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Jean Gabin, enfant du Val-d'Oise

Jean Gabin, enfant du Val-d'Oise

Comédien unique dans l'histoire du 7ème art, Jean Gabin a fait carrière en un temps où l'acteur était roi.

Ouvrier ou paysan, marin ou cheminot, flic ou truand, il a su incarner différents archétypes du génie national. À travers les multiples rôles interprétés dans sa traversée du XXe siècle, il est arrivé à réconcilier les caractères antagonistes de l'aristocrate et du prolétaire, du grand bourgeois et du Français moyen.

 La Marie du port (Marcel Carné, 1950). Coll. musée Jean-Gabin, Mériel. La Marie du port (Marcel Carné, 1950).

Né à Paris, Jean Moncorgé dit Jean Gabin (1904-1976) a quelques jours seulement quand sa famille s'installe à Mériel. Les passions d'enfance contractées dans ce petit village de Seine-et-Oise vont gouverner sa vie entière : le train et la bicyclette, le football et la boxe, l'agriculture et les courses de chevaux...

Il débute dans Chacun sa chance (René Pujol et Hans Steinhoff, 1930) au moment où le cinéma devient parlant et fait ses classes dans des comédies mineures. Quelques années plus tard, il s'impose dans des films se réclamant du réalisme poétique, comme Pépé le Moko (Julien Duvivier, 1937) ou Quai des brumes (Marcel Carné, 1938), et dans trois œuvres militantes de Jean Renoir : Les Bas-fonds (1936), La Grande illusion (1937), La Bête humaine (1938).

Exilé aux États-Unis pendant l'Occupation, il y tourne The Impostor (Julien Duvivier, 1943) pour populariser la cause du général de Gaulle juste avant de s'engager dans les Forces Françaises Libres puis d'intégrer la 2ème DB (division blindée) du général Leclerc et de participer à la libération de Royan en 1945.

La Marie du port (Marcel Carné, 1950) annonce la transformation du prolétaire déraciné d'avant-guerre en grand bourgeois des Trente Glorieuses. Dans une société dominée par l'affairisme, Touchez pas au Grisbi (Jacques Becker, 1954) inaugure la seconde carrière de Jean Gabin. Désormais, il va être tour à tour avocat, juge ou président de cour d'assises, industriel ou hôtelier, chef d'escadron de gendarmerie en retraite ou commissaire de police, caïd d'une bande de voyous ou Président (Henri Verneuil, 1961) de la République.

Mais, quel que soit le milieu social dans lequel évoluent ses personnages, l'aristocrate du peuple qu'est Jean Gabin les enracine toujours dans la culture nationale et la nostalgie de la France profonde qu'il partage avec ses spectateurs. Malgré l'exode rural et l'inexorable instauration de la société urbaine, le mythe Gabin, grâce à son ancrage populaire, incarne et réconcilie le « corps prolétarien » et le « corps paysan » de la Nation.

Le musée Jean-Gabin de Mériel retrace la vie de l’acteur et la vie de l’homme. Le promeneur qui met ses pas dans ceux de l'enfant peut voir la maison de sa famille, l'école où il a appris à lire et à écrire, la rive de l’Oise où il allait taquiner le poisson.

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