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Archéologie & histoire de Taverny

Voir l'image en grand Plan d'intendance 1784, ADVO 25Fi114Taverny s'étage sur le coteau sud des buttes de Montmorency et l'église Notre-Dame se dresse à l'orée de la forêt. L'ancien village s'est formé au bas de la pente, autour du carrefour des chemins d'Herblay et de Pontoise, tandis que le hameau de Vaucelles s'étirait le long de la route de Paris à Auvers. Au XVIIIe siècle, chacun des noyaux abritaient deux châteaux avec parc et jardin. Les vignes couvraient près de 400 arpents (environ 160 hectares) et des carrières à plâtre étaient en exploitation aux Longs-Quartiers, aux Grands-Sentiers et aux Aumusses.

Découvertes archéologiques

Des outils en silex du Néolithique ont été ramassés dans la plaine, mais le plus ancien habitat connu se trouve dans la forêt, au lieudit Le Camp-de-César. Dans les années 1970, les équipes de la Jeunesse préhistorique et géologique de France ont étudié cet éperon défendu naturellement par trois pentes abruptes et cerné par un important système défensif.

Voir l'image en grand Le Camp-de-César au XVIIIe siècleDe plan trapézoïdal (330 x 260 x 280 x 270 mètres), il occupait environ 9 hectares et a été fréquenté à plusieurs reprises à partir du deuxième millénaire avant notre ère (vers 1100, milieu du Bronze final). Un foyer construit en blocs de meulière et trois sépultures à incinération ont été mis au jour dans un niveau daté, d'après la céramique, du Hallstatt ancien. Les fortifications se composaient, sur le côté ouvert de l'éperon, d'un premier fossé en « U » à fond plat (large de 3 mètres), adossé à un grand rempart, bâti d'argile et de blocs de meulières. À l'intérieur et adossée au rempart, une levée de terre était surmontée d'un muret de pierres sèches, et cernée d'un second fossé. Au nord, une zone d'habitat, caractérisée par des empierrements et des foyers, a livré des poteries de La Tène II et III. Au sud-ouest de la levée, six maisons rectangulaires aux murs de pierres sèches s'alignaient perpendiculairement au rempart.

La céramique les rattache à La Tène III (120 à 50 avant J.-C.). De nombreux éclats en silex confirment la persistance de la taille de ce matériau. On note aussi trois pierres à aiguiser, un broyeur en grès et un fragment de meule en granit. Les objets métalliques sont rares : une serpette à douille en forme de croissant et une pendeloque de bronze moulé et incisé (Hallstatt moyen ou final). La fortification a été réoccupée au Moyen Âge : pendant la guerre de Cent ans, le site était appelé Fort-aux-Anglois.

La limite méridionale de Taverny s'appuie sur la chaussée Jules-César construite au Ier siècle après J.-C. La route de Paris à Auvers est sans doute contemporaine. Le territoire a livré plusieurs sites gallo-romains. Au lieudit Le Bois-des-Aulnaies, quelques empierrements et trous de poteau fouillés en 1989, pendant la construction d'un centre commercial, remonteraient aux Ier-IIe siècles. Dix des 117 monnaies ont été frappées par des peuples gaulois (Sénons, Bellovaques et Rèmes). Le reste de la série, antique, est dominé par des pièces aux effigies de Claude (41-54) et de Néron (54-68). Une dizaine de céramiques découvertes à 150 mètres de ces vestiges appartiendrait à une petite nécropole.

Au lieudit Le Carré-Sainte-Honorine, les archéologues ont étudié, entre 1972 et 1977, un village établi le long de la chaussée Jules-César entre le Ier et le IIIe siècle de notre ère.

Quatre bâtiments aux murs de grès, parallèles à la voie, présentaient des parois intérieures ornées d'enduits peints blancs à bandes rouges. Trois des huit caves étaient pourvues de niches. Un puits a été exploré sur 10 mètres de profondeur. Le mobilier est abondant. Les fibules sont de types variés : à charnière ou filiformes à ressort, en bronze quelquefois émaillé ; parmi d'autres parures, se trouve une bague d'argent à chaton circulaire au décor d'émail fondu par le feu. Une perle en pâte de verre, de 15 mm de diamètre, incrustée de quatre tessères à décor d'oiseaux et de palmettes, rappelle les productions d'Alexandrie en Égypte, et témoigne d'importations de haute qualité. Dans une cave, a été recueillie une statuette de déesse-mère, en terre blanche de l'Allier ; dans une autre, 38 pesons dont 29 en plâtre. Une monnaie gauloise en bronze est attribuable aux Suessions. Le grand nombre d'amphores, produites vraisemblablement dans la région parisienne, s'explique peut-être par l'importance de la production vinicole.

Voir l'image en grand Perle en verre découverte au Carré-Sainte-Honorine. © Gérard DucœurD'autres trouvailles antiques ont été faites près du Carré-Sainte-Honorine. En 1965, un vase contenant de 3000 à 5000 antoninianii (monnaies du IIIe siècle) aux effigies des empereurs Gallien (218-268) et Postume († 268 ou 269) a été mis au jour dans un talus de la chaussée antique. En 1914, un squelette entouré de vases a été repéré lors du creusement d'une tranchée militaire dans le bois de Boissy ; en 1928, une tombe de même type a été signalée à l'extrémité de la rue du Muguet.

Les fouilles du prolongement de l'autoroute A115 confirment la présence des Gallo-romains à Taverny. Des matériaux issus d'une démolition (enduits muraux peints ou non, plaques de marbre vert/bleu ou de calcaire fin, Ier siècle après J.-C.) ont été trouvés dans une fosse en 1997, aux lieudits Les Beauchamps et Le Chemin-des-Écouardes. Aux Écouardes, un bâtiment (11,5 x 5,5 mètres) était associé à une petite cave. Les murs de cette cave à cinq niches, faits de blocs de grès sans mortier, ont été démontés pierre à pierre pour être reconstitués dans un jardin public. Une voirie avec trottoir longeait la façade d'une autre construction à pans de bois et torchis, matérialisée par des solins et des fosses. Comme au Carré-Sainte-Honorine, la céramique date des Ier, IIe et IIIe siècles de notre ère.

Au lieudit La Garenne, en 1972, des labours ont dégagé une tombe couverte de gros blocs de grès ; à proximité, une incinération a été observée en 1998 : une amphore gallo-romaine contenait des cendres mêlées de fragments d'os brûlés et un tesson usé de sigillée, datable de la fin du IIe siècle. Des sarcophages de plâtre attribués à l'époque mérovingienne ont été signalés en 1968 au moment de la construction de la base aérienne.

En 754, le roi Pépin le Bref (vers 715-768) confirmait la possession de la villa de Taverny - Taberniacus- à l'abbaye bénédictine de Saint-Denis. Ce toponyme, évocateur de boutiques et de tavernes, a été mis en relation avec le site du Carré-Sainte-Honorine mais il s'applique tout aussi bien à l'habitat situé le long de la vieille route d'Auvers.

La paroisse

Une tradition rapporte que la première église de Taverny s'élevait rue du Champ-Notre-Dame, au niveau de la rue Gabriel-Péri. Notre-Dame de Moncelles (Moncelli) fut donnée vers 1115 à l'abbaye Saint-Martin de Pontoise par Richard I de Montmorency-Banthelu, avec l'assentiment de son cousin Bouchard III, seigneur de Montmorency, qui la tenait en fief de l'évêque de Paris. L'abbaye y fonda un prieuré pour quelques moines.

En 1186, l'évêque de Paris, Maurice de Sully (1120-1196), détacha de Taverny le territoire de Bessancourt pour l'ériger en paroisse indépendante.

Au XIIIe siècle, lors de la reconstruction de l'église dans le style gothique, Bouchard V de Montmorency donna dix livres pour les vitraux. Parmi les dalles funéraires, on note celle de Mathieu de Montmorency († 1360), seigneur de Goussainville, dont la femme Aiglantine de Vendôme avait été inhumée dans l'église de Saint-Leu. La paroisse avait pour second patron l'apôtre Barthélemy dont la vie est contée sur les panneaux sculptés (XVIe siècle) de la tribune des orgues. Le retable du maître-autel, sans doute offert par le connétable Anne de Montmorency (1492-1567), est réputé sortir des ateliers de Jean Goujon (vers 1510-1567), sculpteur et architecte de la Renaissance. Un vitrail de 1882 représente la reine Blanche de Castille (1188-1252) et le fondateur Mathieu II de Montmorency, soumettant à la Vierge et à saint Barthélemy le plan de l'édifice. Remaniée aux XVe et XIXe siècles, Notre-Dame-de-l'Assomption est classée monument historique.

En 1237, Bouchard V de Montmorency dota la chapelle du hameau de Montubois (Maant), sur le coteau nord de la butte qui domine Béthemont et Villiers-Adam. L'abbaye cistercienne de Maubuisson (Saint-Ouen-l'Aumône) y possédait des bois et des maisons, comme l'abbaye du Val (Mériel), qui y exploitait aussi une tuilerie. Au XVIIe siècle, les Jésuites du Collège de Clermont (aujourd'hui lycée Louis le Grand à Paris) en reçurent la ferme et y transférèrent la chapelle Saint-Christophe, trop éloignée des habitations.

À l'orée de la forêt, la rue de l'Ecce-Homo doit son nom à une seconde chapelle construite à l'angle du chemin du Parc. Elle aurait été édifiée en hommage à Marie Lumague (1599-1657), fille d'un banquier italien qui avait acheté une maison de campagne à Sannois. Veuve à 19 ans d'un gentilhomme de Louis XIII (1601-1643), elle fut la gouvernante des enfants du duc d'Orléans avant de fonder vers 1630 les Filles de la Providence, puis vers 1640, l'institution des Nouvelles converties avec Vincent de Paul (1581-1660).

La chapelle néo-gothique des Rohan-Chabot (9, rue Jean-XXIII) a été bâtie dans la seconde moitié du XIXe siècle. La marquise de Maillé (1896-1972), auteur de plusieurs ouvrages sur l'architecture cistercienne et l'archéologie, y repose près de sa famille.

Les châteaux

Les seigneurs de Montmorency avaient à Taverny un manoir « d'où s'expédiaient les actes publics » : Philippe le Bel en 1299, Philippe le Long en 1317, Philippe de Valois en 1335, y passèrent quelques jours. En 1392, Jacques de Montmorency (1370-1414) donna à sa mère Pernelle de Villiers-le-Sec plusieurs biens dont un logis près du château de la Chasse à Saint-Prix et l'hôtel seigneurial de Taverny avec le parc.

Le parc du château de Bellevue, agrémenté d'un étang de 450 mètres carrés, s'étendait au nord de la rue de Paris, entre les rues Menotte et de la Tour-Sainte-Anne. Denis Rouen (vers 1695-1776), officier de la Maison du roi, l'acquit en 1740 avec le fief des Mallets ; plus tard, son fils (1735-1817), maire du IIe arrondissement de Paris, se fit appeler Denis Rouen des Mallets. Son petit-fils Alexandre (1779-1871), maire de Taverny en 1845, se fit construire une seconde demeure dont le parc se trouvait entre les actuelles rues de Paris, Rouen-des-Mallets, du Maréchal-Foch et l'avenue de la Gare.

Au carrefour de la rue Auguste-Godard avec les routes de Béthemont et des Princes, s'élevait le château du Haut-Tertre, habité au début du XIXe siècle par le baron Dubarret, préfet de l'Empire puis inspecteur des forêts et capitaine des chasses de Napoléon Ier (1769-1821). Il invita des archéologues à visiter le Camp-de-César qui se trouvait dans son parc. Benjamin Godard (1849-1895), fils du propriétaire suivant, était un compositeur et un violoniste virtuose. Le château actuel date de 1905.

À Vaucelles, un grand domaine existant au XVIIIe siècle s'étendait entre les rues de la Tuyolle, des Cerisiers, des Bruyères et de la Marée. Aujourd'hui, il accueille une maison d'enfants.

Le château de la Tuyolle (chemin des Aumusses) a été édifié en 1865 à l'emplacement de bâtiments plus anciens. Il fut la propriété de Lady Ashburton (1812-1882), fille du duc de Bassano (1763-1839), secrétaire d'État de Napoléon III (1808-1873), et épouse du banquier anglais Francis Baring anobli en 1835 sous le titre de Lord Ashburton ; une rue de Taverny porte son nom. Avec l'aide de l'Œuvre des Maisons de convalescence franco-américaines, association présidée par la romancière Édith Warton (1862-1937), le domaine de la Tuyolle devint un sanatorium en 1920.

Le château de Boissy, au sud-est, était un rendez-vous de chasse des Condé. Après la dispersion des biens du prince Louis VI Henri de Bourbon-Condé (1756-1830), mort à Saint-Leu, il fut acheté par un notaire parisien, M. Lefèvre, qui ajouta Pontalis à son patronyme. Son petit-fils, Eugène Lefèvre-Pontalis (1862-1923) fut un historien et un archéologue renommé. Il consacra plusieurs monographies et notices aux églises Saint-Maclou de Pontoise, Saint-Martin de Cormeilles-en-Vexin, Saint-Sulpice de Chars, Saint-Pierre de Santeuil et Saint-Pierre de Gonesse. Une partie du domaine régional de Boissy appartient aujourd'hui à l'agence des espaces verts d'Ile-de-France.

Enfin, le château de Beauchamp et son vaste parc dépendaient jadis de la commune de Taverny.

En savoir plus

Taverny, par Alain Rousseau, Édition Ville de Taverny, 1982, 216 pages illustrées.

Taverny, Histoire d'un terroir, par Christine Jablonski, Édition Ville de Taverny, 1991, 130 pages illustrées.

La châtellenie de Montmorency des origines à 1328, aspects féodaux, sociaux et économiques, par Brigitte Bedos, Pontoise, Société historique et archéologique de Pontoise et du Vexin, 1980, 405 pages.

Briqueteries et tuileries disparues du Val-d'Oise, par Daniel Baduel, Saint-Martin-du-Tertre, Syndicat d'initiative, 2002, p. 253.

L'or blanc : du gypse au plâtre, par Marie-Madeleine Canet et Isabelle Lhomel, Cergy-Pontoise, Conseil général du Val d'Oise, atelier de restitution du patrimoine ethnologique,16 pages illustrées.

Les arbres remarquables du Val d'Oise, par Benoît Cerf, Annick Couffy, Michel Jourdheuil et Valérie Schlumberger, Paris, Dakota Éditions, 2005, p. 10-11, 42-43, 54-59, 146.

Carte archéologique de la Gaule : le Val-d‘Oise, 95, ouvrage collectif dirigé par Monique Wabont, Franck Abert et Didier Vermeersch, Paris, Maison des sciences de l'homme, 2006.

Histoire de la ville et du diocèse de Paris, par l'abbé Jean Lebeuf, Paris, Prault Père, 1755.

Le patrimoine des communes du Val d'Oise, ouvrage collectif, Flohic Éditions, 1999. (collection Le Patrimoine des communes de France).

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