Une enfance de guerre

Pierre Vigier était instituteur à Villiers-le-Bel.
Ses années de collège se déroulèrent durant la Seconde Guerre mondiale entre Nantes, où son père était cheminot, et Périgueux où il fut envoyé auprès de ses grands-parents car les bombardements de 1943 avaient gravement sinistré Nantes.

A l'instar du titre « Impasse de la tuerie » qui désigne l'endroit où se trouvait la maison familiale, son ouvrage est un récit autobiographique. Pour une époque pareille, pas besoin de fiction. En courts chapitres d'une ou deux pages, Pierre Vigier égrène ses souvenirs, d'où peut-être quelques approximations sur les dates, admet-il, mais l'essentiel est authentique. Occupants, maquisards, bombardements, la vie quotidienne d'un enfant d'alors oscille entre l'innocence de la scolarité et l'angoisse de la mort omniprésente.

Ainsi, il peut un jour écrire une rédaction sur sa future maison avec un pigeonnier « dans lequel logeront des pigeons blancs comme la neige, qui viendront picorer le blé sur mes mains » mais aussi être « souvent réveillé en sursaut par le hurlement de la sirène d'alarme. C'était l'angoisse. Je restais souvent bloqué dans mon lit. Bientôt le vacarme des canons de 88 éclatait.» Ce qu'on voit à la télé des pays en guerre n'est pas une situation si lointaine que ça en France. Aux ados d'aujourd'hui d'en prendre conscience.

Pierre Vigier, Impasse de la Tuerie, 122 pages, éditions Mélibée, Toulouse