Les fouilles archéologiques de l'A16

Le SDAVO a conduit des sondages d'archéologie préventive dans le cadre du prolongement de l’A16 jusqu’à la Francilienne. Entre 2015 et 2017, il a mené ces diagnostics sur 68 ha à Presles, Nerville-la-Forêt, Maffliers, Montsoult, Attainville et Baillet-en-France. Les découvertes s’étendent de la Préhistoire ancienne à l'époque contemporaine.

La Préhistoire

Prolongement de l'A16 : relevé de sondage profond, 2017 Voir l'image en grand SDAVO Prolongement de l'A16 : relevé de sondage profond, 2017 Des traces de la Préhistoire ancienne (300 000-30 000 av. J.-C.) ont été détectées grâce à des sondages profonds. Des silex taillés ont été recueillis, mais aucun site structuré n'a été mis au jour.

Les vestiges du Néolithique (5 100 – 2 200 av. J.-C.) se résument à un fragment de hache polie et à une fosse dite en «Y», datée de la culture de Villeneuve-Saint-Germain et dont l'interprétation fait débat (piège à gibier ?).

Le Second âge du Fer (480 à 50 av. J.-C.)

Des silos enterrés ont été exhumés à proximité de l'échangeur de La Croix Verte. À 500 mètres, une ferme gauloise s’étend sur plus de 4 000 m2. Ces découvertes ont amené l’Etat (DRAC Ile-de-France) à prescrire une fouille, conduite par la société Eveha en 2017.

L'Antiquité

Elle est peu représentée en comparaison des vestiges rencontrés d’habitude dans la plaine de France, qui est alors occupée par un réseau dense de petites exploitations agricoles.

Parmi les découvertes, un vaste bâtiment sur fondations de pierre, peut-être une grange, faisait face à une vaste cour où étaient installés un four culinaire et une fosse-silo, ensuite remplacée par un grenier aérien. Cet établissement aménagé entre le Ier et IVe s. ap. J.-C. couvrait une superficie supérieure à 8 000 m2.

Fragment de gobelet médiéval découvert à Maffliers, 2017Voir l'image en grand SDAVO Fragment de gobelet médiéval découvert à Maffliers, 2017

Le Moyen Âge

La rareté des vestiges de ce millénaire d'histoire (un unique fragment de gobelet en verre bleu !) s'expliquerait par le parcours sinueux de l'A16 qui évite les noyaux villageois.

Les époques moderne et contemporaine

Comme souvent pour cette période, des voies de communications et des traces d'activités agricoles ou d'extraction ont été identifiées, à l’exemple de 12 marnières (cavités pour extraire de la craie) et de 4 carrières à ciel ouvert. Rattachées à de petits gisements de sable, de grès et de tuf, celles-ci ont été brièvement exploitées au XIXe s.

Hypothèses

Le peu de vestiges mis au jour au cours de cette campagne de diagnostics du secteur de l’A16 est surprenant au regard de la dense occupation que connaît la Plaine de France depuis au moins 3 000 ans. Cette singularité pourrait s'expliquer par la permanence d'une forte limite entre plusieurs territoires et ensembles administratifs, sorte de « no man's land » ou d'« espace tampon » sur une longue période. Cette hypothèse demande néanmoins à être confirmée.

En ce sens, le tracé de l'A16 traverse la limite supposée entre les territoires gaulois des Bellovaques, au nord, et des Parisii, au sud. Après la conquête romaine, celle-ci s'est perpétuée avec la ligne marquant la frontière entre les provinces de Gaule Lyonnaise et de Belgique, créées par l'empereur romain Auguste (63 av. J.-C.-14 ap. J.-C.).

Sondage des terrains à l’est de la RD78 à Maffliers, 2016Voir l'image en grand SDAVO Sondage des terrains à l’est de la RD78 à Maffliers, 2016Au début du Moyen Âge, ces bornes territoriales ont été conservées lors des découpages ecclésiastiques et seigneuriaux. La zone de l'A16 correspond alors à la transition entre le diocèse de Beauvais et de Paris. La frontière, relativement fixe au fil des siècles, a ensuite fait l'objet, à une échelle réduite, de nombreuses contestations entre les acteurs ayant tenté de renforcer leur emprise territoriale.

L'environnement était alors en grande partie boisé et les massifs forestiers de L'Isle-Adam et de Montmorency ne formaient qu'un seul ensemble continu. Les localités de Maffliers, Nerville-la-Forêt ou encore Presles sont probablement issues de vagues de défrichement, comme semble l'attester le toponyme Maffliers (cité Mafflare en 832) construit à partir de l’élément germanique « Lar », désignant une lande.

Cet espace correspondrait ainsi à une ancienne zone de contact entre plusieurs territoires, avec une grande stabilité de la Protohistoire au Moyen Âge central. Cette limite semble s'appuyer en partie sur des repères géographiques, tels qu’une succession de collines couronnées de massifs forestiers. Ces reliefs n'ont pas constitué toutefois un obstacle naturel à la circulation. Ces confins étaient donc dévolus à l'exploitation forestière puis à l'agriculture, plutôt qu’à l’habitat.