Archéologie & histoire de Puiseux-Pontoise

Puiseux-Pontoise carteVoir l'image en grand Minute de la carte d'État-Major, feuille 10 au 1/10000, 1818-1824. IGN / Archives de la cartothèque La commune, qui couvrait 590 hectares en 1969, a été réduite à 389 hectares. Cette amputation s'est faite au profit de Cergy et, dans une moindre mesure d'Osny, tandis que près de 80 hectares ont été gagnés sur Boissy-l'Aillerie, au nord de la chaussée Jules-César.

Face à l'écart du Point-du-Jour situé sur l'ancienne route royale reliant Paris à Rouen, s'élèvent les bâtiments abandonnés de la distillerie construite en 1913.

Découvertes archéologiques

Des outils en silex du Néolithique ont été découverts aux lieudits Le Bas de Boissyet Les Sables du Planite.

À l'angle du boulevard du Moulin à Vent et de l'impasse de la Boulaye, un silo et un fossé remontant à la fin du Hallstatt final ou à La Tène ancienne côtoyaient quelques fosses du début de l'Antiquité. Au nord de la zone d'aménagement concerté (ZAC) de la Chaussée-Puiseux, de rares tessons de poterie datent un foyer de l'époque protohistorique. Au sud, le petit enclos fossoyé d'une ferme gauloise de La Tène finale a été reconnu. Elle était proche de la chaussée Jules-César, reconnue sur une centaine de mètres. Dans le prolongement de cette voie vers Boissy-l'Aillerie, l'érosion a mis au jour des fondations gallo-romaines dans le Bois Angot. Vers Courdimanche, au lieudit Le Champ-Tibout, des prospecteurs ont rammassé de la céramique datée du Ier au IVe siècle de notre ère.

La tradition locale situe un prieuré au croisement de la chaussée Jules-César et de l'ancien chemin de Meulan à Beauvais, au lieudit Saint-Léger, territoire qui dépendait de Boissy-l'Aillerie. Au XIXe siècle, de nombreuses tuiles romaines et « des débris de colonnes et des restes de construction » y ont été signalés. Plusieurs cercueils de pierre reposaient « à fleur de terre » avec quelques petits vases. Certains les datent de l'Antiquité ou du haut Moyen Âge mais le maire affirme, dans l'enquête de 1882, qu'ils remontent à « la période des moines » (XIe et XIIe siècles). Il ajoute qu'après avoir été brisés, « ils ont été employés avec les autres débris du monastère soit sur les routes, soit dans les constructions ».

La paroisse et la seigneurie

Vers 1100, Ite, femme de Foulques de Chaudry, et Guibert de Saint-Denis donnèrent les dîmes de Puiseux (Puteolis) aux bénédictins de Saint-Martin de Pontoise. L'abbaye nommait à la cure de l'église dédiée à saint Pierre, inscrite à l'inventaire des monuments historiques depuis 1966. Les moines exploitaient la grande ferme de la Seaule, qui dépend aujourd'hui d'Osny. Le site de la maladrerie Sainte-Appoline se trouve, lui, sur Cergy.

Vers 1240, un Richard de Puiseux, cité dans les comptes de construction de l'abbaye de Maubuisson (Saint-Ouen-l'Aumône), tenait plusieurs biens en fief du châtelain de Gournay. La famille de L'Isle détenait une autre partie de la seigneurie grâce au mariage de Pierre († 1272) avec Eustachie de Puiseux. Leur fille Marie fut abbesse de l'abbaye Saint-Paul-lès-Beauvais entre 1279 et 1294.

En 1545, Barthélemy de L'Isle rendait aveu à Louis de Silly, conseiller et chambellan du roi, seigneur de La Roche-Guyon, pour la « maison, cour, colombier à pied, jardin, granges, cave, étables » situé au sud de l'église où s'élevait jadis le « château qui fut à Messire Adam de L'Isle, chevalier ». Ce même seigneur revendiqua la ferme de la Seaule et, suite à l'accord passé avec les religieux de Saint-Martin, un pieu fut planté près de l'exploitation sur lequel on lisait : « je suis borne poteau par justice le treizième jour d'octobre Mil VCLXII [1562] faisant le devis et separacion du terrover et dismage de Puyseulx alencontre du terrover et dismage d'Osny. La dite dîsme dudict Puyseulx apartenant ... deux pars à l'abbaye Saint-Martin de Ponthoise... tiers à noble seigneur Barthélemy de Lisle escuyer, seigneur du dict Puyseulx ». Jusqu'à la fin du XVIIe siècle, la famille de L'Isle tint aussi les seigneuries d'Andrésy (Yvelines), Boisemont et Courdimanche.

Pierre François Ogier d'Ivry (1665-1735), grand audiencier de France et seigneur d'Hénonville, Ivry-le-Temple (Oise) et Orly (Val-de-Marne), légua à la paroisse 600 livres de rente annuelle avec une maison, cour et jardin. René Hatte († 1759), écuyer, conseiller du roi et fermier général, acquit le domaine en 1737. À sa mort, il passa à une de ses filles, épouse de Louis Alexandre de Girardin († 1782), marquis de Vauvray, conseiller du roi, ancien maître des requêtes.

Le château moderne

Ce dernier mourut dans le « petit château » qui se dressait à l'ouest de la rue de l'Église. Il était relié par une galerie au « château moderne » dont la façade principale donnait sur une esplanade qui, au-delà de la route royale, se prolongeait par une allée d'arbres jusqu'au bois du Hazay. Le vaste parc aux allées en étoile s'étendait vers Boissy. Les communs longeaient la sente de la Dîme, remplacée en 1803 par la rue Neuve.

La ferme seigneuriale avec son pigeonnier circulaire se dressait au sud de l'église. En 1819, Charles Théophile Thomassin, régisseur du domaine depuis 1765, en devint propriétaire et démolit le château. Ses descendants occupent la ferme au pigeonnier carré qui donne sur la Grande-Rue.

Le cimetière

Voir l'image en grand SDAVODans le cimetière, se dresse une croix qui a été classée monument historique en 1938. Refaite au XVIIe ou XVIIIe siècle, elle conserve une base et un socle carré (XIVe siècle ?), orné aux angles de petits motifs ou piliers d’une très faible hauteur.


Un monument funéraire néo-gothique adossé au mur gouttereau sud de l'église abrite les sépultures des familles Girardin et Berthelot, dont les armes couronnent l'ensemble. Les inscriptions gravées sur les plaques portent les noms de :

  • Louis Alexandre de Girardin, marquis de Vauvray, chevalier seigneur de Courbebois, conseiller du roi, ancien maître des requêtes († 1782 à l'âge de 84 ans)
  • François Emmanuel de Girardin, vice-amiral (né à La Martinique, † 1811 à Puiseux à l'âge de 76 ans)
  • Alexandre Étienne Hyppolite Berthelot (1745-1815 à Puiseux), baron de Baye, maréchal des camps et armées du roi
  • Brigitte Cécile Adélaïde Berthelot de Baye († à Puiseux en 1818 à l'âge de 74 ans), veuve de René Louis, marquis de Girardin.

Le colonel de dragons René Louis Girardin (1735-1808) est célèbre pour avoir été le « dernier ami de Jean-Jacques Rousseau ». Inspiré par la vision de la nature du philosophe, il aménagea à partir de 1765 le parc d'Ermenonville.

L’église Saint-Pierre

Voir l'image en grand SDAVOLe chœur, le transept et le clocher ont été inscrits à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques le 3 février 1966. Propriété communale.

De la première église romane, ne subsiste au-dessus de la porte de la sacristie qu’un linteau monolithe décoré de croisillons, de disques et, près de l’arête inférieure, d’une ligne horizontale de dents de scie. Au gothique appartiennent le chœur, le transept remanié aux XVe-XVIe siècles et le clocher. La nef et les bas-côtés ont été reconstruits à l’extrême fin du XIXe siècle.

Le chœur à chevet plat et l’arc triomphal qui le sépare du transept sont caractéristiques de la fin du XIIe siècle. Le premier percé de cinq baies est couvert d’une voûte sur croisée d’ogives en six parties. Le second repose au sud sur des chapiteaux ornés de feuilles d’acanthe et de fougère. Ceux du nord ont été refaits en 1897.

Le transept du XIIIe siècle comprend trois travées carrées. Éclairée par un oculus, la niche rectangulaire du croisillon sud abrite une piscine d’angle. Les voûtes de la croisée du transept et du croisillon nord remontent au XVe siècle, époque où des fenêtres en tiers-point, à meneau et à remplage flamboyant, ont remplacé les baies primitives. Le décor des clés de voûte, dont les armoiries bûchées renvoient sans doute aux seigneurs de L’Isle, appartient à la première Renaissance.

Des contreforts en faible saillie renforcent les angles de la tour carrée du clocher qui s’élève au-dessus de la croisée du transept. Elle a été bâtie pendant la même campagne de travaux. Sur chaque face s’ouvre une baie en tiers-point au meneau en Y, et un pilastre sépare les oculus jumeaux des deux pignons du toit en bâtière, dont les rampants sont garnis de crochets de feuillage. La tourelle d’escalier polygonale qui partait de l’angle de la nef et d’une chapelle accolée à l’ouest du croisillon sud a disparu en 1897, de même que la nef romane qui était précédée d’un porche. La reconstruction néogothique fut confiée à l’architecte parisien Charles Ferrant. Le transept fut doublé vers l’ouest, la nef reçut deux étroits bas-côtés, et l’ensemble fut couvert de voûtes sur croisée d’ogives en briques. La façade occidentale s’ouvre par un portail surmonté d’une rosace et d’un oculus tréflé éclairant les combles. Une plaque de marbre posée dans le bas-côté sud précise que « cette église dédiée à saint Pierre en 1212 a été reconstruite en 1897 par la famille Thomassin et bénite le 18 janvier 1898 par Monsieur l’abbé Donnio, chanoine de Versailles, ancien curé de cette paroisse. »

D’un diamètre de 0,98 m, la cloche porte une inscription sous laquelle alternent des têtes d’anges et des fleurons d’acanthe : « l’an 1745 jay été bénie par Mer Pierre Jean Uarin curé de Puiseux et nommée René par Mer René Hatte seigneur dudit Puiseux, Denis Baurin marguillier, A. Herba et F. Michaux mon faite ». On y voit un crucifix avec sainte Madeleine agenouillée ; saint Pierre en costume d’officiant et porteur d’une énorme clé ; une Vierge à l’Enfant le sceptre en main.

En savoir plus

Carte archéologique de la Gaule : le Val-d‘Oise, 95, ouvrage collectif dirigé par Monique Wabont, Franck Abert et Didier Vermeersch, Paris, Maison des sciences de l'homme, 2006, p. 265.

Histoire de la ville et du diocèse de Paris, par l'abbé Jean Lebeuf, Paris, Prault Père, 1755.

Le patrimoine des communes du Val d'Oise, ouvrage collectif, Flohic Éditions, 1999, volume 1, p. 377-383 (collection Le Patrimoine des communes de France).