Archéologie & histoire d'Arnouville

Minute de la carte d'État-MajorVoir l'image en grand Minute de la carte d'État-Major, 1/10000, 1818-1824. Découvertes archéologiques

Quelques haches polies du Néolithique ont été recueillies au Mont-de-Gif. Du côté de Villiers-le-Bel, le lieudit La Haute-Borne suggère un menhir, aujourd'hui disparu.

Toujours sur le Mont-de-Gif, des vestiges antiques ont été observés avenue Carpeaux et avenue Pierre-Lizart, de part et d'autre de la voie ferrée Paris-Creil. Entre le Ier et le IVe siècle, un vaste habitat établi sur la pente orientale présentait des murs recouverts d'enduits peints ou plaqués de marbre et de pierres moulurées. Une vingtaine de sépultures ont été découvertes à proximité, ainsi qu'un dépôt de 2400 monnaies romaines émises entre 68 et 239 après J.-C.

Une nécropole de l'Antiquité tardive (IVe-Ve siècles) est attestée à 1,5 kilomètre à l'est, avenue de la République, par une sépulture complète et divers ossements épars.

Un fief de l'abbaye de Saint-Denis, une église de Saint-Martin-des-Champs

Arnouville fut d'abord une villa carolingienne : en 898, Ermenoldus villa appartenait à l'abbaye de Saint-Denis.

Au XIIe siècle au plus tard, mais sans doute bien avant, celle-ci concéda en fief la terre et seigneurie d'Ermenovilladont le nom évolua ensuite en Ermenouville.

L'église Saint-Denis, elle, relevait des Montmorency avant que, vers 1120, Bouchard III († 1131) n'en fasse don au prieuré Saint-Martin-des-Champs de Paris.

Le gibet dit Justice Malot s'élevait au carrefour du chemin de Beauvais et de l'ancienne route de Saint-Denis à Gonesse. nsi qu'un dépôt de 2400 monnaies romaines émises entre 68 et 239 après J.-C.

Une nécropole de l'Antiquité tardive (IVe-Ve siècles) est attestée à 1,5 kilomètre à l'est, avenue de la République, par une sépulture complète et divers ossements épars.

Le rêve de Jean-Baptiste de Machault

La seigneurie, passée au XVIe siècle à la famille de Machault, fut érigée en comté en 1745 au profit de Jean-Baptiste de Machault (1701-1794), contrôleur des finances et secrétaire d'État à la marine de Louis XV (1710-1774), qui était également seigneur de Garges et de Gonesse.

À partir de 1750, il transforma le village en "ville nouvelle" en lui appliquant un plan d'urbanisme très ambitieux. Le tracé de la route de Gonesse à Paris, (rue et avenue de la République) rythmé par les nouveaux carrefours deL'Étoile (place de la République), de la place Saint-Jean (rond-point de la Victoire) et du rond-point du Christ, fut modifié pour mener directement à l'entrée du parc projetée devant le nouveau château.

Les vieilles maisons furent abattues et les nouvelles constructions organisées selon un dessin en étoile. La place principale fut ornée d'une fontaine monumentale. Trente ans plus tard, un édifice néoclassique vint remplacer la vieille église.

Une industrie de la brique

La brique domine dans cette architecture. Les bâtisseurs s'approvisionnèrent peut-être à la fabrique installée sur les terrains correspondant au 15-17 rue Marat, quartier de Beauséjour.

La fabrication de la brique s'est ensuite déplacée au nord, vers la gare de Villiers-le-Bel, où une usine, ouverte en 1860, occupait en 1899 quarante Belges huit mois de l'année

L’église Saint-Denis

Inscrite à l’ inventaire des monuments historiques le 12 juin 1986. Propriété communale.

Voir l'image en grand SDAVO L'église Saint-DenisTournée vers la place Saint-Jean (rond-point de la Victoire), l’orientation de la nouvelle église est différente de la précédente, le portail s’ouvrant au sud face à la grande route venant de Paris (rue de la République).

L’ancienne église

Régulièrement orientée est-ouest, l’ancienne église s’alignait le long de la rive nord de l’actuelle rue du Ratelier. Son plan n’est pas connu mais l’abbé Lebeuf a décrit comme « fort commune », en précisant que le clocher s’élevait au sud. L’édifice qu’il a visité avait été repris plusieurs fois et bénéficié d’une nouvelle dédicace en 1542. La nef abritait les sépultures de Madeleine Duval († 1537), veuve de Sébastien de La Grange, écuyer et « seigneur de Trianon lez Luzarches et de cette ville d’Ermenouville en partie » dont elle avait eu dix ou douze fils. Une autre tombe rappelait la mémoire de Pierre de La Grange († 1549), secrétaire du roi et trésorier des fortifications.

La famille de La Grange-Trianon détenait aussi les seigneuries de Neuville et de Marcouville à Pontoise.

L'église souhaitée par Jean Baptiste Machault

Après avoir reconstruit son château et modifié le village de fond en comble, Jean Baptiste Machault d’Arnouville (1701-1794) voulut remplacer l’église. Pour ce faire, il s’adressa à Jean Baptiste Chaussard (1729-1818), gendre de Jean Michel Chevotet (1698-1772), un des deux architectes du château. Son fils, Louis Charles de Machault (1737-1820), évêque d’Amiens, vint bénir la pose de la première pierre en 1782.

De style néo-classique, l’édifice a été bâti en briques puis enduit de chaux. Sa nef, longue de six travées, est bordée de deux bas-côtés et couverte d’un berceau en plâtre. Le chœur, très étroit (1,85 mètre) se termine par un chevet plat. Couronnée d’un fronton triangulaire et rythmée de corniches et de bandeaux, la façade est percée d’une porte précédée d’un perron d’une dizaine de marches.

Le château de Jean-Baptiste Machault

Voir l'image en grand ADVO Les grandes écuries détruites en 1841 s'élevaient entre le château et l'église. Cadastre 1819, 3P 118 .

Inscrit à l’inventaire des monuments historiques le 17 octobre 2000 (façade, toitures du château et de l’orangerie ; la chapelle ; l’escalier d’honneur avec sa cage ; les deux salons à lambris du rez-de-chaussée et l’emprise au sol du parc).

Propriété privée

Jean Baptiste Machault d’Arnouville (1701-1794), dont la famille tenait la seigneurie depuis le XVIe siècle, hérita en 1750 d’un pavillon carré au sud du village. Dès l’année suivante, il confia un projet d’envergure aux architectes Pierre Contant d’Ivry (1698-1777), créateur des jardins de L’Isle-Adam en 1742, et Jean Michel Chevotet (1698-1772), bâtisseur du château de Champlâtreux entre 1751 à 1757. Les travaux s’interrompirent en 1758 après la disgrâce de Machault d’Arnouville.

Les eaux du Rosne

Avant d’édifier le château neuf autour du pavillon primitif, on construisit les dépendances et on aménagea un parc de 50 hectares. Les immenses écuries (80 mètres de long), en forme de U ouvert au sud, ont été détruites en 1841. Elles s’élevaient à l’est de l’orangerie de style palladien, avec fronton au-dessus de la baie centrale flanquée de colonnes doriques jumelées et encadrée, de part et d’autre, par trois fenêtres séparées par des pilastres. Une vasque soutenue par trois enfants orne le mur de soutien de cette orangerie, au-dessus d’un bassin semi-ovale. Un grand jet d’eau de 50 pieds de haut jaillissait sur un îlot du grand canal creusé dans le lit du Rosne. D’autres machines hydrauliques dues à l’ingéniosité d’Antoine de Parcieux (1703-1768) élevaient les eaux de la rivière vers plusieurs points du site.

L'œuvre de Contant d'Ivry et de Chevotet

La façade du château de 55 mètres de long ouvre à l’est sur les jardins par dix-huit fenêtres au rez-de-chaussée surmontées d’autant de lucarnes au premier étage. L’aile sud, longue d’une trentaine de mètres, regarde le grand canal. À l’ouest, la façade du pavillon primitif est englobée dans les maçonneries XVIIIe. Au nord, la chapelle baroque s’apparente à l’église abbatiale de Penthemont (106, rue de Grenelle à Paris). Cet édifice octogonal en pierre, décoré de pilastres cannelés et d’angelots aux arcs, est coiffé d’une coupole à la roussillonnaise en brique et plâtre, technique introduite en Ile-de-France par Contant d’Ivry. Elle est percée de quatre lucarnes et, à l’intérieur, avait été peinte en trompe-l’œil par Paolo Antonio Brunetti (1723-1783). La baronne de Rothschild, propriétaire du château de 1871 à 1874, a fait transporter le retable dans l’église Saint-Denis.

La grille de Jean-Baptiste Nesles

L’entrée du parc s’ornait d’une grille monumentale transportée à la même époque aux Vaux-de-Cernay (Yvelines). Réalisée par un maître serrurier d’Arnouville, Jean Baptiste Nesles, elle porte d’un grand écusson aux armes des Machault « d’argent à trois têtes de corbeaux de sable arrachés de gueule », deux corbeaux en support accompagnés des insignes de la dignité de garde des sceaux.

Le château et son parc abritent aujourd’hui un centre d’enseignement d’horticulture.

La fontaine du XVIIIe siècle
Voir l'image en grand SDAVO La fontaine de la place de la République

Inscrite à l’ inventaire des monuments historiques le 29 mars 1929. Propriété communale.

Située place de la République, au carrefour de quatre avenues, cette fontaine signée par Claude Guillot Aubry (1703-1771) a été installée en 1750.

Elle est bâtie en pierres sur un plan carré et flanquée à chaque angle d’un pilastre décoré d’une volute. Sur chacune de ses faces, une tête de lion crache de l’eau dans une grande vasque. L’ensemble est couronné d’un dôme lui-même coiffé d’une pomme de pin et encadré de chaque côté par un petit fronton triangulaire percé d’un oculus.

En savoir plus

Histoire d'Arnouville-lès-Gonesse, par A.-C. Maillat et Rémy Guadagnin. Miribel, AREM, Municipalité, 1978, 275 pages illustrées.

Carte archéologique de la Gaule : le Val-d‘Oise, 95, ouvrage collectif dirigé par Monique Wabont, Franck Abert et Didier Vermeersch. Paris, Maison des sciences de l'homme, 2006, p. 403-404.

Histoire de la ville et du diocèse de Paris, par l'abbé Jean Lebeuf. Paris, Prault Père, 1755.

Le patrimoine des communes du Val-d'Oise, ouvrage collectif. Flohic Éditions, 1999, volume 1, p. 1017-1020 (Le Patrimoine des communes de France).

Églises du Val-d'Oise, Pays de France, Vallée de Montmorency : dix siècles d'art sacré aux portes de Paris, ouvrage collectif dirigé par Mathieu Lours. Société d'histoire et d'archéologie de Gonesse et du Pays de France, 2008, p. 38-47.

Briqueteries et tuileries disparues du Val-d'Oise, par Daniel Baduel. Saint-Martin-du-Tertre, Syndicat d'initiative, 2002, p. 41-42.

Les arbres remarquables du Val-d'Oise, par Benoît Cerf, Annick Couffy, Michel Jourdheuil et Valérie Schlumberger. Paris, Dakota Éditions, 2005, p. 90-93.

Jardins en Val-d'Oise, par Annick Couffy, Laurent Lempereur et Geneviève Roche-Bernard. Cergy-Pontoise, Conseil général du Val-d'Oise, 1993, p. 131.