis remontent aux XVIIIe et XIXe siècles.

Rue Victor-Gouffé
Voir l'image en grand INRAP Plan cadastral 1827, ADVO 3P 1499

En 2009, l'Institut national de recherches archéologiques préventives est intervenu à une centaine de mètres au nord de l'église Saint-Didier.

Les vestiges les plus anciens remontent à l'époque moderne (pots en grès du Beauvaisis, élément de réchaud). Les murs correspondent à des aménagements de cours ou de jardins.

Les Tissonvilliers
Voir l'image en grand INRAP La ZAC des Tissonvilliers et les sites de l'Âge du fer et de l'Antiquité

En 2008, l'Institut national de recherches archéologiques préventives est intervenu à l'est de l'avenue des Érables.

Une fosse a livré des tessons de poteries fabriquées à de La Tène finale (120 à 50 av. J.-C.).

Les fossés de 2 mètres de large d'un enclos, contenaient des ossements animaux, des fragments de céramiques et des tuiles. Des fosses renfermaient aussi des objets en fer et en verre. Dans une vaste dépression (20 mètres sur 12) interprétée comme une mare, les archéologues ont trouvé des cerclages de seau, une binette ou houe et deux dupondius— petite monnaie romaine de bronze ou de laiton — dont un frappé en 161 sous le règne d'Antonin le Pieux (138-161). Une fibule en bronze pourrait avoir été fabriquée entre 40 et 70 de notre ère. Le site, qui s'étend vers l'est hors de l'emprise des travaux, est daté entre la moitié du Ier siècle et celle du IIIe siècle après J.-C.

En savoir plus

Histoire de Villiers-le-Bel, par Rémy Guadagnin et Dominique Renaux, Paris, Impr. Bellamy et Martet, 1975, 334 pages illustrées.

Villiers-le-Bel : 1428-1499, par Dominique Renaux, Paris, 1981, 153 pages illustrées.

Carte archéologique de la Gaule : le Val-d‘Oise, 95, ouvrage collectif dirigé par Monique Wabont, Franck Abert et Didier Vermeersch, Paris, Maison des sciences de l'homme, 2006.

Histoire de la ville et du diocèse de Paris, par l'abbé Jean Lebeuf, Paris, Prault Père, 1755.

Le patrimoine des communes du Val d'Oise, ouvrage collectif, Flohic Éditions, 1999. (collection Le Patrimoine des communes de France).

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