Archéologie & histoire de Cergy

Plan d'intendance de Cergy, 1778Voir l'image en grand ADVO 25Fi23 Plan d'intendance de Cergy, 1778 (en jaune, les vignes)Plusieurs noyaux d'habitat ponctuaient jadis la ligne de sources : Le Brûloir, Cergy (Cergiacum en 1069 et Sergy en 1731), Les Veaurois (Vaulx Rouez et 1528), Menandon (Monlandon en 1135) et Gency (Gentiacum,1072). Ils forment maintenant un long village-rue de 2,5 kilomètres.

Rattaché à Éragny en 1687, le hameau de Ham est revenu à Cergy après la Révolution.

Découvertes archéologiques

Dans la boucle de l'Oise, Émile Rivière (1835-1922) et André Laville repérèrent à la fin du XIXe siècle un important gisement paléontologique et préhistorique dans les carrières qui exploitaient la basse terrasse alluviale de la rivière. Plusieurs niveaux du Paléolithique inférieur (- 500 000 à - 200 000) et moyen (-200 000 à - 35 000) ont été caractérisés par des silex taillés associés à des ossements fossiles (Elephas antiquus, Elephas primigenius, Bos primigenius...).

Auteur d'une thèse sur le gisement quaternaire de Cergy, le révérend père Roger Chrétien (1906-1969) fonda en 1956 le cercle d'études antéhistoriques et géologiques de Saint-Martin de France. Pendant une quinzaine d'années, il fouilla avec ses élèves le site de La Ballastière dont il établit la succession stratigraphique, de l'Acheuléen au Moustérien. La plupart des vestiges avaient été remaniés mais certains nuclei Levallois débités en lames et en éclats ont été repérés en place. D'autres outils paléolithiques ont été signalés aux Basses-Touleuses et à L'Île-Roi.

Voir l'image en grand SDAVO Le Palet de Gargantua (Néolithique), CergyUn fragment de polissoir en grès avec deux rainures aurait été observé à Gency, dans le mur d'une propriété. À L'Île-Roi, des outils de silex étaient associés à des tessons de céramique du Néolithique récent (- 4000 à - 2000 avant J.-C.).

Le vestige le plus spectaculaire de cette époque est le menhir du Palet-de-Gargantua. Haut de près de 4 mètres, ce disque de pierre tendre se dresse dans la cour d'une maison de retraite, rue de Vauréal (en savoir plus : le petit guide des mégalithes du Val d'Oise).

Les lieudits La Pierre-à-Pigeon, La Pierre-Midard et Les Pierres-au-Maire évoquent peut-être d'autre menhirs, tout comme La Pierre-du-Pas-Saint-Christophe à laquelle s'attachait sans doute une légende se rapportant au saint patron de l'église de Cergy.

En 2005, quelques tessons de céramique protohistorique ont été trouvés dans le parc d'activités de l'Horloge, et en 2007, des sondages dans la ZAC des Linandes ont révélé une importante occupation allant de la fin de l'âge du Fer (vers - 50 avant J.-C.) au Haut Empire (Ier siècle après J.-C.). À cette dernière période, se rattachent une voie empierrée et des vestiges de murs observés en 1988 dans le Parc d'activités de Cergy-Saint-Christophe. De même à Ham, en 1866, des briques et des tuyaux en terre cuite avaient été attribués à la période gallo-romaine.

Les chemins et les passages de l'Oise

L'ancienne limite paroissiale avec Osny s'appuyait sur deux anciens itinéraires : la chaussée Jules-César, dont le tracé perdure à Osny, et le Vieux-Chemin de Rouen, aujourd'hui disparu. Le chemin de Meulan à Pontoise parcourait le plateau d'est en ouest avant de traverser la Seine. Le chemin aux Ânes se poursuivait au-delà de Boissy-l'Aillerie par le chemin des Bœufs, qu'empruntaient les troupeaux achetés aux foires de Poissy.

Quant aux chemins de Chasse-Marée, ils doivent leur nom aux mareyeurs qui acheminaient les produits de la Manche à Paris. L'un contournait l'île de la Traverse en suivant la limite entre Cergy et Éragny, l'autre, au sud du hameau de Ham, correspond à l'allée de Derrière-les-Clos. L'actuel chemin des Chasse-Marée qui traverse le bois de Cergy s'appelait en 1813 le chemin du Port d'Éragny à Cergy.

Le chemin dit route de la Princesse qui traversait la boucle de Ham a été détruit par les gravières. Il devait son nom à Mademoiselle de la Roche-sur-Yon, Louise Adélaïde de Bourbon-Conti (1696-1750). Propriétaire en 1731 de la baronnie de Vauréal, elle obtint du roi le droit d'avoir sur l'Oise un bateau « en forme de bac » pour son usage personnel et, pour le desservir, elle fit ouvrir un chemin lui permettant de rallier la grande route de Pontoise à Paris.

Sur la rive droite de la rivière, des lieudits rappellent les ports du Brûloir, de Cergy— dit aussi port au Seigneur —, de la Guespierre et de Gency.

Chacun des centres d'habitat qui constituaient la paroisse était en relation avec un passage de l'Oise, souvent simple gué ou bac. Le pontonnier du premier pont de l'île de Cergy (dont quelques vestiges subsistaient en 1800) est cité au XIVe siècle pour avoir passé des chariots de foin au profit de l'abbaye Saint-Martin de Pontoise. Le pont actuel, construit en amont, date de 1871.

L’église Saint-Christophe

SDAVO L'église Saint-Christophe en cours de fouille

Classée monument historique le 10 février 1913 et son portail Renaissance, le 14 avril 1947. Propriété communale.

L'occupation du site de l'église, fouillé entre 1994 et 2003, remonte à l'époque mérovingienne, quand des défunts furent ensevelis près d'une chapelle cimetériale.

Saint-Christophe présente un plan d'une grande simplicité alors que l'archéologie de son bâti et de ses sols témoigne de son évolution constante à travers les siècles. L'église née d'un édifice mérovingien a accompagné la constitution et le développement de la paroisse, en charge des vivants et des morts. Sa construction plusieurs fois reprise raconte le passage du roman au gothique et l'ambition des architectes de la Renaissance.

Le haut Moyen Âge

Le premier édifice, large de 4,70 mètres, a été construit à l'époque mérovingienne sur une fondation composée de moellons de calcaire et de blocs de grès. Des défunts furent alors enterrés sur son pourtour dans des sarcophages de plâtre moulés directement dans les fosses ou, plus simplement, dans des coffrages de bois. Les tessons de céramique recueillis, le type des inhumations et les analyses radiocarbones indiquent une datation comprise entre le VIe et le VIIe siècle. Les vestiges lacunaires de cette chapelle cimetériale n'ont pas permis d'en restituer l'élévation ni le décor, mais sa position centrale par rapport aux édifices postérieurs en fait l'élément fondateur de l'église et du cimetière paroissial.

Une deuxième construction est interprétée comme la première église carolingienne. Toujours à nef unique, longue d'au moins 11 mètres et large de 5,30 mètres, elle était bâtie en moellons de grès liés au plâtre. Toujours exclus du sanctuaire, les défunts étaient mis en terre dans des fosses « anthropomorphes à ressauts », épousant la forme du corps et fermées par des planches reposant sur ces ressauts.

De l'époque romane à la Renaissance

Dans la seconde moitié du XIe siècle, une abside semi-circulaire remplaça le chevet plat du chœur et, au nord, un bas-côté accueillit deux inhumations. Les murs étaient décorés d'enduits peints polychromes. Certains éléments architecturaux de cette époque sont conservés : « l'arc en plein cintre, situé à l'est de la travée du clocher, les gros chapiteaux qui le soutiennent et une partie des demi-colonnes sous-jacentes représentent les vestiges de l'arc triomphal de l'abside ». Les chapiteaux, sculptés sur trois faces, sont décorés de feuilles d'angle se terminant en volute.

Le premier chantier du XIIe siècle fut lancé par l'abbaye de Saint-Denis après la donation royale de 1120. Le chœur et l'abside ont été conservés dans le plan de la nouvelle église romane, dotée d'un vaste transept s'ouvrant vers l'est sur deux absidioles et surmonté d'un clocher au-dessus de la croisée. Les deux premiers étages de la tour sont ajourés de deux baies en plein cintre sur chaque face. Les cloches ont été coulées sur place. Les chapiteaux figurés représentent les vices : le péché originel avec Adam et Ève séparés par l'arbre de la connaissance, l'Avarice ou la Luxure.

Dans la seconde partie du XIIe siècle, le chœur fut prolongé vers l'est par l'adjonction d'une travée s'achevant par une abside peut-être couverte d'une voûte sur croisée d'ogives. Les chapiteaux correspondants portent un décor de feuillages typique « du goût pour le Corinthien qui caractérise le premier art gothique français ». Dans les tombes, les corps sont parfois déposés dans des coffres en pierres parementées à l'intérieur, une cuve céphalique préservant la tête.

Vers le milieu du XIIIe siècle, l'abside et les absidioles furent abattues et le chœur agrandi à six travées voûtées d'ogives fut fermé par l'actuel chevet plat. Au sud-ouest, une porte communiquait avec la cour de la prévôté. La légende de saint Christophe figurant sur le tympan du portail ouvert dans le mur nord du transept vers le village est l'œuvre d'un curé du XXe siècle.

Au milieu du XIVe siècle, deux chapelles furent ajoutées au nord du chevet et un nouveau décor polychrome recouvrit les murs et les voûtes.

Enfin, la seconde moitié du XVIe siècle vit le lancement d'un grand dessein jamais abouti, qui prévoyait la reconstruction de la nef et son agrandissement vers le nord. Le troisième étage du clocher avec sa flèche en pierre et ses clochetons appartient à cette phase. Le grand portail Renaissance et son tympan représentant le Christ au Jardin des Oliviers sont attribués sans certitude aux architectes Pierre Le Mercier († 1570) et son fils Nicolas (1541-1637).

En 1902-1904, la nef romane fut détruite en raison de sa vétusté et le clocher contrebuté par deux contreforts massifs. L'église Saint-Christophe se présente aujourd'hui sous la forme d'un carré composé de neuf travées, le portail Renaissance donnant sur une cour fermée.

Sépultures dans l'église

Elles furent nombreuses à l'intérieur du sanctuaire : entre 1702 et 1774, les registres paroissiaux mentionnent 104 inhumations dans le chœur, la nef, les chapelles de la Vierge, Saint-Denis, Saint-Sébastien et Saint-Louis, ou sous le porche. L'église conserve les plaques funéraires de Pierre Cossart, écuyer († 1482), de Denis Cossart († 1547) et de Jehan Cossart († 1557), seigneurs de Ham.

Une tombe a retenu l'attention des archéologues qui ont fouillé l'édifice: celle d'un prêtre enterré avec un calice constitué d'éléments composites de cuivre ou de bronze, dorés ou argentés. Sur la tige, un renflement porte six bossettes décorées de médaillons représentant une tête d'apôtre ou de saint avec son attribut. On y reconnaît la croix de saint André et l'équerre de saint Thomas. Sur le pied, deux anges tenant les draperies d'un baldaquin entourent un Christ.

La prévôté de Saint-Denis : la porte fortifiée

Voir l'image en grand ADVO 3P 354 Plan cadastral, 1813 Inscrite au titre des monuments historiques le 2 novembre 1926. Propriété communale.

En 1120, le roi Louis VI le Gros (1081-1137) offrit son domaine de Cergy à l'abbaye bénédictine de Saint-Denis, qui chargea un prévôt de sa gestion. Son pouvoir s'étendait sur les seigneuries de Boissy-l'Aillerie, Chars, Commeny, Cormeilles-en-Vexin, Montgeroult, Sagy et Osny. Près de l'église, une vaste grange, un porche fortifié et des restes de fortifications sont les vestiges de cette prévôté. En 1770, son gibet se dressait à l'est de l'avenue du Nord, face à la rue Serpente.

Pour conforter son influence sur le Vexin que lui disputait le duc de Normandie, le roi de France Louis VI le Gros (1081-1137) y favorisa l'implantation de l'abbaye de Saint-Denis. En 1120, il offrit au monastère où il avait été élevé l'église de Cergy et ses revenus.

Introduire Saint-Denis dans le Vexin faisait aussi contrepoids aux clunisiens qui tenaient Gassicourt (Mantes, Yvelines) et Saint-Léonor de Beaumont, ainsi qu'aux bénédictins de Saint-Martin de Pontoise et à ceux du Bec-Hellouin (Eure) installés à Meulan, Conflans et Pontoise.

Cergy devint le siège d'une prévôté ou châtellenie dont dépendaient les domaines vexinois de Saint-Denis. Cette localisation excentrée s'explique par la proximité du château royal de Pontoise, du grand itinéraire Paris-Rouen et du port qui s'était développé sur l'Oise. Vers 1145, Suger, abbé de Saint-Denis entre 1122 et 1151, dressait un bilan positif de son action économique dans le Vexin : « Jadis avant nous, [la seigneurie] était si dépourvue qu'à peine pouvait-elle fournir cinq sous à l'entretien quotidien des frères. Au début de notre abbatiat, à grand frais et avec une rude main militaire, nous l'avons débarrassée de l'oppression des avoués et autres malfaisants ; à ce qu'il nous semble nous l'avons améliorée en portant le revenu au double ou au triple ».

Adossé à l'église Saint-Christophe, le siège de la prévôté réunissait les bâtiments de l'exploitation agricole et l'habitation du prévôt où logeait l'abbé lors de ses déplacements. Au XIVe siècle, les habitants devaient mettre à sa disposition « coussins, draps, nappes et tout ce qui est nécessaire ». L'ensemble fut sans doute fortifié après le traité de Brétigny (1360), qui instaura une trêve de neuf ans pendant la guerre de Cent ans.

Au XVIIIe siècle, la ferme seigneuriale comportait « un grand corps de logis où il y a cuisine, fournil, chambres hautes et basses, grenier au-dessus, granges, écuries, bergerie, étables, jardin derrière l'écurie, colombier à pied dans la cour ». Son porche d'entrée flanqué de deux échauguettes découronnées s'élève au sud de l'église ; subsistent aussi la partie basse d'une grange et une vingtaine de mètres du mur d'enceinte que protégeaient jadis au moins quatre tours : la tour « du secret » et la base d'une autre sont conservées.

En 1792, Saint-Denis possédait à Cergy 71 arpents de terre et 5,5 arpents de prés, soit moins de 35 hectares, superficie qui semble correspondre à ses possessions médiévales.

La léproserie

La léproserie Sainte-Apolline du Hazay, attestée au Moyen Âge, se trouvait à la limite des anciennes paroisses de Cergy, Courdimanche, Vauréal et Puiseux-Pontoise, à l'endroit aujourd'hui occupé par le lotissement des Essarts. L'imprécision de son statut aux XVIIe-XVIIIe siècles a entraîné plusieurs procès, l'ordre de Saint-Lazare souhaitant en récupérer les biens aux dépens de l'abbaye Saint-Martin de Pontoise.

Les « grandes maisons » des hameaux

Les hameaux du Brûloir, des Vaurois, de Menandon, de Gency et de Ham ont tous été des fiefs et possédaient chacun leur « château » ou « grande maison ». Aux XVIe-XVIIe siècles, les conducteurs qui transportaient en chariot ou à dos de mulets la marée de Dieppe à Paris faisaient halte au Brûloir. L'hôtel seigneurial s'élevait face à la rue des Orfèvres (rue de la Pérouse) qui menait au moulin Fortier installé sur le bras de l'Oise où a été établi Port-Cergy.

Au Vaurois, la maison située 71, rue Nationale, à l'angle de la rue de la Prairie (exruelle des Roulambiers), était la « Maison du chevalier d'Engler, chef-lieu de La Braque » en 1788. Le suzerain en était alors le comte Florimond de Mercy-Argenteau (1727-1794), ambassadeur d'Autriche entre 1770 et 1789, et seigneur de Neuville-sur-Oise.

Au XVIe siècle, l'entrée de Menandon était commandée par une porte. À l'extérieur, se trouvait en 1718 une « maison appelée la Forge » vis-à-vis la descente de la Guépierre. Des vestiges d'âtres et de cheminées de forges ont été signalés dans cette zone au XIXe siècle.

Gency semble avoir été plus ou moins fortifié : en 1341, des vignes sont mentionnées devant la porte Saint-Martin. À l'angle des rues de Vauréal et de Courdimanche, une chapelle du XIIIe siècle a été transformée en maison d'habitation. Dédié à Notre-Dame de Lorette, le sanctuaire fut réouvert au XVIIe siècle quand les habitants obtinrent le droit d'y faire célébrer la messe chaque semaine par un frère du couvent des Cordeliers de Pontoise. En 1719, la chapelle reçut la sépulture de M. Cossard de Marchebourg qui tenait les fiefs de la Pagne, au bas de la rue Vieille-de-Gency, et de Marchebourg à Pontoise.

À une centaine de mètres à l'ouest, s'élevait une « maison bourgeoise consistant en une porte cochère devant laquelle est une demi-lune plantée de tilleuls et entourée de haies vives, cour, bâtiments, savoir caves, puits, écuries, toits à porcs, étables à vaches, laiterie, clos, tant en terre labourable qu'en vignes contenant 5 arpents 3 quartiers fermés de murs ». En 1783, le comte Albert Groult de Saint-Paër, colonel de cavalerie au régiment de Conti Dragons, prit à bail le domaine à Hyacinthe Le Cousturier, garde-magasin du Mont-de-Piété. Au XIXe siècle, le parc s'enrichit d'arbres d'agrément, de roches, de grottes et de pièces d'eau.

Dans le hameau de Ham, l'abbaye de Saint-Denis avait une grange au XIVe siècle et le chapitre de Notre-Dame de Paris y possédait plusieurs biens rattachés à la seigneurie d'Andrésy, acquise à la fin du XVIIe siècle. Présente sur le cadastre de 1813 , la grande ferme seigneuriale sur cour carrée, de 80 mètres de côté, a été démolie au XIXe siècle (angle des rues de la Plaine et de la Féculerie).

Tour et croix

La tour de Saint-Pierre, construite en 1648 sur le coteau vers Vauréal, est mentionnée tantôt comme un moulin à vent, tantôt comme un colombier — notamment au milieu du XVIIIe siècle, sur la carte de Cassini. Elle a été restaurée et se dresse aujourd'hui dans le parc d'entreprises Saint-Christophe.

De nombreuses croix jalonnaient la paroisse : croix de Menandon, de la Porte de Menandon, des Chauffours, des Maheux, croix Petit, Cassée et Rouge, dite aussi Reposoir aux Bouchers. Une « petite croix » se dressait entre Cergy et Gency en 1341. À Gency, s'élevait la croix Saint-Cafou. Au-delà du Brûloir vers Pontoise, celle dédiée à saint « Yldeverd » est citée vers 1730. Fêté le 27 mai, l'évêque de Meaux saint Hildevert († 686) était réputé guérir l'épilepsie, la folie et, à cause d'une vague analogie avec la finale de son nom, les vertiges. Friands de calembours, les gens lui attribuaient aussi la guérison des vers intestinaux et des coliques vertes des enfants.

Cergy les Linandes

En 2007 et 2008, avant la construction du stade Salif-Keita de Cergy, le Service départemental d'archéologie a fouillé à titre préventif une parcelle de deux hectares. En 2010 et 2011, l'aménagement de la plaine des Linandes par la communauté d'agglomération a justifié deux diagnostics.

Quelques vestiges du Néolithique

Trois fosses ont été observées dans les terrains longeant l'autoroute A15 et des silex taillés ont été recueillis sur plusieurs parcelles. Cependant, on ne connaît pas les modalités de cette occupation préhistorique.

Cergy les linandes siloVoir l'image en grand SDAVO Relevé archéologique d'un silo gaulois

Des silos des VIe-Ve siècle avant notre ère

Après une interruption de plusieurs siècles, les hommes se sont réinstallés dans la plaine. Deux zones distantes de 300 mètres ont livré plusieurs fosses creusées pour conserver des denrées alimentaires. Elles ont ensuite servi de poubelles comme en témoignent les arêtes de poissons et les restes d'animaux découverts. La vaisselle peinte est caractéristique du premier âge du Fer.

Cergy dessin enclos gauloisVoir l'image en grand Ph. Payet Restitution de la ferme gauloise des Linandes

Un site gaulois

Un double enclos matérialisait un établissement rural de la fin du second âge du Fer (Ier siècle avant J.-C.). Délimité par des fossés, il s'ouvrait à l'est par une entrée monumentale et couvrait une surface d'environ 7000 mètres carrés. Un puits desservait une demi-douzaine d'habitations et de bâtiments agricoles. Fondé sur deux alignements parallèles de poteaux puissants, un grand grenier rectangulaire (49 mètres carrés) avait des murs à clayonnage plaqué de torchis, un plancher surélevé et un toit à double pan couvert de végétaux.

De nombreux objets ont été recueillis dans les dépotoirs domestiques. Dans les fossés, des concentrations de poteries et d'ossements animaux pourraient être les traces de festins collectifs. Le domaine funéraire est représenté par une inhumation dans un silo à grains et une incinération.

Cergy les linandes vu du cielVoir l'image en grand SDAVO Vue aérienne du diagnostic aux Linandes

À l’époque gallo-romaine

Après une courte phase d'abandon, le site est réoccupé mais les structures contenues dans le nouvel enclos étaient trop arasées pour apporter beaucoup d'informations. Cette ferme, créée au début du Haut Empire, cessa de fonctionner à la fin du Ier siècle après J.-C.

À 200 mètres au sud, un petit enclos était réservé à des occupations agricoles et artisanales. Une fosse a livré des déchets de forge trahissant une activité métallurgique, pratique rarement documentée pour cette période dans le Val d'Oise.

Cergy les LinandesVoir l'image en grand Fouille d'un chemin médiéval

Des chemins médiévaux et modernes

Le carrefour entre l'ancienne voie vers Rouen et un chemin disparu reliant Gency à Osny a pu être étudié.
La fouille de routes anciennes est encore assez rare. Ce chantier d'archéologie préventive permet donc de mieux comprendre des éléments forts qui ont structuré le paysage pendant plusieurs siècles.

Cergy les linandes 2011Voir l'image en grand SDAVO Tranchée de la Première Guerre mondiale

Un vestige de la Première Guerre mondiale

Une tranchée d'infanterie a été dégagée sur une centaine de mètres de long. Elle présente un plan « crénelé » pour éviter les tirs en enfilade.

Ce témoin est un des nombreux vestiges du Camp retranché de Paris, que les fouilles font réapparaître autour de la capitale.

En savoir plus

L'église Saint-Christophe de Cergy (Val-d'Oise) : naissance d'une paroisse, par le Centre d'études médiévales Saint-Germain à Auxerre. Ville de Cergy, s.d., 71 pages illustrées.

« Du bac au pont de Neuville » (I, II, III, IV), par Françoise Waro. Vivre en Val-d'Oise, 56, 1999, p. 23-32 ; 57, 1999, p. 32-41 ; 58, 1999, p. 40-47 ; 59, 2000, p 28-37.

« À la recherche des moulins à vent » (I et II), par Jacqueline Briand et Françoise Waro. Vivre en Val-d'Oise, 63 et 64, 2000, p. 40-48 et p. 32-37.

Préhistoires : 150 ans d'archéologie en Val-d'Oise, ouvrage collectif coordonné par Hélène Meyer-Roudet et Patricia Hervé. Saint-Ouen-l'Aumône, Éditions du Valhermeil, 2004, 157 pages illustrées.

Dolmens et menhirs du Val-d'Oise, par Hervé Guy et Philippe Soulier. Saint-Ouen-l'Aumône, Service d'archéologie du Val-d'Oise, 1995, 48 pages illustrées.

Carte archéologique de la Gaule : le Val-d‘Oise, 95, ouvrage collectif dirigé par Monique Wabont, Franck Abert et Didier Vermeersch. Paris, Maison des sciences de l'homme, 2006, p. 196-198.

Le Chasse-Marée de Picardie sur la route du poisson, par Lucette Fontaine-Bayer. Creil, Bernard Dumerchez, 1993, 181 pages illustrées.

Le patrimoine des communes du Val-d'Oise, ouvrage collectif. Flohic Éditions, 1999. 2 volumes illustrés (Le Patrimoine des communes de France).

Ressources associées