Ancien jardin créé pour le plaisir des favorites d'un prince, le domaine de Stors a été bombardé par les Alliés en août 1944. Son rachat, en 1999, a évité sa démolition.
Attribuées à Pierre Contant d'Ivry (1698-1777), les terrasses monumentales du parc sont inscrites à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques.
Louis François de Bourbon (1717-1776), prince de Conti, était l'un des plus aimables et des plus grands hommes de son siècle si l'on en croit Louis Dutens et ses Mémoires d'un voyageur qui se repose (1806).
Nommé Grand Maître de l'Ordre de Malte en 1747, il passe avoir été athée et franc-maçon, farouche défenseur des privilèges nobiliaires mais passionné d'arts et de sciences.
À la fin des années 1730, il noua une liaison orageuse avec madame d'Arty (1710-1765), fille adultérine du banquier Samuel Bernard, le propriétaire du château de Méry-sur-Oise. Ils se séparèrent bons amis vers 1750 et le prince lui laissa la jouissance de Stors, qu'il avait fait aménager pour elle. Il y installa ensuite sa nouvelle maîtresse, la comtesse de Boufflers (1724-1800) : non seulement elle avait captivé son coeur par les grâces de sa personne et les charmes de sa figure, mais elle avait aussi enchaîné son esprit par les agréments du sien, semon le même auteur. Tous croyaient qu'après la mort du comte, le prince l'épouserait, mais son image de débauché, grand amateur de filles d'opéras, l'en dissuada peut-être.
Le 4 février 1861, Stors passe aux mains du financier Casimir Cheuvreux. Le 27 août 1873, sa petite-fille Madeleine épouse le comte Gustave de Montebello, petit-fils du maréchal Lannes.
À l'époque, les tilleuls du parc, surtout ceux qui surplombent la route de halage, sont phénoménaux. Une suite de terrasses à l'italienne conduit jusqu'en haut de la colline, d'où la vue s'étend jusqu'à la terrasse de Saint-Germain.
L'architecte Louis-Charles Boileau (1837-1914) modifie la distribution intérieure du château, aménage les communs, décore la chapelle Sainte-Marie-Madeleine, se fait paysagiste. Il amplifie la toiture des kiosques en s'inspirant de la pagode de Chanteloup, près d'Amboise. Il plante une roseraie en terrasse au pied des arcades, et remet en état le bassin ovale où il installe une vasque.
Nommé ambassadeur à Saint-Petersbourg en 1891, Gustave de Montebello se lie d'amitié avec le tsar Nicolas II, qui devient en 1901 le parrain de son premier petit-fils . Lors des réceptions données à l'ambassade, des "perdreaux de Stors" sont servis aux invités, et les orchidées cultivées dans les serres du domaine ravissent l'impératrice de toutes les Russies.

Jadis dépendant de l'abbaye Notre-Dame du Val, puis rattachées au domaine de Stors à la fin du XIXe siècle, les 47 hectares des marais de Stors appartiennent à l'Agence des espaces verts d'Ile-de-France et sont classés zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique.
Le vallon abrite plusieurs espèces protégées, végétales comme l'Orchis négligé ou l'Oenanthe de Lachenal, entomologiques avec le Cordulégastre annelé, et ornithologiques comme le Phragmite des joncs ou le Râle d'eau. Les pelouses calcicoles du coteau favorisent la rare Campanule à feuilles de pêcher et la nidification du Faucon hobereau.
Adresse
Domaine de Stors — L'Isle-Adam
01 34 08 53 21
Ouverture
Visites guidées du parc le samedi et le dimanche à 14 h, 15 h, 16 h et 17 h
Réception des groupes sur rendez-vous