Une semaine, un thème... au fil des jours

Saint-Vincent

Le 22 janvier

Saint-Nicolas

Le 06 décembre

Saint-Éloi

Le 1er décembre

Sainte-Catherine

Le 25 novembre

Paysages de printemps

Voir l'image en grand Magnolia en fleurs. Montmagny. 2009. Conseil départemental du Val d'Oise - Photo : Catherine Brossais.      Voir l'image en grand Jeune femme dans un verger en fleurs. Sarcelles. 1958. Collection particulière.

Synonyme de renouveau, de retour à la lumière et de floraison, le printemps nous offre des paysages aux multiples couleurs, que l’on peut imaginer sur ces cartes postales anciennes du Val d’Oise.

Voir l'image en grand Carte postale : Les petits lavoirs. Ableiges. Année 1900-1920. Collection ARPE. Conseil départemental du Val d’Oise.     Voir l'image en grand Carte postale : Panorama au printemps. Viarmes. Années 1900-1920. Collection ARPE. Conseil départemental du Val d’Oise.

Voir l'image en grand Carte postale : La Seine et Conflans. Vue de l'Avenue de Bellevue. Herblay. Années 1900-1910. Collection ARPE. Conseil départemental du Val d’Oise.     Voir l'image en grand Carte postale : La Frette. Le Coteau de la Vallée. La Frette-sur-Seine. Années 1900-1910. Collection ARPE. Conseil départemental du Val d’Oise.

Voir l'image en grand Carte postale. Les Tulipes de France. Gonesse. 15 avril au 15 mai. 1950-1960. Collection ARPE. Conseil départemental du Val d’Oise.     Voir l'image en grand Jardinier dans sa parcelle de jardins familiaux. Domont. 1993. Conseil départemental du Val d'Oise - Photo : Pierre Gaudin.

Voir l'image en grand Champ de coquelicots et de colza en fleurs. Chemin de Saillancourt. Courdimanche. 2013. Conseil départemental du Val d'Oise - Photo : Catherine Brossais.     Voir l'image en grand Parc du bois de l'étang. Baillet-en-France. 2009. Conseil départemental du Val d'Oise - Photo : Catherine Brossais.

 

Pâques

Voir l'image en grand Dimanche de pâques 1926 à L'oiseau Bleu, maison de vacances des jeunes filles chrétiennes. Un moment de détente dans la cour. Boissy-l'Aillerie. Collection ARPE. Conseil départemental du Val d’Oise.

Pâques est la plus importante fête religieuse chrétienne. Elle commémore la résurrection du Christ, mort et ressuscité autour de l’an 30. Elle tire ses origines de «  la Pâque », fête juive qui célèbre le passage de la Mer rouge ; mais s’en différencie depuis le XVIe siècle. Pâques est également une fête païenne et populaire, dérivée de la fête chrétienne, et célébrée avec des œufs, lapins et poules au chocolat.

Elle est célébrée chaque année un dimanche, entre le 22 mars et le 25 avril, selon le calendrier grégorien.

 

Ci-dessous une tradition de Pâques chez des ouvriers agricoles d’origine polonaise, après-guerre :

Ils avaient gardé des coutumes polonaises parce que les lendemains de Pâques en Pologne, paraît-il, les jeunes hommes allaient arroser les jeunes filles … ils les arrosaient avec un petit peu d’eau de Cologne. Et ça, je me souviens à 12, 13 ans,  je l’ai vu faire par ici !  Attainville. Témoignage recueilli en 1996.

Voir l'image en grand Carte postale : Bonnes Pâques. Qui couvera ces oeufs ? Nos désirs amoureux. 1910-1920. Collection ARPE. Conseil départemental du Val d’Oise.     Voir l'image en grand Carte postale : Joyeuses Pâques. 1900-1910. Collection ARPE. Conseil départemental du Val d’Oise.      Voir l'image en grand Couverture du magazine Rustica. La récolte des oeufs de Pâques. 09 avril 1950. Collection ARPE. Conseil départemental du Val d’Oise.   

 

Voir l'image en grand Carte postale. Fillettes et oeufs de Pâques. Années 1900. Collection ARPE. Conseil départemental du Val d’Oise.

LES CLOCHES ET ŒUFS DE PÂQUES

Dans la majeure partie de la France, les œufs de Pâques sont apportés par les cloches. Selon cette tradition tirée de la religion catholique, ces dernières cessent de sonner le jeudi soir précédant Pâques, afin de commémorer la mort du Christ le vendredi.

On raconte aux enfants que les cloches partent à Rome se faire bénir par le Pape, et reviennent le dimanche de Pâques, jour de la renaissance du Christ. Elles rapportent avec elles les œufs au chocolat, qu'elles déposent dans les jardins.

Les œufs en chocolat sont une tradition assez récente. En effet, il y a plusieurs siècles, les paysans s’offraient pour Pâques des animaux ou des aliments frais, tels que les œufs, symbole de fécondité, de renouveau et de création. Les œufs étant interdits à la consommation durant la période du Carême, les paysans les conservaient alors dans de la graisse liquide ou de la cire jusqu’à Pâques, où ils les offraient aux enfants qui les décoraient pour améliorer leur apparence. Cette tradition disparut peu à peu pour laisser place aux œufs au chocolat.

 

L’homme a ainsi imaginé très tôt des techniques afin de conserver ses œufs le plus longtemps possible :

"Ma grand-mère les mettait dans le sel ou dans l’eau de chaux ; elle les conservait 7-8 mois. Mais il ne fallait pas les sortir puis les remettre dedans. On sortait ce qu’on avait besoin. On notait au crayon la date sur chacun." Argenteuil, témoignage recueilli en 2020.

Voir l'image en grand Carte postale : La villa Béthanie. 1950-1960. Collection ARPE. Conseil départemental du Val d’Oise.     Voir l'image en grand Carte postale : Villa Béthanie. L'épluchage des légumes. Années 1900. Coll. ARPE. Conseil dép. du Val d’Oise.

Voir l'image en grand Carte postale : Patronage Saint-Denis à la Fontaine du Garde. Les colons de la villa Béthanie posant en extérieur autour d'un prêtre. Colonie de vacances à Montsoult. Pâques 1907. Collection particulière.     Voir l'image en grand Carte postale : les colons de la villa Béthanie posant en extérieur autour d'une charrette attelée d'un âne. Patronage de Saint-Denis. Pâques 1907. Colonie de vacances à Montsoult. Collection particulière.

VACANCES DE PÂQUES : LES COLONIES DE LA VILLA BÉTHANIE

Le Château de Montsoult, devenu villa Béthanie, fut acquis en 1873 par les sœurs de Sainte-Élisabeth pour en faire un pensionnat de jeunes filles. Le collège ferma ses portes en 1905 après la loi sur les congrégations religieuses, et le château fut acquis par les Œuvres du diocèse de Paris, qui le renommèrent « Villa Béthanie ».

De 1906 à 1914, la villa accueillit pour les vacances de Pâques et d’été les garçons les plus méritants des paroisses parisiennes. Encadrés par des prêtres, séminaristes et religieux, les petits colons apprenaient le sens de la discipline, le respect de l’autorité, l’esprit d’équipe et la solidarité, dans une ambiance familiale mais très encadrée. Les enfants alternaient moments de jeux et de détente, et temps de labeur. À Montsoult, les vacances doivent être « agréables sans doute, mais surtout sanctifiantes ».

Les milieux catholiques découvrent l’intérêt des colonies de vacances à l’extrême fin du XIXe siècle : l’école rendue laïque et obligatoire avec les lois Jules Ferry dans les années 1880, l’église voyait en ces colonies un moyen privilégié de mettre à profit le temps libre des enfants et de compenser « l’école sans Dieu ». Les colonies de la villa Béthanie prirent fin avec la Première Guerre mondiale.

Carême et Carnaval

 

L Voir l'image en grand Publicité pour le chocolat Guérin-Boutron : Le carême et la charité chrétienne. Extrait d’un album de chromolithographies. Années 1900. Collection ARPE. Conseil départemental du Val d’Oise.E CARÊME ET MARDI GRAS

Dans la religion catholique, le Carême désigne une période de jeûne de 40 jours avant Pâques. Il débute le mercredi des Cendres  et s’achève le samedi Saint.  À l’origine, durant cette période, les chrétiens cessaient de consommer des produits « gras », comme la viande ou les produits laitiers.

Les 40 jours maigres de carême étaient précédés par une période de sept jours gras, également appelés « jours charnels », durant laquelle les chrétiens étaient autorisés à manger leurs aliments préférés à satiété.  Mardi gras est le dernier des sept jours gras, où l’on se permet le plus d’excès. C’est le seul que l’on fête encore aujourd’hui.

 

LA MI-CARÊME

La mi-Carême est une fête d’origine française qui tire ses origines du Moyen-Âge. Elle est fêtée avec un carnaval, à la moitié du Carême, au jeudi de la troisième semaine entière des quarante jours de jeune.

 CARNAVAL ET CAVALCADES

L’origine étymologique du mot Carnaval viendrait du latin carne levare, signifiant « enlever la viande », ce qui se réfère à la période de jeune du Carême. En France, il se tient généralement le Dimanche Gras, le dimanche qui précède Mardi gras. Il clôture ainsi cette période de fête avant le début du Carême.

D’origine païenne, il s’inscrit dans les fêtes chrétiennes au début du Moyen-Âge, il est  étroitement encadré par l’Église qui en fixe les dates. Il s’apparente à un chaos éphémère où l’on se défoule et l’on s’autorise tous les plaisirs. En musique, les participants se masquent et se déguisent, inversent leur rôles : on échange les sexes, les codes sociaux... L’ordre imposé par l’église est renversé.

Chaque année, le carnaval est encore fêté dans de nombreux pays. Costumes, chants, danses et cavalcades, ces défilés de chars à thème, font partie intégrante de la fête.

Voir l'image en grand Carnaval de la Nouvelle-Orléans. 2017. Collection particulière.      Voir l'image en grand Carnaval de Cuba. 2017. Collection particulière.

Voir l'image en grand Carnaval de Pierrelaye. Années 80. Collection ARPE. Conseil départemental du Val d’Oise.     Voir l'image en grand Carnaval d’Argenteuil. Années 1980-1990. Collection particulière.

Voir l'image en grand Carte postale : La mi-Carême. Cavalcade du 17 mars 1912. La clique et les trompettes « La Revanche ». Viarmes. Collection ARPE. Conseil départemental du Val d’Oise.     Voir l'image en grand Carte postale : Char des Quatre-Saisons. Cavalcade 1906. Gonesse. Collection ARPE. Conseil départemental du Val d’Oise.

Les inondations de janvier 1910


Voir l'image en grand Inondations avenue Montaigne, Paris. Janvier 1910. Gallica.

Janvier 1910. La Seine déborde.

À l’échelle graduée du pont d’Austerlitz, son niveau atteint les 8,62 mètres le  28 janvier. Le Zouave du pont de l’Alma baigne jusqu’aux épaules. La crue de janvier 1910 est la seule crue centennale qu’eût connue le bassin de la Seine au XXe siècle.

Ces inondations ont été le résultat de plusieurs phénomènes météorologiques : un été particulièrement pluvieux, de fortes intempéries en janvier, et des sols saturés et gelés qui n’ont pu absorber les eaux, entraînant la forte montée du fleuve et de ses affluents.

Voir l'image en grand Carte postale : famille posant aux fenêtres du commerce dévasté après les inondations de janvier 1910. Bezons. Collection ARPE. Conseil départemental du Val d’Oise.     Voir l'image en grand Carte postale : Inondations rue de Villeneuve, Bezons. Janvier 1910. Collection ARPE. Conseil départemental du Val d’Oise.

LA CRUE DE L’OISE

L’Oise, affluent de la Seine, est elle aussi sortie de son lit : un premier pic est observé le 25 janvier, avec une hauteur de 5m29 mesurée à Venette. C’est le 03 mars qu’elle atteindra son niveau ultime, à 5m92.

Bien que moins destructrice et meurtrière que les crues précédentes, la crue de l’Oise eu des conséquences sociales et économiques importantes. Elle affecta les habitations et les voies de communication, paralysant les activités suite à la fermeture des usines inondées et la submersion des terres agricoles par les eaux pendant près de trois mois.

Ces cartes postales anciennes témoignent des dispositifs mis en place pour permettre la continuité des activités quotidiennes : transports et livraisons en barque ; passerelles de fortunes avec des planches de bois…

Voir l'image en grand Carte postale : la Place des Fêtes et le restaurant « A l’île d’Argenteuil ». Coll. ARPE. Conseil. dép. du VO.     Voir l'image en grand Carte postale : Rue Nationale. Argenteuil. Collection ARPE. Conseil départemental du Val d’Oise.

Voir l'image en grand Carte postale : la distribution des lettres. Argenteuil. Collection ARPE. Conseil départemental du Val d’Oise.     Voir l'image en grand Carte postale : les livraisons à domicile. Argenteuil. Collection ARPE. Conseil départemental du Val d’Oise.

Voir l'image en grand Carte postale : Les établissements Claparède inondés, Argenteuil. Coll. ARPE. Conseil dép.du Val d’Oise.     Voir l'image en grand Carte postale : Le Mail, Saint-Ouen-l’Aumône. Collection ARPE. Conseil départemental du Val d’Oise.    

DES CRUES REGULIÈRES

L’Oise connaît depuis toujours des épisodes de crue réguliers, se produisant surtout en hiver et au début du printemps.

Les XXème et XXIème siècles comptent par ailleurs plusieurs épisodes marquants, tels que les crues de 1993, 1995 et 2001, qui ont chacune nécessité l’évacuation de plusieurs milliers de personnes. En ce début de février 2021, le Val d’Oise est placé en vigilance jaune ; le niveau des cours d’eau reste habituel pour la saison mais la pluviométrie est à surveiller, notamment au bord de l’Epte.

Voir l'image en grand Le repère de crue de l’Oise et son panneau explicatif. Eragny-sur-Oise. 2016. Collection particulière ARPE.     Voir l'image en grand La Seine en crue à la Roche-Guyon. Mars 2001. Conseil dép. du Val d’Oise - photo Catherine Brossais.

Voir l'image en grand Les jardins du cheminot inondés lors de la crue de 1995. Eragny-sur-Oise. Conseil départemental du Val d’Oise - photo Pierre Gaudin.     Voir l'image en grand Route d’Auvers, Pontoise, recouverte par les eaux en mars 2001. Des passerelles de fortunes permettent aux habitants de se déplacer. Conseil départemental du Val d’Oise - photo Catherine Brossais.

 

Saint-Vincent


Voir l'image en grand Statue de Saint-Vincent, collection du Musée d'Argenteuil : le saint tient dans les mains une Bible et un pampre de vigne. Carte postale collection ARPE.     Voir l'image en grand Bannière de Saint-Vincent. Basilique de Saint-Denys. Argenteuil. Conseil départemental du Val-d'Oise - Photo Annick Couffy. 1991


Fêté le 22 janvier, saint Vincent de Saragosse est le patron des vignerons. On le prie pour l’abondance des récoltes, la qualité du vin et la prospérité dans son entreprise viticole. Très populaire en Espagne, son culte s’est par la suite répandu en France.

LES VIGNES D'ARGENTEUIL

La ville d’Argenteuil cultive la vigne depuis l’Antiquité, elle a été la première ville viticole de France à la fin du XVIIIe siècle. À partir de 1850, la production décline progressivement pour des raisons multiples : arrivée du chemin de fer qui permet la venue de vins du midi ; conditions climatiques défavorables ; maladies affectant les vignes, notamment le phylloxera. La Grande Guerre, qui touche durement la paysannerie, décime la dernière génération de viticulteurs Argenteuillais. Cependant, depuis 1999, Argenteuil produit chaque année une cuvée de pinot noir et une cuvée de Chardonnay, afin de perpétuer la mémoire de son passé viticole.

Au XIXe siècle, la communauté agricole, très importante, se retrouve pour célébrer la Saint-Vincent durant deux à trois jours.  Aujourd’hui, les Argenteuillais se rassemblent chaque premier week-end d'octobre pour la fête des vendanges.

« Nos ancêtres ont toujours fêté la saint Vincent. Ça permettait de réunir toutes les familles une fois par an. Les commerçants baissaient leurs rideaux de fer : c’était une véritable fête du village. Dans le temps, la tradition voulait que les gens aillent chez un vigneron, qui ouvrait son cellier et faisait déguster le vin nouveau. » Discours de Monsieur DEFRESNE, dernier vigneron d’Argenteuil, lors de la messe de la  Saint-Vincent, en la basilique Saint-Denys d’Argenteuil. Enregistrement réalisé par l’ARPE en 1996.

Voir l'image en grand Extrait des carnets de Jean-Etienne Delacroix, cultivateur, vigneron, chroniqueur et peintre amateur à Argenteuil. Commune d'Argenteuil.     Voir l'image en grand Extrait des carnets de Jean-Etienne Delacroix, cultivateur, vigneron, chroniqueur et peintre amateur à Argenteuil. © Ville d’Argenteuil.

Voir l'image en grand Statue du saint dans une niche à l’entrée du théâtre. Jouy-le-Moutier. Conseil départemental du Val-d’Oise - Photo Jean-Yves Lacôte. 1998.

LE THÉÂTRE SAINT-VINCENT, JOUY-LE-MOUTIER

Le théâtre Saint Vincent fut installé en 1811 dans une ancienne bâtisse de style baroque,  située dans le centre de Jouy-le-Moutier. Le lieu fut plus tard restauré par les élèves de Beaux-Arts, ce qui lui permit de garder son charme et son authenticité.

Le café-théâtre Saint-Vincent est tenu par la famille Cartry depuis 1900. Après l'avoir mis en gérance, la famille a repris sa gestion en 1998. Le théâtre a toujours été un lieu très animé : des fêtes, bals, mariages, distribution des prix s'y déroulaient, et un café-épicerie le jouxtait. Le lieu était fréquenté par des agriculteurs, artisans locaux, artistes en villégiature…

Aujourd’hui, le café-théâtre Saint-Vincent fait office de bistrot et a conservé son activité de théâtre, avec une programmation variée de spectacles et des évènements privés ou professionnels.

 « Le théâtre Saint-Vincent était ouvert tout le temps : les gens venaient pour discuter, prendre un verre, jouer aux cartes, faire des parties de billard... Il y avait des bals où les gens venaient danser, le samedi soir et le dimanche après-midi. Le cinéma ambulant venait faire ses représentations ici…
Un noyau d’artistes, comiques, chanteurs, peintres se retrouvait ici pour discuter et s’amuser. Certains étaient locataires ici. Fred Gouin venait souvent : il organisait des bals, il chantait… Il y avait de l’ambiance ! »

R. CARTRY. Entretien réalisé par l’ARPE en 1998.

Voir l'image en grand La salle du théâtre, du théâtre-bistrot Le Saint Vincent. Entièrement restaurée par les Beaux Arts de Paris en 1992 Conseil départemental du Val d’Oise - Photo Jean-Yves Lacôte. 1998.      Voir l'image en grand Carte postale. La rue principale de Jouy-le-Moutier. Sur la droite : l’auberge Saint-Vincent, café-restaurant et billard. Années 1900-1910. Collection particulière ARPE.

 

Le Nouvel An / la Saint-Sylvestre


Voir l'image en grand Carte de vœux pour l’année 1919, brodée aux couleurs des drapeaux alliés et envoyée peu de temps après l’armistice. Collection ARPE.

LE NOUVEL AN

En France, le premier jour de l’année n’a pas toujours été le 1er janvier !

Durant l’Antiquité romaine, l’année commençait au 1er mars, date fixée par Romulus, fondateur de Rome. C’est en -45 avant JC que l’empereur Jules César décida débuter le premier jour de l’an au 1er janvier. Il institua en -46 le calendrier julien, afin de donner aux Romains un nouveau système de mesure du temps, en se basant sur l’année solaire.

Au fil du temps, la date du premier jour de l’an connu divers changements, selon les différentes régions du monde et les époques…

Ce n’est qu’en 1564 que le roi de France Charles IX fixa le premier jour de l’année au 1er janvier, avec la promulgation de l’Edit de Roussillon. Par la suite, en 1582, le pape Grégoire XIII généralisa l’usage de la date du 1er janvier pour l’ensemble de l’Europe catholique, afin de simplifier les dates des fêtes religieuses du monde chrétien. Il remplace ainsi le calendrier julien par le calendrier grégorien, toujours en vigueur aujourd’hui, et qui est utilisé dans la plupart des pays du monde. Lors de l’institution du calendrier, le pape Grégoire XIII choisit de conserver le début de l’année au 1er janvier.

L’arrêté du Conseil d’État du 23 mars 1810 fixe le 1er janvier comme étant un jour férié légal en France.

 

LE RÉVEILLON DE LA SAINT SYLVESTRE

En Occident, il est coutume de célébrer le Nouvel An le soir du 31 décembre, en se retrouvant entre amis ou en famille : c’est le réveillon de la Saint Sylvestre.

Cette célébration fut rendue populaire dès le 19e siècle. En France, elle s’accompagne de diverses coutumes : on partage un grand repas, et, à minuit, on s’embrasse sous une boule de gui, on trinque au champagne, on prend de bonnes résolutions, on s’échange les vœux de santé, de bonheur et de réussite…

La célébration du Nouvel An tirerait ses origines des fêtes païennes de la Rome antique : les romains pensaient qu’en commençant le 1er janvier dans la joie, toute l’année serait réussie.

  Voir l'image en grand Affiche présentant le programme du réveillon de la Saint-Sylvestre, salle des fêtes d’Ezanville. 31 décembre 1950. Collection particulière.   Carte de vœux pour la nouvelle année, figurant un enfant habillé en maréchal-ferrant et un fer à cheval. Années 1910. Collection particulière.

LE FER À CHEVAL : UN PORTE BONHEUR

Le fer à cheval est un porte-bonheur très populaire, censé apporter chance et richesse à celui qui le possède. Les origines de cette croyance sont diverses : 

Au Moyen-Âge, les premiers fers à cheval étaient fabriqués à partir de fer, un métal de valeur, résistant et doté de capacités magnétiques réputées pour apporter de l'énergie au corps et chasser sorcières et démons. Le maréchal-ferrant récupérait les vieux fers pour les échanger contre de la monnaie : trouver un fer à cheval était alors synonyme de richesse.

Pour porter bonheur, le fer doit être trouvé au hasard sur la route, avec ses clous de préférence. La forme en croissant de lune est également symbole de fertilité.

Une autre origine du mythe de cet objet porte-bonheur provient d’un ancien mythe romain, selon lequel l'empereur Néron aurait ordonné à ses forgerons de poser des fers en or à ses chevaux, afin de montrer l'étendue de sa richesse à son royaume. Les méthodes de pose n'étant pas aussi efficaces qu'aujourd'hui, il arrivait que les chevaux perdent leurs fers, et que des paysans les trouvent et fassent fortune avec.

Voir l'image en grand Carte de vœux envoyée pour l’année 1912, par l’entrepreneur Pierre Coltman, aux acquéreurs du lotissement du château du Thillay.

 

Sapin et cadeaux de Noël


  Voir l'image en grand Photographie familiale à Noël. Eragny. Années 60. Collection particulière.     Voir l'image en grand Photographie familiale à Noël. Argenteuil. 1955. Collection particulière.

LES CADEAUX DE NOËL

Noël est la fête religieuse célébrant la nativité (naissance de Jésus). L'échange de présents reproduit la présentation des offrandes des trois rois mages à l'enfant divin. Dès le XVIIe siècle, Noël devient un jour dédié à la famille, tant dans l'aristocratie que chez les bourgeois et les artisans : c'est l'occasion de donner des étrennes aux enfants.

Au début du XIXe siècle, avec la révolution industrielle, Noël est de plus en plus associé à une fête commerciale dédiée aux cadeaux destinés aux enfants : c'est l'invention de la hotte pleine de jouets et des vitrines de Noël.

Voir l'image en grand Photographie familiale. Années 80. Collection particulière.      Voir l'image en grand Famille rentrant de forêt avec un sapin de Noël. Années 2000. Fotolia.

LE SAPIN DE NOËL, UNE TRADITION NORDIQUE

L'image de l'arbre comme symbole de renouveau de la vie est un thème traditionnel païen qui se retrouve dans le monde antique et médiéval. Le sapin et l'épicéa, conifères à feuilles persistantes, rappellent depuis longtemps ce symbolisme de la renaissance de la nature après le solstice d'hiver. Lors des Saturnales, les Romains décoraient leurs maisons de branches de laurier, de buis ou d'olivier et laissaient des lampes allumées pour éloigner les démons. Le culte des arbres est courant dans l'Europe païenne et survit à sa conversion au christianisme dans les coutumes scandinaves, où persiste la tradition, lors des fêtes d'hiver de Yule, de décorer la maison et la grange avec des conifères auxquels on attache des torches et des rubans de couleur, ou de suspendre des branches de sapin dans la maison pour chasser les mauvais esprits.

En France, la coutume d'installer chaque année des sapins illuminés remonterait au missionnaire saint Colomban, qui fonde, en 590, le monastère de Luxeuil au pied des Vosges. Selon la légende, le moine, le soir de Noël, il aurait accompagné quelques moines au sommet de la montagne où s'élevait un sapin séculaire, objet de culte païen. Les religieux y auraient accroché leurs lanternes et une croix à son sommet. Saint Colomban aurait ainsi converti les paysans accourus voir ce spectacle en racontant le miracle de la naissance de Jésus.

En Allemagne, dès le XVe siècle à Noël, des arbres du paradis (conifère aux feuilles persistantes décoré de boules rouges) sont dressés dans les sièges des corporations et les hôpitaux, puis, peu à peu, dans les foyers des familles bourgeoises protestantes, les familles catholiques préférant, quant à elles, leur crèche de Noël.

Cette tradition protestante se répand dans les villes comme dans les campagnes scandinaves et germaniques (les bougies en cire décorant alors les sapins étant encore coûteuses). Dès le XVIIe siècle, mais surtout au XVIIIe siècle, le décor d'hosties et de pommes de Noël est remplacé par des papillotes et des étoiles en papiers multicolores. La tradition arrive alors sur le continent américain, importée par les colons allemands.

En France, le sapin de Noël est mentionné pour la première fois en Alsace en 1492 : l'Oeuvre Notre-Dame achète neuf sapins pour les neuf paroisses de la ville pour « accueillir la nouvelle année ». Le sapin est alors davantage lié au nouvel an qu'à Noël mais les arbres étaient probablement déjà en place dans les églises lors des fêtes de Noël.

L'arbre de Noël devient une tradition profondément enracinée en Allemagne à partir du XIXe siècle (aussi bien dans les familles protestantes que catholiques). Il est à la même période progressivement adopté par la noblesse européenne : la princesse Henriette de Nassau-Weilbourg introduit l'arbre de Noël à la Cour de Vienne en 1816 ; la duchesse d'Orléans d'origine allemande, bru du roi Louis-Philippe, l'aurait introduit à la Cour de France en 1837. Elle aurait popularisé cette coutume germanique dans la bourgeoisie française, marquant le début des célébrations contemporaines de Noël centrées sur la famille.

Traditionnellement, l'arbre de Noël n'est érigé que la veille de Noël, le 24 décembre et doit être enlevé douze nuits après, pour l'Épiphanie. Dans les faits, les décorations des rues démarrent de plus en plus tôt en décembre et il n'est pas rare qu'un sapin de Noël trône fièrement jusqu'à la Chandeleur.


Voir l'image en grand Planche éducative des éditions Rossignol, n° 16 : le sapin de Noël. Années 50. Musée de l'Éducation, Saint-Ouen-l'Aumône

 

Le Père Noël : entre saint et traditions païennes


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La fête de Noël est à rapprocher des Saturnales Romaines, grandes réjouissances populaires célébrant le solstice d'hiver, le retour à la lumière et la naissance du soleil. Lors de ce rite antique, on organisait des repas, on échangeait des cadeaux, on offrait des figurines aux enfants et on plaçait des branchages persistants, symbole de renaissance, dans les maisons.

Au moyen âge, le souvenir de ces célébrations païennes se confond au culte de saint Nicolas. Selon sa légende, Nicolas aurait ressuscité trois enfants découpés par un horrible boucher. Il est alors naturellement fêté, le 6 décembre, comme le saint protecteur des tout-petits.

Son culte se développe principalement dans les pays d'Europe du Nord et de l'Est. En France, il est fêté particulièrement dans l'Est de la France, où il est toujours très présent notamment en Alsace, à Metz, et à Nancy.

Conséquence de l'immigration et des guerres, les traditions s'exportent : Après la guerre de 1870, 200.000 Alsaciens et Lorrains quittent leur région pour s'installer dans les régions plus au centre et notamment en région parisienne. Ils apportent avec eux la fête de saint Nicolas et le sapin de Noël. Saint Nicolas est alors représenté en vêtement d'évêque, muni d'une crosse épiscopale, allant de maison en maison pour offrir des cadeaux aux enfants sages. Au XVIe siècle, la légende s'enrichit du personnage du père Fouettard qui punit les enfants désobéissants (selon certaines traditions, celui-ci serait en fait le boucher de la légende).

DE SAINT NICOLAS À SANTA CLAUS

Au moment de la Réforme, les protestants luthériens, qui rejettent le rôle patronal des saints, remplacent saint Nicolas par l'enfant Jésus (le Christkind allemand). Aux Pays-Bas, saint Nicolas se transforme après la Réforme en un personnage semi-laïc, Sinter Klaas. Au Canada, les francophones catholiques utiliseront longtemps le personnage de l'enfant Jésus, alors que Santa Claus se charge de distribuer des cadeaux aux petits anglophones. Au XVIIIe siècle, les souverains allemands entament un processus de laïcisation : les figures chrétiennes sont remplacées par d'anciens symboles germaniques. C'est le retour du petit peuple des fées, des elfes et du vieil homme de Noël (le Weihnachtsmann) qui distribue en traîneau des sapins décorés de cadeaux.

Le 23 décembre 1823, le journal américain Sentinel publie le poème anonyme A Visit from St. Nicholas, dans lequel le saint est présenté comme un lutin sympathique, dodu et souriant, qui distribue des cadeaux dans les maisons et se déplace sur un traineau volant tiré par huit rennes nommés : Fougueux (Dasher), Danseur (Dancer), Fringant (Prancer), Rusé (Vixen), Comète (Comet), Cupidon (Cupid), Tonnerre (Donder) et Éclair (Blitzen).

Ce poème a joué un rôle très important dans l'élaboration du mythe actuel du père Noël.

 

Voir l'image en grand Chromolithographies du Père Noël. Années 1890-1900. Collection particulière.

 

HABITS ROUGES ET BARBE BLANCHE ?

L'imagerie française le présente, vers 1870-1890, en vieil homme habillé d'un manteau principalement vert et parfois bleu, mais aussi rouge, couleur associée à l'habit ecclésiastique.
L'idée fausse selon laquelle le père Noël aurait été dessiné par la compagnie Coca-Cola dans les années 1930 circule. Même si la marque a contribué à populariser l'image du père Noël à travers ses publicités, elle ne l'a pas inventé.

Depuis le début du XXe siècle, cette fête se laïcise et n'est plus l'apanage des chrétiens.

 

PETIT PAPA NOËL

Après la Seconde Guerre mondiale, la chanson Petit Papa Noël (1946), écrite en hommage aux enfants dont les pères étaient absents du fait de la guerre est interprétée par Tino Rossi. Elle devient une chanson culte.

Voir l'image en grand Chromolithographie du Père Noël. Années 1890-1900. Collection particulière.

 

 

   Voir l'image en grand Photographie familiale à Noël. Saint-Ouen-l'Aumône. Années 50. Collection particulière.

Paysages d'automne et d'hiver


Le mois de décembre marque la fin de l’automne, et le début de la transition vers l’hiver : les couleurs rouges laissent place aux paysages enneigés et aux arbres dénudés.

C’est aussi l’occasion de s’adonner aux activités hivernales, telles que la luge ou le patin à glace…

Voir l'image en grand Carte postale figurant une femme avec des grappes de raisin, allégorie de l'automne et des vendanges.1910-1920. Collection particulière.  

Voir l'image en grand Carte publicitaire. Patinage à Saint Denis. 1890-1900. Collection particulière.

Voir l'image en grand Château de Méry-sur-Oise et son parc en automne. 2007. Conseil départemental du Val d'Oise Photo : Armelle Maugin

Voir l'image en grand Cergy, automne sur la ville nouvelle. 1995. Conseil départemental du Val d'Oise - Photo : Laurent Baude et Catherine Brossais.

Voir l'image en grand Châtaigneraie de Montmorency en automne. 2004. Conseil départemental du Val d'Oise - Photo : Armelle Maugin.

 

Voir l'image en grand Carte postale : Beaumont-sur-Oise sous la neige. 1900-1910. Collection ARPE. Conseil départemental du Val d’Oise.

Voir l'image en grand Carte postale : L’Isle-Adam. La plage en toilette d'hiver. 1921. Collection ARPE. Conseil départemental du Val d’Oise.

Voir l'image en grand Patinage sur le lac gelé d’Enghien-les-Bains. 1900-1910. Collection ARPE. Conseil départemental du Val d’Oise.

 

La chasse


« La chasse c’est rudement important parce que c’est ce qui permet de maintenir l’équilibre entre la flore et la faune. Par exemple, si on avait trop d’animaux on pourrait remettre en cause la forêt. S’il n’y en avait pas, on pourrait remettre en cause certains lieux.

Les chasseurs ont un plan de chasse, que nous faisons. On réalise des Indices Kilométriques d’abondance. On relève matin et soir le nombre d’animaux sur un parcours donné, pour pouvoir évaluer aux 100 hectares. Et de là on fait des plans de chasse : le chasseur a droit à tant de bracelets pour tuer. Par exemple, ici on a du chevreuil. Le chevreuil est bagué, c’est-à-dire qu’il a 10 bracelets de chevreuil, on ne peut pas en tuer plus sinon c’est du braconnage. »

Agent de l’ONF. Entretien réalisé par l’ARPE en 2011.

Voir l'image en grand Tableau de chasse à la ferme de la Ville de Paris, la Haute Borne, Méry-sur-Oise. Collection particulière. Années 30.       Voir l'image en grand Image publicitaire pour la chicorée, évoquant la chasse. Extrait d'un album de chromolithographies. Collection ARPE. CD du Val d’Oise.

« Moi je ne suis pas chasseur mais j’organisais des chasses fabuleuses ! Ici, le fermier avait le droit de chasse. Il y avait beaucoup de perdreaux, des bécassines, des bécasses dans les bois. Du lièvre par contre, on n’en avait pas. Mais des faisans, nous on est plein de faisans !Aujourd’hui il y a beaucoup moins de gibier,avec le maïs ça diminue. Les cultures maraîchères variées, c’était très favorable au gibier. Et puis en agrandissant les parcelles, vous supprimez le gibier. Le gibier se tient toujours sur les bordures. Vous ne trouverez jamais de nid en plein milieu des champs. »

Ancien fermier, la Haute-Borne. Entretien réalisé par l’ARPE en 2000.

Voir l'image en grand Carte postale : chasse à courre en forêt de l’Isle-Adam, avant la curée. Collection particulière.         Voir l'image en grand Carte postale : la meute du prince Murat lors de la Saint-Hubert. Presles. 1906. Coll. ARPE. C. dép du VO.

 

Saint-Nicolas


Saint Nicolas est fêté le 6 décembre. C’est le saint patron des enfants : la légende raconte que l’évêque aurait ressuscité trois enfants tués par un boucher et mis dans un saloir.

C’est aussi le patron de nombreuses autres corporations, telles que les bateliers ou les mariniers. Ainsi, à La Frette-sur-Seine, l'importance du trafic fluvial explique que l'église, édifiée au XIIe siècle le long du chemin de halage, lui soit dédiée.

Comme Sainte-Catherine l’est pour les jeunes filles, Saint-Nicolas est aussi le patron des garçons célibataires ayant dépassé 30 ans,  « mariant les filles avec les gars » selon un dicton populaire.

Voir l'image en grand Carte postale colorisée, envoyée pour la Saint-Nicolas en 1908. Collection ARPE. Conseil départemental du Val d’Oise.

Voir l'image en grand Repas de Saint-Nicolas : les amis rassemblés fêtent l’anniversaire de l’un d’entre eux, encore célibataire à 30 ans passés. 1956. Collection particulière.

Voir l'image en grand Église Saint-Nicolas, La Frette. Conseil départemental du Val-d'Oise - Photo Isabelle Lhomel. 2010.        Voir l'image en grand Les grands saints des petits enfants : légendes en images / par Et. Moreau-Nélaton, 1896. Gallica.

La betterave sucrière

Voir l'image en grand Paquet de sucre raffiné Say. 1900-1910. Collection particulière.     Voir l'image en grand Affiche publicitaire pour la Potasse d'Alsace. Collection particulière.

 

Pendant 150 ans, la betterave a façonné les paysages de l’actuel Val d’Oise, les cheminées de briques des sucreries et distilleries jaillissant des plateaux du Vexin et des plaines du Pays de France.

« Pour avoir beaucoup de sucre, une betterave, il ne faut pas qu’elle soit très grosse mais assez haute. En effet, plus la betterave qui a grossi avec la pluie est grosse, plus il y a d’eau dedans. Tandis que si vous avez une betterave haute, c’est qu’elle a manqué d’eau au début ; alors elle a cherché la fraîcheur, la racine descend. Et c’est bon parce que le sucre est dans la racine ! »

Ancien employé de la sucrerie, Us. Entretien réalisé par l’ARPE en 1995.

Voir l'image en grand Arrachage des betteraves, Gouzangrez 1938. Collection particulière.      Voir l'image en grand Ramassage des betteraves, Frouville vers 1968. Collection particulière.

« En 1930, ils grattaient encore la betterave à la main. C’est là que venaient les Bretons pour arracher les betteraves, les Belges, les Polonais puis ensuite les Italiens, les Espagnols… A partir de 1950 on va dire, ça s’est mécanisé tout doucement. »

Ancienne employée à la sucrerie de Goussainville. Entretien réalisé par l’ARPE en 1995.

 

« Maintenant même les gros agriculteurs font arracher par un entrepreneur. Les machines c’est trop cher…. Les arracheuses, c’est énorme en prix. Puis ça travaille que septembre, octobre, novembre. Mais les gars, ils font 12h à la file ! »

Agriculteur, Fontenay-en-Parisis. Entretien réalisé par l’ARPE en 2018.

Voir l'image en grand Tas de betteraves. Conseil départemental du Val-d'Oise - Photo Jean-Yves Lacôte. 1997.      Voir l'image en grand Cheminée et bascule de l’ancienne distillerie de Gouzangrez, fermée en 1955. Conseil dép. du Val d'Oise - Photo Pierre Gaudin. 1995.      Voir l'image en grand Betteraves en tas au bord d’un champ. Conseil départemental du Val-d'Oise - Photo Jean-Yves Lacôte. 1997.

« Les cultivateurs mettaient les tas de betteraves sur le bord des voies et une petite grue, les chargeait dans les wagons jusqu’à la sucrerie. Les hommes qui chargeaient pour la sucrerie étaient « à tâche » : payés à la tonne. Vous aviez des cultivateurs qui livraient leurs betteraves eux-mêmes avec des chevaux et des tombereaux. Après y’a eu les camions. »

Ancien agriculteur, Villeron. Entretien réalisé en 1991.

Voir l'image en grand Carte postale : ancienne sucrerie de Us. Collection ARPE. Conseil départemental du Val d’Oise.      Voir l'image en grand Carte postale : la sucrerie de Goussainville, mise en place en 1905 et fermée en 1985. Coll. particulière.

« Les charrois des betteraves se faisaient par des petites voies de chemin de fer, des voies privées de 60 cm de large…. Les Decauville, c’était des petites machines à vapeur qui emmenaient 10 wagons de 7-8 tonnes de betteraves à la sucrerie. Les types faisaient 2 voyages par jour : ils amenaient des wagons vides, ils remmenaient des wagons pleins. »

Ancien agriculteur, Mareil-en-France. Entretien réalisé par l’ARPE en 1995.

« Durant la campagne sucrière, l’usine fonctionnait 24 heures sur 24. « La campagne sucrière commençait à la Saint-Michel, le 29 septembre. Il fallait finir avant le gel, parce qu’on savait que la dernière semaine de novembre, il y avait du gel. Or, la betterave se conserve 3 semaines après le gel. Au bout de 3 semaines, on ne peut pratiquement plus travailler les betteraves congelées ; c’est une perte totale. Donc il fallait  terminer la campagne avant le 20 décembre. C’était une lutte contre la montre ». 

Ancien directeur de la sucrerie de Goussainville. Entretien réalisé par l’ARPE en 1995.

 

Saint-Éloi


Voir l'image en grand Fêté le premier décembre, Eloi est le saint patron des métiers liés au travail du métal – maréchal-ferrant, charretier, forgeron, ferblantier, ferronnier, bourrelier, chaudronnier, serrurier, coutelier, orfèvre, carrossier, mais aussi mécanicien et garagiste. Né près de Limoges vers 588, il apprend le métier d’orfèvre et devient maître de la Monnaie auprès du roi Clotaire, puis conseiller de son fils Dagobert. Il soulage les malheureux et accomplit des miracles. Ordonné prêtre, il devient évêque de Noyon-Tournai, fonde des monastères et meurt le 1er décembre 659.

Au pied de la statue, une enclume sur laquelle repose un pied de cheval évoque la légende du pied coupé : Éloi, ayant un cheval rétif à ferrer, coupa le pied de l’animal à la hache, le ferra puis remit la patte en place. C’est pourquoi il est invoqué comme saint guérisseur, notamment pour les fractures provoquées par un coup de pied de cheval.

En Val d’Oise, des statues du saint, figuré en évêque-forgeron, avec crosse, marteau et enclume, sont visibles dans les églises de Chérence, Genainville,  Mériel, Roissy, Santeuil, Saint-Clair-sur-Epte. Un vitrail de l’église de Pierrelaye représente également  le saint.

 

Le Bon Roi Dagobert

Cette fameuse chanson, dont il existe de multiples versions enfantines ou paillardes, a popularisé saint Éloi. Les paroles auraient été écrites pour ridiculiser la royauté, des auteurs anonymes ajoutant les couplets moqueurs au fil des siècles et des évènements. Sous le personnage du roi Dagobert se cacheraient ainsi ses descendants, puis les rois Louis XIV, Louis XVI, enfin Napoléon I°.

Le bouquet de Saint Éloi

Ce bouquet est constitué de fers à chevaux, mulets, ânes, poneys ou bœufs, et de fers orthopédiques, montés sur des tiges tels des fleurs et disposés en éventail. Le bouquet peut être surmonté d’une couronne de lauriers, d’une figure du saint et décoré de scènes champêtres. Ce Chef d’Œuvre, qui figure le savoir et l’habileté du compagnon maréchal revenu de son Tour de France, est généralement utilisé comme enseigne.

Voir l'image en grand Image publicitaire illustrant la chanson Le bon roi Dagobert. Extrait d'un album de chromolithographies. Collection ARPE. Conseil départemental du Val d’Oise.

Voir l'image en grand Bouquet de Saint-Eloi, Wy-dit-Joli-Village, réalisé par Claude Pigeard, avec des fers à cheval. Conseil départemental du Val d'Oise - Photo Catherine Brossais. 2010.

Voir l'image en grand Médaille de Saint Eloi en bronze, signée P. Cochet. Delcampe.     Voir l'image en grand Cyril Badet Tableau figurant Saint-Eloi en évêque. Église de Théméricourt. Photo Cyril Badet. D.R.

Sainte-Catherine


Le 25 novembre, on fête sainte Catherine d'Alexandrie, mais également « les Catherinettes » : les jeunes filles célibataires de 25 ans. Dans le milieu de la couture et de la mode, où la tradition s’est maintenue longtemps, la journée prenait un aspect festif. Les Catherinettes arboraient de grands chapeaux, confectionnés par leurs collègues et décorés d’objets symboliques ; les couleurs traditionnelles de la coiffure étant le jaune et le vert. Aujourd’hui, l’expression « coiffer sainte Catherine » subsiste pour les jeunes femmes encore célibataires à 25 ans.

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Voir l'image en grand Chapeau de Catherinette réalisée pour une jeune femme du Conseil. dép. Photo Pierre Gaudin - CD du Val d'Oise. 1997.        Voir l'image en grand Carte postale : "Guerre au célibat. Plus de vieilles filles. Faites votre choix Mademoiselle" Collection ARPE. Conseil départemental du Val d’Oise.

Voir l'image en grand Gallica Catherinettes devant la boutique du 23, place Vendôme en 1922. Gallica.

À la Sainte Catherine, tout bois prend racines. C'est le 25 novembre 2019 que le SMAPP, syndicat mixte en charge du projet, et ses partenaires ont réalisé les premières plantations de la forêt métropolitaine du Grand Paris. Ce nouveau massif forestier de 1.350 ha, créé sur un ancien site d’épandage des eaux usées brutes de l’agglomération parisienne, va transformer l’image et l’usage de ce territoire. La nouvelle forêt constituera un maillon de la ceinture verte régionale, contribuera à la lutte contre le réchauffement climatique et offrira un espace de loisirs aux habitants.

 

Voir l'image en grand Conseil départemental du Val-d'Oise - Photo Catherine Brossais. 2019.

  Voir l'image en grand Conseil départemental du Val-d'Oise - Photo Catherine Brossais. 2019.