Cette page : Aggrandir le texteRéduire le texteInverser le contrasteRétablir les styles par défaut Partager RSS Imprimer la page

Votre e-mag de juin

Lire l'e-mag de juin 2014

Lire l'e-mag de juin 2014

Retrouvez votre e-mag "#valdoise"

Votre magazine de mai

La maison du docteur Gachet et son jardin

Voter Donner la note 1 Donner la note 2 Donner la note 3 Donner la note 4 Donner la note 5
Soyez le premier à partager cette information |


Maison du docteur Gachet
Photo Conseil général du Val-d'Oise / Jean-Yves Lacôte.Photo Conseil général du Val-d'Oise / Jean-Yves Lacôte.
Maison du docteur Gachet, porte
Porte aux idéogrammes. Photo Conseil général du Val-d'Oise / Jean-Yves Lacôte.Porte aux idéogrammes. Photo Conseil général du Val-d'Oise / Jean-Yves Lacôte.

Un lieu de mémoire voué à la création contemporaine


Inscrite avec le jardin à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1991, achetée par le Conseil général du Val-d'Oise en 1996, la maison a ouvert ses portes au public en 2003, année du 150ème anniversaire de la naissance de Vincent van Gogh.

La collection de peintures et de gravures du médecin a été dispersée mais les papiers peints anciens portent encore la marque des accrochages passés et la presse à bras du docteur Gachet, vendue en 1943, y a repris sa place grâce à un prêt.

Dans l'intimité des petites pièces de cette haute bâtisse, la scénographie, subtile et presque imperceptible, se veut une évocation de ce passé, à travers la matière des choses, le rapport entre les couleurs et la présence de certains objets.

 

Le docteur Paul Ferdinand Gachet


Le docteur Gachet. Vincent van Gogh, eau-forte, 1890.
L'Homme à la pipe, portrait du docteur Gachet par Vincent van Gogh, eau-forte, 1890. Photo Conseil général du Val-d'Oise / Jean-Yves Lacôte. L'Homme à la pipe, portrait du docteur Gachet par Vincent van Gogh, eau-forte, 1890. Photo Conseil général du Val-d'Oise / Jean-Yves Lacôte.
Le docteur Gachet, autoportrait, eau-forte.
Le docteur Gachet, autoportrait, eau-forte. Photo Conseil général du Val-d'Oise / Jean-Yves Lacôte.Le docteur Gachet, autoportrait, eau-forte. Photo Conseil général du Val-d'Oise / Jean-Yves Lacôte.


Paul Ferdinand Gachet naît le 30 juillet 1828 à Lille, dans une famille de la moyenne bourgeoisie. Refusant d'adopter la carrière de son père dans l'industrie lainière, il s'inscrit en 1848 à la Faculté de Médecine de Paris. Après avoir travaillé à la Salpêtrière avec des malades mentaux, il soutient une thèse titrée Étude sur la mélancolie à l'Université de Montpellier, et prête le serment d'Hippocrate en 1858.

Dans ses cabinets parisiens de la rue Montholon puis au 78, rue du Faubourg Saint-Denis, il pratique une médecine éclectique, mêlant allopathie et homéopathie. Simultanément, il fréquente les ateliers d'artistes, reprend le dessin et la peinture auxquels il s'adonnait dans son adolescence, s'initie à la gravure. Il échange volontiers une consultation contre une toile, une gravure, un billet de concert ou une place au théâtre.

C'est en venant chez un ami que le docteur Gachet découvre Auvers-sur-Oise. Il est séduit par le caractère pittoresque de ce village fréquenté par de nombreux peintres. La ligne de chemin de fer, inaugurée le 14 juin 1846, le met à une heure de Paris. La maison des époux Lemoine est à vendre et, soucieux de la santé fragile de son épouse, il s'en porte acquéreur le 9 avril 1872.

Membre assidu de la Société des Éclectiques, il fréquente les dîners Lamarck institués en l'honneur du naturaliste et les dîners du Rouge et du Bleu, qui rassemblent des critiques d'art et des artistes. « Toujours par monts et par vaux, d'une activité extraordinaire, il mène tout de front ; ses consultations en son cabinet et sa peinture, l'homéopathie et l'allopathie, la littérature et la pêche à la ligne, sans compter l'éducation de ses enfants... » (Paul Alexis, Le Cri du Peuple, août 1887).

Camille Pissarro, qui vit à Pontoise, est un des premiers visiteurs du docteur Gachet, qui est son médecin de famille. Les deux hommes se connaissent bien et le peintre lui présente Paul Cézanne, Armand Guillaumin. Sur les conseils de celui-ci, la lucarne de l'atelier aménagé dans le grenier où tous s'adonnent à la gravure est déplacé au nord, pour obtenir une meilleure lumière.

En 1890, Gachet accueille Vincent van Gogh, qui réalise chez lui plusieurs tableaux et son unique eau-forte : l'Homme à la pipe, Portrait du docteur Gachet.  

À partir de 1891, lui-même expose au Salon des Indépendants, d'abord sous son nom puis sous le pseudonyme de Paul van Ryssel, avec Georges Seurat, Paul Signac ou Odilon Redon.

 

La maison et son jardin


Maison du docteur Gachet
Photo Conseil général du Val-d'Oise / Jean-Yves Lacôte.Photo Conseil général du Val-d'Oise / Jean-Yves Lacôte.
Maison du docteur Gachet.
Photo Conseil général du Val-d'Oise / Jean-Yves Lacôte.


Conforme à l'image qu'en a donnée Paul Cézanne dans La Maison du docteur Gachet (Yale University Art Galley, New Haven, Connecticut, États-Unis), la maison blanche à trois niveaux, coiffée d'un toit en tuiles plates, regarde la vallée de l'Oise, plein sud.

Du haut des terrasses du jardin, bordées de vieux buis et retenues par des murets de pierres, s'offre une échappée sur les toits rouges du village. Des tilleuls ombragent la cour, un atelier troglodytique est creusé dans la falaise calcaire, une autre cavité ouvre sur un cirque aux parois abruptes tapissées de clématites sauvages, de lierre et de lianes.

 


Le jardin apparaît dans trois tableaux de Vincent van Gogh conservés à Paris, au musée d'Orsay. Dans le jardin du docteur Paul Gachet, le peintre représente des espèces d'allure méditerranéenne — des thuyas interprétés en cyprès, un yucca qui devient aloès —, secouées sur un ciel tourmenté par les bourrasques d'un vent aussi violent que le mistral.

Il en propose une vision apaisée et transfigurée par la silhouette virginale de Mademoiselle Gachet. Coiffée d'un chapeau de paille, vêtue d'une robe légère, Marguerite à 20 ans est à l'image des vagues de fleurs blanches aux feuilles gris bleu qui l'entourent.

Troisième indice, la fleur de digitale que tient le médecin dans son plus fameux portrait. La pharmacopée de l'homéopathie, à laquelle il s'interessait, a guidé la restauration du jardin, où poussent l'aconit et la belladone, le cassis et la grande chélidoine, à côté du chrysanthème et du dalhia chers à Cézanne, de la marguerite, du souci et de l'heuchère, ou "désespoir du peintre".

 

Informations pratiques


Delphine Travers, responsable du site, chargée de mission Patrimoine
01 34 25 16 77

Michel Jourdheuil, chargé de mission Parcs & Jardins
01 34 25 31 44


Maison du docteur Gachet
78, rue du Docteur-Gachet — Auvers-sur-Oise
01 30 36 81 27
Entrée gratuite
Ouverture du 31 mars au 31 octobre, du mercredi au dimanche de 10 h 30 à 18 h
Réservations pour les visites de groupes par mél ou au 01 30 36 81 27

La maison du docteur Gachet est un site du Conseil général du Val-d'Oise
Accueil - Plan du site - Mentions légales - Crédits