Correspondances d’artistes. Lettres de Van Gogh et ses proches

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  • Du 5 avril au 6 juillet 2014

Grâce aux prêts exceptionnels consentis par le Musée des Lettres et Manuscrits de Paris et les Archives départementales du Val d’Oise, l’exposition Correspondances d’artistes. Lettres de Van Gogh et ses proches nous plonge dans l’âge d’or de l’intense activité artistique qu’a connu la Maison du docteur Gachet à la fin du XIXe siècle.

Pendant l’été 1873, le médecin invite Camille Pissarro, Paul Cézanne et Armand Guillaumin à pratiquer la gravure en sa compagnie, dans l’atelier aménagé sous les combles de sa maison d’Auvers. Leurs œuvres sont des essais, griffonnés sur le motif ou d’après un dessin. Sans délaisser les méthodes traditionnelles, ils expérimentent les techniques les plus variées, les instruments les plus divers, sur des papiers de toutes les couleurs. Poussés par le désir de rendre au plus juste la sensation d’un instant, ils gravent avec enthousiasme ce que Pissarro appelle des « impressions gravées ».

Certaines des lettres qu’ils échangent apparaissent comme des résumés de la vie artistique parisienne ; d’autres s’attachent aux préoccupations matérielles, médicales ou financières de leurs auteurs, rendant leur lecture particulièrement émouvante. Trois sont signées de Vincent van Gogh. La première, écrite en néerlandais, témoigne d’une boulimie de lectures et de voyages. La deuxième, envoyée de La Hague et agrémentée de croquis, manifeste l’intérêt qu’il porte à la lithographie et à « la beauté de la couleur noire ». Dans la troisième, signée et datée de Saint-Rémy de Provence en février 1890, il remercie le critique Albert Aurier pour un article élogieux : « Je retrouve mes toiles mais meilleures qu’elles ne le sont en réalité, plus riches, plus significatives. »

Souhaitant confier son frère aîné au docteur Gachet, Théo van Gogh, qui dirige la Galerie d’art Goupil à Paris et représente Pissarro, s’adresse à lui pour qu’il lui indique une pension de famille à Auvers. Arrivé en mai 1890, Vincent peint 70 tableaux en deux mois, réalise le portrait de Paul Ferdinand Gachet dont la seule eau-forte connue de sa main et meurt le 29 juillet, des suites d’une blessure qu’il s’est infligée à lui-même.

Intimement lié à Cézanne, Pissarro, Guillaumin, Monet, Renoir ou Van Gogh, le médecin avait rassemblé une importante collection dont une grande partie est entrée dans les musées nationaux, grâce aux donations consenties par ses enfants entre 1949 et 1958. Propriété départementale, la Maison du docteur Gachet propose une programmation culturelle variée – expositions, visites, ateliers –, autour de la figure de ce médecin artiste et mécène dont elle conserve une cinquantaine d’oeuvres.

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