Les archives des expositions

Laura Ellen Bacon "Chaque Fibre de Mon Être"

CDVO / Catherine BrossaisExposition du 2 mai au 28 août 2022

Née en 1976, Laura Ellen Bacon vit dans le Derbyshire, en Angleterre. Depuis vingt ans, elle travaille l’osier à grande échelle. Trompeuses, ses sculptures s’immiscent dans la nature ; ou bien elles rampent, grimpent et s’épanouissent sur les moulures d’une architecture.

À l’Abbaye de Maubuisson, l’osier noué ou tressé répond aux formes gothiques. Dans le parloir, les tiges de saule prolifèrent en boucles aériennes et s’élancent jusqu’à envelopper le spectateur. Dans la salle des religieuses, une sculpture haute et dense prend racine dans le sol et s’y étire comme un être vivant. Si les œuvres ont la puissance de la nature, elles donnent aussi corps à la présence passée des sœurs : ici, les propos qui s’entrecroisent sans fin, là, la minutie et la concentration des travaux d’aiguille évoqués par l’osier finement tressé. Monumentales et mystérieuses, les œuvres nous invitent à la méditation. Une série de dessins abstraits, au fusain, accompagnent, avec leurs lignes et leurs hachures spontanées, les formes libres et noueuses des sculptures.

Etienne Charry "Catalogue présente : Clotaire and Friends"

Etienne CharryExposition du 19 mars au 03 avril 2022

Étienne Charry, compositeur et plasticien, a créé le label de musique "Catalogue" comprenant une centaine d’artistes inventés. Si les artistes de ce label sont imaginaires, leurs musiques et les images qui les accompagnent sont bien réelles. De fil en aiguille, il leur attribue un nom, une identité visuelle et parfois même les fait exister réellement le temps d’un spectacle qui sera filmé dans les conditions d’une émission télévisée. Ces « incarnations » en public amènent Étienne Charry à imaginer des costumes, des instruments de musique, des chorégraphies et mille autres choses. Tout cela prend la forme d’un label de musique mais il s’agit en réalité d’un univers multicolore, visuel et sonore en expansion.

Pour l’Abbaye de Maubuisson, Étienne Charry transforme la salle du chapitre en plateau de télévision. Cinq artistes inventés du label imaginaire Catalogue vont se produire en chair, en os et en public. Ce spectacle / performance unique prendra la forme d’une émission de variété au cours de laquelle, chacun des cinq groupes et artistes interprétera pour la première fois son plus grand succès sous les caméras d’une équipe de télévision professionnelle qui immortalisera à jamais cette prestation. Comme lors d’un véritable tournage télévisuel, le public présent sera invité à jouer son propre rôle… de public.

Vous pourrez découvrir les très singuliers et néanmoins enthousiasmants artistes inventés : Paul Position, Sleepy Observers, Clotilde, The Photons et Vagabond. L’émission sera présentée par Clotaire. Décor somptueux, costumes surprenants, musiques et chorégraphies réjouissantes et humour seront au rendez-vous.

Rachel Labastie "Les Eloignées"

Exposition du 3 octobre 2021 au 27 février 2022

Rachel Labastie travaille une argile crue qui ne sèche pas, la porcelaine, le marbre, la terre cuite, pour donner forme à des projets où la notion de « corps social » est souvent explorée, confrontée à celle de « trajectoire individuelle ».

À l’Abbaye de Maubuisson, ancienne abbaye cistercienne du XIIIe siècle devenue centre d’art contemporain, l’artiste a choisi d’évoquer les conditions de vie de deux communautés de femmes exclues de la société́ au XIXe siècle. Les « reléguées de Guyane », des femmes condamnées pour petite délinquance et envoyées en Guyane, alors colonie française, pour s’unir à des forçats. À leur arrivée en Guyane, les reléguées sont ainsi confiées aux sœurs de l’abbaye de Saint Joseph de Cluny. Surveillantes et surveillées partageaient de mêmes conditions d’éloignement et d’internement. Île, prison, abri, l’abbaye devient dans le projet artistique de Rachel Labastie un lieu ambivalent où se met en scène un ensemble de récits évoquant l’exil forcé, le voyage de femmes tragiquement dévoyées, la transformation des corps, entre résistance et sacrifice.

A l’abbaye, des mains unies en un geste de prière figées dans la paraffine et l’argile s’exposent, une longue entrave en porcelaine serpente au sol, une grande proue de bateau de forme féminine en bois sculpté et en porcelaine se dresse, un grand retable dont la surface modelée en argile représente un calice s’ouvre et des portraits de femmes réalisés pareils à des camées en porcelaine ponctuent l’exposition Les Éloignées.

Denses ou fragiles, précieux ou crus, les matériaux choisis par Rachel Labastie traduisent par l’usage qu’elle en fait l’ambivalence de sujets complexes, ils évoquent de manière sensible la tension des corps exploités, leur vulnérabilité, mais aussi leur dignité inaliénable. Par un patient travail qui a conjugué enquêtes de terrain, recherches historiques et iconographiques sur plusieurs années, Rachel Labastie tire de la nuit ces femmes oubliées.

Ângela Ferreira "Indépendance Cha Cha"

CDVO / Catherine BrossaisExposition dans la grange de l'Abbaye de Maubuisson du 4 juillet au 25 septembre 2021

L’exposition "Ângela Ferreira, structures et gestes — Indépendance Cha Cha & #BucketsystemMustFall" se déploie sur deux sites : l’Abbaye de Maubuisson et Ygrec-ENSAPC, centre d’art contemporain situé à Aubervilliers.

Dans la grange de l’Abbaye de Maubuisson, Ângela Ferreira nous invite à découvrir «Indépendance Cha Cha», une installation de grande taille mêlant architecture, vidéo, photographies et collages. Empruntant sa forme moderniste à celle de la façade d’une station service de la fin des années 1950 dans le centre de Lubumbashi, cette sculpture sert également de support de projection pour deux vidéos.

La première vidéo documente une performance organisée par l’artiste lors de la biennale de Lubumbashi, dans laquelle deux chanteurs présentent deux poèmes/chansons “Je vais entrer dans la mine” chantés en kibembe. Les paroles nous décrivent un homme forcé de travailler à la mine et écrivant à sa mère sa peur de mourir.

Dans la seconde vidéo, qui donne son titre à l’œuvre, le groupe musical de l’Hôtel du Parc de Lubumbashi interprète «Indépendance Cha Cha» un hymne emblématique du mouvement d’indépendance francophone africain dans les années 60 écrit par le musicien congolais Joseph Kabasele à Bruxelles pendant la nuit où un accord a été trouvé sur l’indépendance des pays africains entre le gouvernement Belge et une délégation congolaise.

En interaction avec cette large sculpture est présentée une série de collages qui incluent des photographies et différents documents relatifs aux événements présentés dans les vidéos.

Partenariat avec L'École nationale supérieure d'arts de Paris-Cergy et le centre d'art Ygrec-ENSAPC.

Cette exposition est présentée dans le cadre et avec le soutien de l’Été culturel en Île-de-France. Elle a reçu le parrainage et le soutien de la Fondation Calouste Gulbenkian - Délégation en France, et le soutien du Centre culturel portugais à Paris.

"Inquiétances des temps"

CDVO / Catherine Brossais

Exposition du 25 avril au 29 août 2021

Une proposition de Pascale Cassagnau

Avec les oeuvres de Basma Alsharif, Lamine Ammar-Khodja, Marwa Arsanios, Mali Arun, Marcos Avila Forero, Yael Bartana, Éric Baudelaire, Louidgi Beltrame, Guy Ben-Ner, Wang Bing, Shirley Bruno, Filipa César, Jordi Colomer, Willie Doherty, Olivier Dollinger, Harun Farocki, Dora Garcia, Joanna Grudzinska, Joana Hadjithomas et Khalil  Joreige, Salomé Lamas, Florence Lazar, Randa Maroufi, Gordon Matta-Clark, Deimantas Narkevicius, Jhafis Quintero, Naufus Ramirez-Figueroa, Dania Reymond, Allan Sekula, Albert Serra, Hito Steyerl, Ana Vaz, Olivier Zabat

Du 25 avril au 29 août 2021, l’Abbaye de Maubuisson vous propose un parcours à travers la collection vidéo du Centre national des arts plastiques. L’exposition Inquiétances des temps, présente une sélection de 60 films mettant en perspective des générations, des origines, des géographies, des histoires sous des formes narratives extrêmement variées. Cette exposition, cartographie du temps, questionne notre monde contemporain. 

L’exposition Inquiétances des temps est déployée en cinq chapitres successifs — cinq plateaux — qui exposent et déclinent des formes de résistance, « d’inquiétance». Chaque plateau s'accompagne d'un épisode d'Hors-Champ de l'historien de l'art Hugo Martin et d'une projection spéciale. L'exposition se diffuse en ligne et s’affiche également in situ.

Charlotte Charbonnel "Geoscopia"

Charlotte Charbonnel Les Chants de Malodunum (c) CDVO Catherine BrossaisExposition du 13 septembre 2020 au 16 mai 2021

Charlotte Charbonnel est une artiste intéressée par l’énergie contenue dans la matière. Elle sonde notre environnement pour en faire surgir, entre autres, les forces naturelles et nous en faire ressentir les flux. À l’écoute du monde, elle a exploré et transmis la vibration acoustique des lieux où elle a été invitée à exposer.

Ainsi choisit-elle de nous faire écouter les « chants de la terre » de l’Abbaye de Maubuisson en puisant dans ses sous-sols. Par l’entremise d’un savant appareillage, le dispositif qui les capte en amplifie la résonance et permet également leur circulation dans l’espace d’exposition. D’autres dispositifs placés à l’extérieur de l’abbaye prélèvent également les énergies contenues dans l’atmosphère qui s’unissent à ces vibrations souterraines. Charlotte Charbonnel transpose ces énergies mêlées en une trajectoire sensorielle, des éléments visuels et sonores qui se déploient depuis la salle du parloir jusqu’aux anciennes latrines.

Elle nous fait ainsi progressivement remonter à la source sonore brute qu’elle n’aura cessé de conduire, de moduler et de nous faire traverser, à l’appui des qualités architecturales de l’Abbaye devenue caisse de résonance d’un « chant de la terre » qui la supporte.

"Pro Liturgia : ordinatrices du temps présent"

Exposition du 17 novembre 2019 au 29 mars 2020

Principalement portée par des artistes femmes issues des arts contemporains numériques, l’exposition invite à une méditation sur l’influence de la technologie dans notre quotidien. Pour cette proposition collective, l’Abbaye de Maubuisson a confié le commissariat de l’exposition à Julien Taïb. L’occasion d’une collaboration au croisement des arts, des sciences et des technologies. Sept oeuvres, déployées dans les différents espaces de l’Abbaye de Maubuisson, offrent aux visiteurs une réflexion sur l’équilibre entre l’homme et la machine, la nature et l’artifice, le matériel et l’immatériel.

Cécile Babiole et Jean-Marie Boyer, Cécile Beau, Marie-Julie Bourgeois, Félicie d’Estienne d’Orves, Laura Haie et le collectif Iakeri (Alice Guerlot-Kourouklis, Jimena Royo-Letelier, Aneymone Wilhelm)

Commissariat : Julien Taïb

Julien Colombier "Electric Ladyland"

CDVO / Catherine BrossaisExposition du 19 mai au 13 octobre 2019

Peintre autodidacte né en 1972, Julien Colombier travaille essentiellement au pastel gras, à la craie et à l’acrylique sur fond noir. Il conjugue son art du dessin avec un savant mélange d’audace et de talent de coloriste qu’il met au service de motifs obsessionnels. L’univers artistique de Julien Colombier, inspiré d’un monde végétal luxuriant, est éminemment graphique. Ses motifs composent des fragments de paysages colorés peuplés de jungles ou de forêts tropicales qui jouent avec les limites de la figuration et du décoratif. L’artiste répète ses motifs géométriques et végétaux créant des « environnements » organiques hypnotiques. Ses œuvres représentent un monde sans homme, d’avant ou après sa disparition. Mis en abîme, l’univers graphique de l’artiste devient alors un espace de projection dans lequel le visiteur déambule et s’égare.

Patrick Neu "Échos"

Exposition du 7 octobre 2018 au 17 mars 2019

Les œuvres de Patrick Neu font appel à des gestes d’une grande précision : confectionner une tunique à partir de milliers d’ailes d’abeilles ; reproduire une armure de samouraï en cristal ; dessiner à la pointe sur de la suie déposée sur du verre ; tisser un voile en cheveux naturels ; des gestes méticuleux et fastidieux que l’artiste répète et qu’il accomplit souvent seul dans le secret de son atelier. L’extrême concentration et la minutie qu’impliquent ses œuvres, caractérisent l’ensemble du travail de Patrick Neu. Il s’oriente vers une certaine difficulté et choisit des matériaux qui nécessitent maîtrise et dextérité. Patrick Neu détourne des savoir-faire traditionnels et des matériaux pour un usage insolite. L’artiste oppose la fragilité des matériaux à la force que représentent les objets en transgressant les codes. Il interroge l’impermanence et la fragilité de la vie.

Hicham Berrada "74 803 jours"

© Conseil départemental du Val-d'Oise. Photo Catherine BrossaisExposition du 8 octobre 2017 au 24 juin 2018

Hicham Berrada place la nature et le paysage au cœur de son projet d'exposition en s’appuyant sur une pratique à mi-chemin entre l’art et la science. Ses productions prennent la forme d’installations, de vidéos et de performance à l’occasion de "Nuit Blanche 2017". À travers elles, l’artiste questionne l’évanescence, la fragilité et la beauté d’une nature soumise au passage du temps. Le temps est un composant présent dans chacune de ses oeuvres. Hicham Berrada s’amuse avec cet élément qu’il étire ou au contraire accélère pour faire vivre au visiteur une expérience physique et contemplative. Ces installations sont tout autant de paysages chimiques en constante évolution, rythmant l’exposition de plusieurs images d’une nature en mouvement où il est notamment question de l’épreuve du temps et de la conservation.

Stéphane Thidet "Désert"

Stéphane Thidet, Un peu plus loin (c) Photo Catherine Brossais - Courtesy de l'artiste et des galeries Aline Vidal et Laurence BernardExposition du 11 novembre 2016 au 27 août 2017

À la fois sombre et émerveillé, le monde de Stéphane Thidet offre des visions distordues de la réalité imprégnées de fiction et de poésie. Son travail tient à la fois de la sculpture et de l’installation. Depuis le milieu des années 1990, le lien avec les matériaux bruts traverse tout le travail de Stéphane Thidet et ici, particulièrement. Pour son exposition à lAabbaye de Maubuisson, Stéphane Thidet a pensé trois œuvres contextuelles. Ses nouvelles productions ont pour point commun leur rapport au paysage, au géologique et à une idée de l’épure en écho à cet ancien monastère cistercien.

Régis Perray "L’abbaye fleurie"

© Conseil départemental du Val-d'Oise. Photo Catherine BrossaisExposition du 4 octobre 2015 au 26 juin 2016

Présent sur la scène de l’art contemporain depuis plus de quinze ans, Régis Perray (né en 1970 à Nantes) a toujours aimé travailler la question des lieux. Sa pratique de l’in situ fait désormais référence. Régis Perray présente à l’Abbaye un ensemble de six oeuvres inspirées du motif floral. Ce dernier constitue le fil rouge de l’exposition : vaisselle peinte à la main, fleurs découpées dans du papier peint, azuleros, fleurs marquetées ou sculptées. Cet élément décoratif est un hommage aux anciennes occupantes de cette abbaye.

Ken + Julia Yonetani "Un autre rêve"

Photo Ken + Julia Yonetani

Exposition du 26 novembre 2014 au 30 août 2015

Après avoir exposé en 2009 à la Biennale de Venise et en 2013 à la Biennale de Singapour, investissent et réenchantent les espaces de l’ancienne abbaye avec des sculptures éminemment séduisantes et innovantes. Mais derrière la beauté de ces oeuvres se cachent une réalité sombre et inquiétante et un propos engagé en faveur de notre planète.

Kôichi Kurita "Mille terres mille vies"

© Conseil départemental du Val-d'Oise. Photo Catherine BrossaisExposition du 12 mars au 5 octobre 2014

Du 12 mars au 5 octobre 2014, l’Abbaye de Maubuisson poursuit son programme d’expositions monographiques en invitant Kôichi Kurita, artiste japonais. Son matériau de prédilection est la terre qu’il collecte depuis les années 1990. La première poignée de terre fut celle de son jardin à Yamanashi. Depuis, l’artiste est engagé dans une démarche unique et remarquable : faire de sa vie un voyage et constituer une Bibliothèque de terres. Chaque fragment de terre est minutieusement répertorié, séché, épuré des matières organiques, concassé, parfois tamisé pour obtenir la finesse du pigment. Matière première de ses oeuvres, la terre est multiple, bigarrée à l’image de notre monde, mais jamais échelonnée. De cette diversité naissent des assemblages de couleurs aux géométries variables.

Les Frères Chapuisat "Le Buisson Maudit"

Photo Catherine BrossaisExposition du 20 mars au 3 novembre 2013

Les Frères Chapuisat se saisissent régulièrement de grands espaces dont ils proposent des interprétations renouvelées. C’est également le cas, ici à l’Abbaye de Maubuisson, ancienne abbaye cistercienne du XIIIème siècle, où les artistes mettent en exergue la dimension historique et l’ancienne fonctionnalité des espaces de l’abbaye, et en donnent, salle après salle, une lecture qui leur est propre. Ils s’emparent des salles abbatiales sur un mode invasif dans une logique d’occupation totale. Leur intervention prend la forme d’une construction en bois labyrinthique sur pilotis que le visiteur est invité à pratiquer et à expérimenter.

Vincent Lamouroux "Néguentropie"

Photo Typhaine LouargantExposition du 4 juillet au 19 novembre 2012

Par sa pratique de la sculpture, Vincent Lamouroux se saisit régulièrement de grands espaces dont il propose des interprétations renouvelées. Il utilise les relations entre l’espace et le temps comme matériaux et comme fondement même de son œuvre. Entre architecture et sculpture, le travail de Vincent Lamouroux procède d'une conception de la sculpture élargie au champ entier de l'espace réel. S'adressant à un imaginaire moderniste qui brasse aussi bien les attractions populaires, les utopies architecturales et technologiques modernes que la culture visuelle des avant-gardes, les environnements de Vincent Lamouroux produisent un bouleversement sensoriel. Pour son exposition personnelle à l'Abbaye de Maubuisson, Vincent Lamouroux invite le spectateur à une déambulation métaphysique dans un environnement où le temps semble suspendu. Des masses de sable informes envahissent l’espace : autant de résidus potentiels faisant référence à l’érosion naturelle de l’abbaye, à la ruine de l’édifice en son sein.

Emmanuelle Villard "Artifici finti #2"

Exposition du 30 novembre 2011 au 28 mai 2012

Il y a dans l’œuvre d’Emmanuelle Villard une double invitation : l’entrée dans l’épreuve et la jubilation esthétique de la peinture, et en même temps l’ouverture de la peinture abstraite à des problématiques contemporaines - la consommation de l’image, le corps, l’intime, la féminité, la mascarade, la séduction... Là où de nombreux artistes contemporains s’engouffrent dans la photographie et la vidéo pour verser dans l’exhibition intimiste ou la figuration spectaculaire du corps, Emmanuelle Villard préfère tramer à la surface de la toile de possibles parures ou accidents du corps, questionner la validité actuelle de la peinture, motiver un devenir femme dans le vivant et la création artistique. Ici la peinture sort de son cadre : sculpture, installation, photo... Différentes séries prolifèrent et s'entrecroisent dans les accrochages. Emmanuelle Villard propose un monde pétri d'afférences multiples, racoleur, un peu trop brillant en surface, peut-être à l'image de celui dans lequel nous évoluons.

Jan Kopp "La Courbe de la ritournelle"

© Conseil départemental du Val-d'Oise. Photo Catherine BrossaisExposition du 6 avril au 1er octobre 2011

Les œuvres de Jan Kopp procèdent d’un mélange de sources, de registres et de techniques. Elles s’appréhendent comme des constructions, des cristallisations passagères d’une idée, indiquant qu’elles pourront se transformer encore. Depuis le milieu des années quatre-vingt dix, cet artiste crée des œuvres-évènements dont les enjeux sont les relations humaines et leur contexte social. Le spectateur est invité à pratiquer l’œuvre en explorant essentiellement le langage et les modes de communication les plus contemporains. "De l'installation à la sculpture en passant par le dessin et la vidéo, le travail de Jan Kopp se caractérise par une mise en ouvre des langages et des médiums les plus divers. Aucune forme ni matériau ne peuvent en effet résumer un projet artistique où l'interrogation domine sur l'affirmation, et où la dimension plastique est au service d'un propos à caractère profondément humaniste, voire philosophique. Tout son travail vise à mettre en jeu la notion d'expérience, dans une approche allant de l'expérience technique du dispositif à l'expérience sensible que le visiteur est invité à partager." Olivier Grasser, Directeur du Frac Alsace

Marcel Dinahet "Si proche"

Photo Catherine BrossaisExposition du 10 novembre 2010 au 14 mars 2011

Le travail de Marcel Dinahet a toujours eu un rapport avec l’eau. Sculpteur, il utilisait des matériaux issus de la mer. Puis, il abandonna ses pièces par le fond pour en filmer la lente décomposition. Dans les années 80, la vidéo est devenue son médium de prédilection. Dans ses oeuvres sensuelles, la caméra ne sert pas à reproduire le réel. Elle prolonge le mouvement du corps et rend ainsi perceptible le rapport direct que ce corps entretient avec l’environnement. Notre position de « regardeur vertical » s’en trouve fortement ébranlée. La caméra de Marcel Dinahet se comporte comme l’outil d’un sculpteur, elle modèle la matière et dévoile les contours d’un paysage insoupçonné. La fixité de nos représentations n’y résiste pas…

Bili Bidjocka "Fictions #3"

© Conseil départemental du Val-d'Oise. Photo Catherine BrossaisExposition du 7 avril au 30 août 2010

La nouvelle fiction de Bili Bidjocka parle de la rencontre improbable entre deux continents, deux histoires, trois espace-temps. Le premier est constitué par l’Abbaye de Maubuisson elle-même. Une parenthèse spatio-temporelle dans un environnement social et urbanistique qui la nimbe d’irréalité. C’est à partir de cette irréalité-là que l’artiste a commencé à écrire son histoire. Celle de Saint-Louis, fils de la fondatrice de Maubuisson et de Soundiata Keita, l’un des plus grands empereurs d’Afrique, qui fût contemporain du saint roi. Saint-Louis et Soundiata, c’est la rencontre de deux cultures, de deux mondes à la fois opposés et proches. Bidjocka nous invite à passer de l’autre côté du miroir et à voir le monde tel qu’il aurait pu être. L’exposition, une invitation au voyage, se présente comme un parcours, une promenade méditative dans laquelle le spectateur devient acteur de sa propre fiction. Il ne s’agit pas d’Afrique ni de France. Il ne s’agit pas d’historicité. Il s’agit d’un moment à vivre. Un moment de réconciliation au cœur duquel, toujours, la place la plus large est faite à notre humanité.

ORLAN "Unions mixtes, mariages libres et noces barbares"

© Conseil départemental du Val-d'Oise. Photo Catherine BrossaisExposition du 30 septembre 2009 au 8 mars 2010

En intervenant dans le cadre patrimonial et anciennement religieux de l'abbaye, ORLAN a le projet de mixer les temps, d'hybrider les apparences, d'unir les différences. L'exposition se concentre sur deux modes d'expression chers à l'artiste : la vidéo et surtout la sculpture que la problématique du rapport de l'oeuvre au lieu, essentielle dans les espaces si singuliers de l'abbaye, lui donne l'opportunité d'approfondir.

Dominique Petitgand "Quelqu’un est tombé"

© Conseil départemental du Val-d'Oise. Photo Catherine BrossaisExposition du 1er avril au 31 août 2009

Dominique Petitgand compose et réalise des pièces sonores, où les voix, les bruits, les atmosphères musicales et les silences construisent, par le biais du montage, des microunivers où l'ambiguïté subsiste en permanence entre un principe de réalité et une projection dans une fiction onirique, hors contexte et atemporelle. Quatre nouvelles installations sonores en résonance avec les espaces de l'abbaye sont à découvrir à Maubuisson.

Melik Ohanian "From The Voice To The Hand"

photo Catherine BrossaisExposition du 28 septembre 2008 au 2 mars 2009

« From The Voice To The Hand » est un projet d’expositions co-existantes de Melik Ohanian qui se déroule dans une quinzaine de lieux de Paris et son agglomération, à l’automne 2008. À partir de trois institutions dédiées à l’art contemporain, l’Abbaye de Maubuisson, le Frac Île-de-France / Le Plateau et le MAC/VAL, une série d’interventions présente le travail de Melik Ohanian. Nouvelles productions, projections, œuvres de commande ou issues des collections publiques, repositionnement de travaux passés, sont l’occasion, pour cet artiste prolifique, d’expérimenter, à l’échelle de la ville et dans un même temps, une composition de points d’accès à des espaces physiques, conceptuels ou temporels participant à la production d’une seule et même figure.

François Daireaux "GOODBYE"

photo Catherine BrossaisExposition du 26 mars au 1er septembre 2008

Né en 1966, François Daireaux développe depuis une vingtaine d’années une œuvre majeure dont l’invention plastique ne cesse de surprendre. À Maubuisson, il présente cinq installations explorant pour la première fois, à échelle monumentale, les liens qui rattachent son travail de sculpture à ses recherches en photographie et en vidéo. Ses images rapportées de voyage surprennent à deux titres. Elles offrent un regard nouveau sans pittoresque, ni exotisme. Elles sont mises en espace avec une force et une poésie rares que l’on retrouve dans « P.Chellappan », œuvre réalisée en Inde, constituée d’une vidéo et de vingt-huit bustes, tous différents, du même modèle.

Olga Kisseleva "Douce France"

© Conseil départemental du Val-d'Oise. Photo Catherine BrossaisExposition du 3 octobre 2007 au 25 février 2008

Olga Kisseleva fait entrer le monde contemporain dans l’abbaye du 13e siècle, vestige d’une "Douce France" aux prises avec la réalité présente. Les oeuvres que l’on peut assimiler à des expérimentations technologiques contraignent le visiteur à l’utilisation du téléphone portable ou d’appareils de musculation… Violence des rapports sociaux, domination de l’économie, confusion politique, règne de la consommation, ambiguïté de la technologie, l’ensemble des installations témoignent de l’incessante manipulation du monde.

Xavier Zimmermann "Paysages en fuite"

Photo Marc DomageExposition du 27 septembre 2006 au 26 février 2007

Cette exposition présente quatre séries de photographies dont trois entièrement inédites. Avec ces nouvelles œuvres, Xavier Zimmermann poursuit un travail de recherche axé sur le paysage, engagé depuis une quinzaine d'années. Assimilant volontiers sa pratique à celle d'un peintre, il construit mentalement ses images avant de les réaliser selon des protocoles très précis. Un double mouvement est toujours à l'œuvre dans ses photographies pour désigner, par-delà le représenté, le champ immense de ce qui n'est pas visible.

Érik Samakh "Au bord de l’eau"

Photo Marc DomageExposition du 29 mars au 28 août 2006

Érik Samakh opère une symbiose entre nature et technologie pour mettre au point des dispositifs étonnants. Œuvres sonores, installations aquatiques, environnements vidéo nous redonnent une pleine conscience d’une relation perdue avec la nature. Cette exposition monographique est l’occasion de découvrir, ou redécouvrir, le rôle de cet artiste pionnier qui, dès le début des années 80, recourait à l’informatique et à l’électronique pour créer des installations sensibles au milieu et aux comportements des publics. L’installation vidéo de la grange nous propose d’expérimenter les sensations primitives de la vie sur cette planète. Dans les murs, Érik Samakh crée une impressionnante installation aquatique et deux « paysages sonores », en vibration avec le lieu. Œuvre emblématique, une vingtaine de flûtes qui captent l’énergie solaire au gré des conditions climatiques sont disposées dans les arbres du parc où elles donnent à entendre leur musique autonome et aléatoire…

Anne Deguelle "abbey road"

Photo Catherine BrossaisExposition du 5 octobre 2005 au 27 février 2006

Attentive à l’histoire de l’Abbaye de Maubuisson et aux récits de ses habitants, Anne Deguelle s’est plongée dans les archives, a collecté les témoignages, engrangé les sons et les images. Dans son exposition, elle investit l'ensemble des espaces (grange, parc et salles abbatiales) qui constituent l'Abbaye de Maubuisson, ancienne abbaye cistercienne de femmes du début du XIIIe siècle. L'eau, le ciel, le féminin sont les thèmes autour desquels l'exposition se développe, en écho à la mémoire des lieux. L'artiste entremêle des bribes d'histoires dont elle nous révèle la poésie. L’exposition "abbey road" rend ainsi compte du cheminement de Anne Deguelle et de son obstination à construire une oeuvre poétique et sociale. L’artiste y joue le rôle d’un révélateur intuitif, témoin des mécanismes ou des systèmes de notre monde. Le spectateur se déplace dans cet univers fragmenté où alternent lectures du passé et du présent, déchiffrages et témoignages.

Stéphane Calais "Gardens are for people ! (& art for us ?)"

Exposition du 6 avril au 5 septembre 2005

À Maubuisson, l’artiste redéfinit l’espace de l’abbaye dans lequel il expose, sans hiérarchie apparente, des éléments hétérogènes issus d’une mythologie personnelle tout autant que d’un travail sur le lieu. Sculptures kitsch, fauteuil design, jardins flottants, dessins d’inspiration calligraphique ou réelle, peinture aux accents baroques, peaux d’ours et de mouton, rings, poster géant tiré d’une photo de famille, plateformes en mousse colorée, coussins, ballons… constituent des assemblages aussi insolites que cohérents. Mais l’intervention de Stéphane Calais ne se réduit pas à ce détournement à la fois des objets du quotidien et cette réinterprétation de l’espace de l’abbaye. En effet, par-delà leur vitalité et leur fantaisie, ses assemblages nous interrogent précisément sur ce qu’est l’art et sa valeur. Le travail de l’artiste prend une résonance particulière dans le lieu patrimonial de l’abbaye que Stéphane Calais utilise à contre-emploi en y convoquant l’esthétique des objets de consommation et un exotisme réinventé.

Jean-Christophe Nourisson "Sur les bords, 7e version…"

Exposition du 29 septembre 2004 au 28 février 2005

Depuis plusieurs années, Jean-Christophe Nourisson réfléchit au concept même de ce qu'est une exposition. L'évènement présenté à Maubuisson est la septième version d'un cycle intitulé "Sur les bords" qui constamment reprend cette question. Jean-Christophe Nourisson crée des volumes aux formes géométriques et épurées dont le statut demeure indéterminé. Bancs, tables ou sculptures ? Maquette ou architectures ? L’ensemble des pièces montrées à l’abbaye, dont une majorité a spécialement été conçue pour l’occasion, interroge notre relation à l’art, au contexte et à l’histoire. Une promenade « Sur les bords » puisque comme le suggère l’artiste, nous sommes à la fois dedans et dehors ; englobés puisque visiteurs, extérieurs puisque regardeurs…

François-Xavier Courrèges "J’ai un rêve"

© Conseil départemental du Val-d'Oise. Photo Catherine BrossaisExposition du 31 mars au 20 août 2004

François-Xavier Courrèges inaugure le nouveau projet du site en présentant un corpus de sept éléments sous la forme de six pièces vidéo et d'un dessin mural. Ces oeuvres résonnent entre elles et constituent les épisodes d'un récit, sûrement autobiographique, qui traduit différentes émotions : l’univers de l’artiste, en quête d’absolu, la quête de ses images semblables aux visions que réalisent les rêves, mettent en relief la dimension « christique » du lieu et de l’œuvre.

Abbaye de Maubuisson
Avenue Richard de Tour
95310 Saint-Ouen L'Aumône
01 34 33 85 00
abbaye.maubuisson@valdoise.fr

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